‹ Au Milieu Du Chemin 1852-1855: CorrespondanceChapitre 63 sur 67 · A LISZT · texte numérisé non relu

A LISZT

4* janvier 1855.

Mon cher ami,

J’accepte avec grand plaisir l’invitation que tu me transmets de Ja part de M. le Grand-Duc. Remercie Son Altesse de ma part. J’ai une entreprise musicale en train avec le Théatre-Italien pour le 28 janvier. Peut-étre y aura-t-il un quatriéme concert le dimanche

suivant 5 février. En tout cas, je partirai d’ici pour

Weimar au plus tard le 10; j’arriverai le 12 et nous aurons quatre jours pour faire les répétitions.

J'ai bien une proposition pour trois concerts a Bruxelles en féyrier, mais je ne suis pas fou des Belges et j’aime beaucoup mieux (comme dit la chanson) moins d’argent et passer de bonnes heures avec toi et nos amis de Weimar. L’important est que je puisse étre & Londres en mars, pour les concerts de la New Philharmonic Society, dont la direction m’a été confiée, et pour y donner Roméo et Harold. Encore est-il possible que je fasse changer le mois auquel ma présence pourra étre exigée en Angleterre. Maintenant, pour le programme du concert de la cour, mon avis est d’y donner l’Enfance du Christ. Il n’y a point la d’effets trés violents, les trompettes et cornets n’y

"sont point employés, il n’y a méme que deux cors,

278 . AU. MILIED DUD CHEMIN D’ailleurs le sujet plaira aux Ames religieuses du Grand-Duc et des Grandes-Duchesses. Nous trouyerons bien-au thédtre une Vierge Marie telle quelle, — quand le diable y serait. (Madame Milde intéressante ‘ de six mois!! Quel malheur! Une si jolie femme!) Milde pourra chanter Saint Joseph, le nouveau ténor chantera le Récitant, et il y a bien une basse énergique pour Hérode. On prendra deux coryphées — basses pour Polydorus et le Centurion, Madame Pohl ~ tant & Weimar (ce dont je remercie le bon Dieu bien 5 “ souvent), notre trio d’Ismaélites ira & merveille, en Ke faisant travailler un peu les deux flites avec la harpe. Je enverrai les parties de chant et de cheeur aus- sitot que Je pourrai disposer des partitions de piano et tu pourrais faire commencer les études d’ayance. — Pour le deuxiame concert au théatre, je ferai ce. que tu voudras. Préviens-moi seulement de la musique qu'il me faudra apporter, a La déconfiture momentanée de la maison Brandus 3 a fait remetire aux calendes grecques la publication de la partition de piano de Cellini. Je te Vapporterai ainsi que la grande du Ze Deum. 2 Que penserais-tu de faire entendre au concert du thédtre & Weimar le Cheur des dmes du Purgatoire du Requiem? C'est trés facile et ne cause aucun embarras. Pour le concert de Gotha, j’ai besoin de connaitre le ES personnel vocal et instrumental de la chapelle pour trouver le genre de morceaux qui seront le plus anne es

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(nga tale faible Lath,

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sujet.

Veux-tu faire un coup de téte? Aprés un concert - pie, veux-tu faire un concert impie? (C’est une facon de parler, il n’y a rien d’impie dans te Mélologue ; e’est seulement tras violemment passionné.) Faisons cela! Nous donnerions alors au thédtre la Fantaslique suivie du Mélologue, le Retour a la vie (beaucoup modifié). Genast réciterait le rdle de lartiste; les cheeurs sont faciles & apprendre et je crois que M. Cornelius en huit jours et méme moins pourrait traduire le texte parlé et chanté. Ce serait assez curieux, et sans danger & Weimar ou l’on ne: blague pas trop, Il faudrait jouer le Mélologue avec costume et mise en scéne. Mais c’est aisé.

Adieu, Marie te remercie de ton bon souvenir, ake moi aux pieds de la Princesse.

Ton déyoué,

H. BERLIOZ

P,-S, — Tu ne connais pas le nouvel arrangement du Mélologue.

Il faut, pour le Mélologue, deux ténors et un baryton, les cheeurs, et, avec l’orchestre, un piano a quatre mains, Plus l’acteur parlant et agissant sur l’ayant-

scéne avec la toile baissée.

“ S’il était impossible d’avoir deux ténors, on trans- - poserait un des deux morceauc.

ie PS eee Oe BN ee eae ee Oe ET eT Pees COR I

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venables. Donne-moi quelques renseignements & ce.

Il vaudrait mieux que le personnage parlant fatle

premier ténor: je me trompais en citant Genast.

Letires a Liszt, II, 3.

A L. DUCHENE

Paris, 4 janvier 1855.

Mon cher monsieur Duchéne,

Je vous remercie de votre bonne et cordiale lettre. Je suis bien str que vous étes un de ceux qui se réjouissentle plus sincérement du’ bonheur qui vient de m’arriver. Le succés de ma petite sainteté grandit outre mesure; je recois des propositions pour la faire entendre en Belgique, en Allemagne, en Angleterre, au Théatre-Italien et A celui de VOpéra- Comique de Paris. Je ne sais auquel entendre. Mais puisque vous voulez venir & Paris vers la fin du mois, sachez que le concert du Théatre-Italien n’aura pas lieu le 28; l’Opéra se propose de jouer ce soir-la pour nous empécher. En conséquence, j’ai remis cela a la semaine suivante; on traduit mon livret en italien et alors nous nous passerons des chanteurs francais qui pourtant, eux, me sont bien dévoués. Mais le dimanche 28 aura lieu A 2 heures dans la salle de

Herz une troisiéme exécution en francais, avec mon

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personnel ordinaire, au bénéfice de la société de bienfaisance de Jésus enfant, laquelle société m’a demandé cet ouvrage. Ainsi vous pourrez |’entendre ce jour-la malgré tout.

‘Mille amitiés.

Votre bien dévoué, H. BERLIOZ.

Bibliothéque du Conservatoire.

A FRANZ LISZT

Paris, 10 janvier 1855.

Trés cher Liszt,

Voila qui est convenu...

Je vais dire & Richault de t’envoyer la Captive, pour que Cornelius ait le temps de la traduire. Tu me parles de réentendre ce morceau, mais tu ne l’as jamais entendu; il n’a été exécuté que trois fois 4 Londres, par madame Viardot, au Festival de Versailles par madame Widemann, et derniérement ici, par madame Stoltz, qui le redira au concert du 28.

Je crois que c’est une des choses les plus colorées que j’ai écrites, et je serai ravi de te la faire connaitre. C’est assez difficile pour la cantatrice et il faut qu’elle s’entende parfaitement avec le conduc-

‘teur, sans quoi.,. rien,

Adieu, mille amitiés, je me fais une fate des dix ou douze jours que je vais passer prés de toi.

Ton dévoné, Lettres a Liszt, II, 5.

Aprés la troisiéme audition de l’Enfance du Christ, Berlioz partit une fois de plus pour J’Allemagne.

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