PARIS BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER
EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR 11, RDI DE GRBNILLE, 11
Ti.'j; NK.v ^(i:;k PUBLIC LliilIAIlY
ASTOR, LEyov ANn TILDILN kX J Mj A'i IONS
Quelques personnes m'ont demandé si ce livre est une € profession de foi » : il est simplement, comme mes autres romans, l'élude d'un c cas », ou, si l'on préfère, d'un conflit antérieur dont j'ai trouvé des traces, entr'autres, dans la préface de Phèdre, dans l'histoire de la conversion de Racine, et dans deut belles conférences que je tiens à rappeler ici : Tune, de M. A. Fogazzaro, sur une opinion d^Alessandro Manzoniy Tautre, de H. F. Brunetière, sur VArt et la Morale.
Paris, janvier 1900.
Edouard ROD.
Vers cinq heures, la répétition terminée, Clarencé sortit de la Comédie-Moderne avec le directeur, qui lui répéta, debout devant sa Victoria :
— J'espère que vous êtes tout à fait rassuré, maintenant? Quant à moi, je ne crois pas que je me sois jamais senti d'avance aussi parfaitement sûr du succès. Ce sera une soirée triomphale, pour vous, pour nous, pour notre théâtre.
Clarencé écoulait, en dessinant avec sa canne de vagues arabesques sur le trottoir.
— Je vous remercie de votre confiance, répondit-il. Puissiez-vous avoir raison ! Pour mon compte, je n*y vois plus rien.
Le directeur sourit et déclara :
— Nervosité d'artiste!... La Fiancée du Lion est votre chef-d'œuvre, du moins jusqu'à présent. Nous sommes tous d'accord là-dessus. Ainsi, vous pouvez dormir tranquille!... Voulez-vous que je vous emmène ?
— Merci, j'ai besoin de marcher, je rentre à pied.
— Eh bien! à demain... Vous n'oublierei pas le petit raccord pour le deux?
— Entendu !... Je l'apporterai demain...
Avec un dernier signe amical, le directeur
sauta dans sa Victoria, qui s'éloigna. Clarencé le suivit un instant des yeux, respira fort, comme pour délivrer ses poumons du mauvais air absorbé pendant plusieurs heures, travei^sa la place encombrée, se mit à suivre lentement
les boulevards. Il aurait voulu penser à ce qu'il voyait : à la gaieté des fleurs nouvelles sur les charrettes ambulantes, à la beauté de la fine lumière qui tombait encore du ciel bleu pâle, comme à travers des voiles, aux passantes, si jolies dans leurs fraîches toilettes de printemps. Mais la fatigue de la longue répétition l'avait énervé; quelques-unes de ses répliques Tobsédaient, avec les intonations des interprètes; sa pièce continuait de le hanler. Un triomphe?
Qui pouvait le dire? Les gens de théâtre se trompent sans cesse, malgré leur expérience.
Pour lui, il restait plein de doute, comme toujours. Sans d'ailleurs attacher trop d'importance à une impression presque physique; car il connaissait de longue date cette angoisse de l'artiste au moment où sa création lui échappe, ce désespéré calcul de proportions qu'il se morfond à établir entre l'œuvre rêvée et l'œuvre accomplie, cette vision soudaine et torturante des défauts qu'on aurait dû voir, des taches qu'on aurait dû effacer. Une chose, entre
autres, Tinquiélait : c'est que, dans aucune des huit pièces auxquelles il devait sa jeune gloire, — huit drames d'amour, sans thèses sociales, — il n'avait déployé tant de 'hardiesse dans la peinture de la passion. Et pourtant, sa conception première s'était bien atténuée en prenant corps. A l'origine, en ellet, quand, pour la première fois, c ridée » en traversa son cerveau, c'était Tanlique sujet de Myrrha^ des Cenci^ ce sujet horrible où se complurent les imaginations malades d'Euripide, d'Alfieri, de Shelley : le père épris de sa fille. Il l'avait trouvé par hasard, en observant ou croyant observer une imperceptible déviation du sentiment paternel chez uir de ses plus chers amis, le peintre André Laurier : une âme trop tendre, un cœur trop passionné, dont il se figurait connaître les moindres replis, et qui, sans s'en être jamais douté, avait fourni bien des traits à ses héros d'amour. Une simple parole, après le dîner de famille, dans une de ces soirées intimes où Ton sème, sans les surveiller, des
propos qui ont des airs de confidences. La petite Paule, — six ans, — dont il était le parrain, quitta tout à coup les genoux de son père pour grimper sur ceux de Tami qui la gâtait :
— Tiens! ditClarencé en riant, un caprice!... Déjà!...
