Feuilleton du 414 octobre ; Le Billet de Marguerite, de
Gevaert, etc.
Adieu, chére sceur, je t’embrasse de tout mon coeur en te priant de me donner signe de vie le plus tot pos-
sible.
H, BERLIOZ
Communiqué par madame Chapot.
A ADOLPHE SAMUEL
Paris, dimanche 15 octobre 1854.
‘Mon cher monsieur Samuel,
Je suis bien reconnaissant de votre bon souvenir 3 jai recu tout & l’heure les volumes de larevue annoncés par votre lettre, et je les lirai avec le plus vif intérét. J’attends la partition que vous avez bien voulu m/’offrir, soyez assuré que j’en ferai une étude sérieuse et que je vous dirai franchement ce que jen penserai.
Vous seriez bien aimable de me tenir au courant des représentations de cet ouvrage et de me confier vos impressions & propos des vicissitudes théatrales auxquelles vous allez étre nécessairement soumis, *
Veuillez présenter mes compliments empressés &
4. Musicien belge, né & Liége, fixé ensuite & Bruxelles et 4 Gand.
2. Fétis nomme, parmi les ouvragesd’Ad. Samuel, les Deux prétendants, opéra inédit. C’est probablement de cette ceuvre qu il s’agit. ;
M. Van Bemmel’, en le remerciant de son gracieux envoi de la revue. Vous espérez done encore ouvrir Vintelligence du public?... Je crains bien que nous ne soyons obligés d’en dire ce que l’un des personnages de Shakespeare dit du monde:
« Le monde est une huitre et je l’ouvre avec mon épée. » ;
En tout cas, il faut toujours tenter les moyens de persuasion, cela ne peut pas nuire. Dieu veuille que vous réussissiez. .,. a lui apprendre au moins qu’il ne sait rien, qu’il n’est qu’un grand enfant capricieux et mutin, que l’art est immense, que son esprit
est étroit, que nos aspirations sont dirigées de haut en haut et les siennes de bas en bas, etc., etc.
Adieu, je vous serre la main. Croyez-moi toujours
Votre bien dévoué, HECTOR BERLIOZ,
Bibliothéque du Conservatoire.
A FRANZ LISZT
Paris, dimanche 15 octobre 1854.
Mon cher ami, Sois assez bon pour m’écrire six lignes courrier
4. Professeur d’histoire de la littérature francaise a |’Université libre de Bruxelles, fondadeur de la Revue trimestrielle ou Ad. Samuel rédigeait la critique musicale.
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par courrier et me faire savoir si M. Cornelius a recu deux lettres de moi, et une partition du Songe d'Hérode. Je Vavais prié dans la derniére lettre qui contenait vingt-cing thalers de m’accuser réception du tout, i et je n’ai rien recu. Peut-étre est-il absent, mais en
tout cas, les paquets étant adressés chez toi, tu les — lui auras fait parvenir. J’ai absolument besoin de — mes partitions, dés la premiére semaine de novembre. Si M. Cornelius n’avait pas pu finir sa traduction avant cette époque, fais-moi renvoyer néanmoins le manuscrit.
Je ne suis pas allé& Munich ainsi que tu le pengais. Derniérement encore, les journaux de Paris me © faisaient voyager en Allemagne quand j’étais en Dau- — phiné, occupé d’un partage de famille avec ma sceur et mon beau-frére. Me voila réinstallé & Paris jusqu’au mois de janvier. Alors je partirai réellement ~ pour l’Allemagne, Je ne sais rien de Dresde, as-tu : entendu parler de ce qu’on y fait ?... : |
Rien de ce qu’on tripote ici ne peut toffrir le ~ moindre intérét, aussi me dispenserai-je de t’en — entretenir. Nous ne voyons pas Belloni, et par conséquent il n’est pas facile, quand tu ne m’écris pas, d’avoir de tes nouvelles. On colporte une foule de — bourdes sur tes projets, sur ton voyage & Bruxelles, etc...
* Est-il vrai que tu aies marié tes deux filles? que tu ailles en Amérique ?... etc...
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Tu as le don de préoccuper beaucoup |’attention publique ; il ne faut donc pas t’étonner de tous ces or bavardages. }
Adieu, trés cher ami, je te serre la main.
Ton dévoué, H. BERLIOZ.
P.-S. — Ou est Joachim ? je lui ai écrit et je n’ai pas regu de réponse comme toujours.
Lettres a Liszt, 1, 357.
A LOUIS BE&LIOz, Paris, 26 octobre 1854 (Cor. inéd., 216). II lui écrit de son cabinct au Conservatoire et se réjouit de le voir bientét. 11 lui annonce qu’il est remarié et lui demande, s’il a conservé « quelques souvenirs pénibles et quelques dispositions peu bienveillantes pour made- ; moiselle Recio, de les cacher au plus profond de son a4me par amour pour lui‘. » Il prépare V’exécution de VEnfance du Christ. « Je tembrasse de toute mon ame ; mon affection pour toi semble redoubler».
A AUGUSTE MOREL
4** novembre 1854.
Mon cher Morel, Je vais faire vos commissions musicales, a l’excep.
4. Berlioz avait régularisé sa situation avec Marie Recio en lépousant le 19 octobre 1854.
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tion de celle qui concerne le Freischiilz, car je ne sais ou vous voulez commencer le final du troisiéme acte ; si c’est le final entier, cela commence aprés le coup de fusil qui tue Gaspard; alors c’est immense et tres peu propre au concert, il y a des explications a n’en plus finir qui ne peuvent passer qu’en scéne. Kcrivez-moi vite ce que vous voulez.
Quant au reste, cela sera bientot prét, Je m’occupe
de l’exécution, chez Herz, de ma Trilogie sacrée, L’Enfance du Christ. Je ne puis résister, quoiqu’l m’en cotite, & la tentation de faire entendre cet ouvrage & nos amis de,Paris, avant de partir pour PAIlemagne, Un de mes grands regrets sera que vous n’y soyez pas, ainsi que Lecourt. Je vous enverrai le livret avec votre musique, Ce sera pour le 40 décembre.
Javais parlé a Jemmy Brandus pour votre quatuor, qui doit étre gravé et publié depuis longtemps,
Louis vient d’arriver & Cherbourg, et j’espére le . |
voir dans quelques jours. Il s’est trouvé & Bomarsund, le pauvre enfant, au milieu de toutes ces horreurs, et le voila sur le point de partir pour Sébastopol. Vous ne sauriez croire, mon cher ami, combien je suis sensible & l’intérét que vous prenez a lui,
Il en est digne, c’est un brave garcon, qui fera son —
chemin.
Vous savez peut-étre déjA que je suis remarié, Tous nos amis, mon oncle méme, étaient d’avis que
je devais au plus tot régulariser ma position. Marie vous dit mille choses,
Tout a vous.
Votre dévoué toujours, H. BERLIOZ.
Je vous écrirai encore au recu de vos explications,