Laurier lépondit, en plaisantant :
^=- Croirais-tu que je suis toujours un peu Jaloux quand elle me délaisse ainsi pour un autre? Que sera-ce quand elle se mariera? Je hais déjà mon futur gendre!
Clarencé releva le mot :
— Ah! voilà qui te ressemble bien!...
Ilcaressauninstantlesbeauxcheveux bouclés
de la petite, qui fixait sur lui de grands yeux gris sombre, chargés de mystère, réfléchit, et ajouta :
— Ce que tu viens de dire me rappelle, je ne sais pourquoi, un poème de Chamisso, la Fiancée du Lion^ que je retrouve tout à coup au fond de ma mémoire... La fille du dompteur est fiancée. Pour la dernière fois, elle entre
dans la cage du lion, qui se roule de tendresse à ses pieds. Elle lui raconte son prochaiA départ, elle lui fait ses adieux. Le fiancé s'approche : il rappelle, il va remmener... Mais le lion ne veut pas la perdre ; il se jette sur elle, et la déchire, et se couche pour attendre la mort.
— Je te promets bien que je n'irai pas jusque-là, dit Laurier.
La mère écoutait, en souriant, un peu dédaigneuse, au fond, des paradoxes de ces hommes d'art ou de pensée, qui ne sont jamais tout à fait dans la réalité. Quel rapport entre ce poème fantaisiste et le mot plaisant de son mari, qui, pour elle, n'avait rien d'un lion?
— Je ne saisis pas la ressemblance, dit-elle.
— Les formes de la jalousie sont infinies, expliqua Glarencé, et, avec elle, il faut s'attendre à tout.
Laurier conclut :
— Oui, oui, j'aime trop ma fille. Le cas est peut-être plus général qu'on ne le pense!
Presque aussitôt l'imagination de Glarencé
partit sur cette piste. Elle précisa le léger sentiment aperçu dans Tangle obscur d'un cœur honnête où jamais, sans doute, il n'éclorait. Elle le grossit, le poussa à Toutrance, au monstrueux. Elle en fit jaillir les données d'un drame sauvage, d'autant plus saisissant qu*il ne se développerait ni dans les ombres du mythe, comme Af^rrAa, ni dans celles du moyen âge, comme les C^m,'mais éclaterait en pleine modernité, soulignant d'une barre sanglante Ije contraste de nos mœurs policées et des lointains instincts primitifs qui sommeillent sous leur vernis factice. Mais bientôt le sujet dévia : en le creusant, Clarencé subit la pression de l'opinion moyenne, établit d'instinct le calcul de la somme d'horreurs qu'un public aujourd'hui supporte, adapta peu à peu son plan aux vraisemblances des temps actuels : le père devint un beau-père, la fille une bru. Ainsi délivré de sa plus forte part d'inceste, le drame n'en demeura pas moins violent et noir, comme s'il conservait la^marque de son origine. Dans sa
forme définitive, après de longs remaniements, il restait une tragique peinture de la passion d'abord secrète, honteuse, cachée et corrosive comme un mal ignoré, puis éclatant sous un coup de jalousie, avec une violence sourde, dans le milieu pacifique d'une famille bourgeoise qui ne rappelait en rien les victimes illustres désignées à la vengeance des dieux, la désagrégeant par un travail dont chaque acte marquait le progrès irrésistible, et dans l'éclat final, renversant aux pieds du héros meurtrier la bien-aimée qu'il ne voulait pas perdre. Dans la forme même, la simplicité des moyens, la logique fatale,Ia marche ascendante et régulière des scènes, tout évoquait la comparaison de ces tragédies solennelles que conduit l'invisible main de « Celle qu'on ne peut éviter :>. Le sujet ayant été éventé par les reporters, les journaux annonçaient une « première 3> mouvementée. Ils ajoutaient d ailleurs à l'unisson que nul ne doutait du succès final, Clarencé • étant, pour les uns, un prestidigitateur habile,
f AU MILIEU DU CHEMhN. 9
pour ies autres, un de ces lutteurs dont la force triomphe de toutes les difficultés.
L'écrivain, déjà si célèbre, entrait dans sa quarantième année . Un reste obstiné de timidité, un rien de gaucherie dans les manières et de lourdeur dans les attitudes, trahissaient à peine son origine paysanne. Il n'avait pas la taille trapue, courte, solide des montagnards de ce Jura d'où il sortait : élancé, plutôt grand, encore maigre, il devait à vingt ans de Paris son teint blanc et sa demi-élégance. Son inquiète figure d'artiste, au front agrandi par la calvitie, au regard presque trop sérieux, semblait changer sans cesse, avec le vol des sensations et des pensées qui miraient leur rapide passage dans la limpidité profonde du regard. Tandis que ses cheveux éclaircis restaient d'un noir lustré, sa barbe, qu'il portait entière, était presque toute blanche, et pouvait, au premier abord, tromper sur son âge. L'usage de la société ne l'avait point rendu mondain : il parlait peu, ne cherchait pas à briller, passait pour
un causeur médiocre et pour un convive préoccupé. Bien que ses succès de théâtrelui eussent valu, de bonne heure, Taisance avec la célébrité, il vivait simplement, dans un appartement delà rue Boccador, qu'il occupait depuis longtemps. Un ménage de domestiques, Antoine et Julie, habitués h ses goûts et à ses manies, suffisait à son service. Sa carrière avait été facile : aux débuts, son vieux paysan de père l'aida sans trop rechigner, sachant que, quels que soient les champs que l'on cultive, on ne récolte rien sans avoir d'abord semé. Du reste, le succès de sa première pièce lui donna tôt l'indépendance : il put se développer librement, sans connaître les soucis qui dépriment, sans un de ces revers qui laissent un arrière-goût de fiel. Il ignorait la fatigue du labeur hâtif, le dégoût des besognes mercenaires, l'amertume de l'effort sans récompense : s'il était néanmoins aussi a: nerveux » que tant de confrères moins heureux, il le devait à la continuelle tension d'une imagination accoutumée à chercher le drame
AU MILIEU DU CHEMIN. il
par delà la réalité, à Thabitude de suivre les € situations > jusqu'à leurs conséquences extrêmes, de mêler sa propre âme vraie aux âmes qu'il créait, de se confondre avec ses héros aussi longtemps que durait son travail.
Cette perpétuelle métamorphose de la réalité en fiction, qui s'accomplissait en lui sans qu'il s'en aperçût et comme par une douloureuse grâce d'état, Tentretenait dans une sorte de malaise que les années aggravèrent : il devenait scrupuleux à l'excès, tremblait devant la page écrite, remaniait, recommençait, l'œil fixé sur les suites possibles de ses phrases, l'esprit brodant à l'aventure des romans qu'il finissait par rendre vraisemblables. Depuis que la Fiancée du Lion lui apparaissait dans la réalité que prenaient à ses yeux ses œuvres achevées, il y réfléchissait sans cesse, harcelé de doutes. Une question surtout le hantait, — qui l'eût fait sourire à ses débuts, et qui, d'abord discrète, un peu fluide, lui causa bientôt une véritable angoisse, e Quelle peut être, se demandait-il,
12 AU UILIEU lu trilENlV
raction d*iinc lelle pièce sur ceux qui Técou* teiit ? Dans quels sentimonis rentrent chez eux les speclateui-s qui Font a^^plaudie? Quelles secrètes fanges remue au loiid d'eux-mêmes, dans ces chambres obscures de Tâmc où toute incursion est maudite, le drame qui les a émus ? > Repoussée d'abord par des arguments familiers aux artistes, la question revint, obstinée, tenace, exigeante, ramenée par des coïncidences, perdes hasards. Peu à peu, elle supplanta les préoccupations habituelles de style ou de mise en scène, pour se poser, après chaque répétition, comme un refrain. Le dernier acte, — ces scènes d'amour, de folie et de mort, d'une vibration presque spasmodique, — Clarencé ne pouvait plus les entendre sans une sensation indéfinissable qui devait ressemblera un remords. Ce jour-là, au moment où le directeur de la Comédie-Moderne lui promettait un triomphe, celle sensation était particulièrement aiguë. Les répliques les plus ardentes bourdonnaient sans trêve à ses
oreilles, et, au lieu de le réjouir, lui laissaient, en passant, comme un goût amer dans tout Fêtre. Pour la première fois, il formula nettement la sentence qui flottait dans son esprit ; il murmura :
€ Une telle œuvre est presque une mauvaise action. ^
Aussitôt, la précision même de cet arrêt le mit en défiance. Il haussa les épaules, et dit à demivoix, avec un geste qui fit retourner un passant :
— Fatigue... Énervement... Cela s'en ira après la « première »•
Il se trouvait à l'entrée des Champs-Elysées : rassuré pour un moment, il réussit à se réjouir des jeunes pousses qui verdissaient les marronniers en fleur, du ciel que le couchant empourprait derrière TArc de triomphe, de toutes les belles choses qui s'épanouissent aux approches d'un soir de printemps. En sorte qu'il était presque tranquille quand il sonna chez lui les deux coups secs du timbre électrique qui annonçaient sa rentrée.
Antoine vint ouvrir, l'air confus, sa bonne figure grasse, luisante entre ses pattes de lièvre poivre et sel, exprimant un embarras, une crainte. Debout sur le seuil, les mains sous son tablier, il balbutia :
— Il y a dans le cabinet de Monsieur... un monsieur qui attend Monsieur.
— Qui donc ?
Le domestique baissa les yeux, en avouant ;
— Un journaliste!
Clarencé frappa nerveusement de sa canne le tapis du palier :
— Je vous ai pourtant recommandé de n'en recevoir aucun ces jours-ci !
Antoine tâcha de s'excuser :
— J'ai bien voulu le renvoyer, Monsieur.., Mais il ne s'est pas laissé faire... Il a dit qu'il s'agissait d'une affaire très importante pour Monsieur... et que Monsieur regretterait sûrement de ne l'avoir pas vu . . . Alors j'ai pensé...
— Il ne fallait pas penser, Antoine !
Pourtant, Clarencé prit des mains du domestique une carte, sur laquelle il lut un nom inconnu. Un instant, il la garda, hésitant, plus perplexe que de raison.
— Philippe Merton, dit-il ; je ne le connais pas, celui-là !
Il regardait Antoine comme pour lui demander conseil, et la face placide de son domestique répondait : € Monsieur est le maître, Monsieur sait ce qu'il doit faire ! >
Enfin, il murmura, avec un soupir résigné :
— Puisqu'il est là, il faut bien que je le voie!...
Il traversa Tanlichambre en se dégantant, posa sa canne et son chapeau sur une console, et entra dans son cabinet.
Un très jeune homme, presque imberbe, assez mal vêtu, l'attendait, en préparant sans doute une description du cabinet que, d'ailleurs, tout le monde pouvait voir aux devantures des marchands de photographies. Besogne
facile : car, ici, Textrême simplicité contrastait avec le luxe connu de tant de cabinets célèbres. Loin de tenir à l'élégance extérieure, Clarencé évitait de parti pris la recherche de ces décors dont le détail distrait ou disperse l'attention. Ses meubles étaient anciens, mais paysans, sans autre beauté que celle des vieux bois travaillés par des ouvriers naïfs, patines par les années. Un buste de Florentine, d'après Donatello, et deux vases en vieille majolique, toujours remplis des fleurs de la saison, décoraient seuls une cheminée recouverte de peluche vert sombre. Les parois, tendues d'une étoffe de même couleur, disparaissaient derrière les bibliothèques, chargées de livres reliés simplement. Deux panneaux, cependant, avaient été réservés : l'un pour un très beau portrait de femme, au pastel, l'autre pour une grande reproduction de VÉcorché de Bar-le-Duc. Le mort au gesle éperdu qui tend son cœur comme une offrande, — dramatique symbole de la douleur humaine, — semblait placé là comme
pour servir d'épigraphe aux œuvres qui se préparaient dans ce demi-jour silencieux. Merton l'avait regardé sans en chercher le sens : au contraire, il examinait curieusement le portrait de femme. Moins novice dans son métier, il en eût sans peine reconnu ou deviné le modèle, car tout le monde savait la liaison de Clarencé avec M"*® Claudine Bréant. Mais il ignorait cette histoire, et en brodait quelque autre, au petit bonheur, sur le beau pastel. Au bruit de la porte, qui s'ouvrait, il se détourna précipitamment, comme pris en flagrant délit d'indiscrétion. Avec force salutations, il se mit à expliquer qu'il venait de la part de rÉloile, pour une interview. Clarcncé l'écouta debout, sans l'inviter à s'asseoir, et l'interrompit assez sèchement :
— Je n'ai, rien à dire sur ma pièce. On la verra dans quatre ou cinq jours. On la jugera. Pour moi, mon rôle est fini : j'attends, je ne parle pas.
Merton, un peu déconcerté, tirailla les poils
i8 AU MILIEU DU CHEMIN.
naissants de sa moustache et répondit d'une voix agréable, mais insinuante :
— Il ne s'agit pas de ta Fiancée du Liùii, maître, du moins pas directement... Il s'agit d'un c fait divers > de la journée, auquel votre nom se trouvera mêlé.
Clarencé tressaillit :
— Mon nom?... mêlé àun c fait divers )>?...
Le reporter expliqua :
— Voici la chose, maître, si vous permetlez?... Du reste, c'est un récit que W)us trouverez dans les journaux du soir... Une jeune fille, nommée Céline Bouland, la fille d'un petit fonctionnaire, demeurant rue Saint-Ferdinand, s'est suicidée la nuit dernière, en allumant un réchaud. Elle avait, paraît-il, une liaison avec un homme marié, dont on n'a pas encore publié le nom. On ignore ce qui s'est passé entre eux : peut-être que leur intrigue a été découverte, ou qu'il a voulu la quitter. Enfin, elle s'est asphyxiée.
Étonné par rinsignifiance de ces détails, Glarencé interrompit de nouveau :
— Je ne vois pas en quoi celte affaire me rcgaixle.
— Voici, maître. On a trouvé sur son lit même, à côté d'elle, un exemplaire de votre admirable drame, V Amour et la Mort, avec de nombreux passages soulignés. Elle l'avait donc lu et relu, peut-être avant de mourir. C'était son livre de chevet. Sans doute elle croyait trouver des ressemblances entre son cas banal et celui de votre poétique héroïne; et peutêtre récitait-elle vos beaux vers en se figurant les penser. Vous comprenez, maître, que le fait sera relevé, d'autant plus qu'on s'occupe beaucoup de vous ces temps-ci. C'est pour cela que j'ai eu l'idée de venir vous le signaler tout de suite, en vous demandant ce que vous en pensez. Mon idée a plu à mon directeur... Et je vous avoue franchement que je compte sur votre obligeance pour m'aider...
Il baissa la voix en ajoutant :