CH. III. — VOCATION
par l’Ottawa, aux pays d’eu haut, à partir du 21 octobre 1668, il partit (1) pour la mission du Saint-Esprit, à l’extrémité occidentale du Lac Supérieur. Là se rencontraient, pour le commerce des pelleteries, les tribus les plus diverses, Illinois, Pouteoutamis. Renards, Sioux, Assiniboius , Maskoutens , etc. C’était un poste de confiance, où le jeune apôtre succédait au P. Allouez, tout d’abord désigné pour l’expédition vers la mer de l’Ouest. Le P. Marquette profita de l’occasion et recueillit avec avidité, tout en s’occupant de la chrétienté déjà réunie sur ce point , les informations capables de dirigei* avec exactitude les explorateurs que l’obéissance pourrait un jour envoyer à la découverte du Mississipi. Son prédécesseur, daus ce poste, avait été d’abord choisi pour l’entreprise. Mais, sans doute, en le remplaçant à la Pointe du Saint-Esprit, le Supérieur général de la mission avait changé d’avis. La date du 2 juillet 1671, est celle assignée par les catalogues, pour les derniers vœux du missionnaire, au Saull- Sainte-Marie des Algonquins. Dès l’hiver 1669, le P. Marquette, dûment averti, se tenait prêt à partir, au printemps suivant, pour le voyage projeté depuis tant d’années. La Providence en avait disposé autrement. Quelques actes de trahisou et de cruauté avaient attiré sur les Indiens du Saint-Esprit la colère des Sioux, plus farouches que les Iroquois eux-mêmes. Le départ fut remis à plus tard. En attendant, après quelques semaines passées au Sault-Sainte-Marie, le P. Marquette y prononça ses derniers vœux et alta gouverner les 1,200 Murons qu’il avait retirés du Lac Supérieur, dans la mission de Saint Iguace à Micbilliniackiuac.
Enfin, le 8 décembre 1672, Louis Jolliet arriva de Québec pour prendre en mains le commandement de la grande expédition. Né à Québec, vers le 21 septembre 1645, il avait été, après de bonnes études au collège, employé avec succès dans plusieurs missions, dont le gouverneur s’était montré satisfait. La nouvelle de sa venue fut accueillie avec transport par le P. Marquette. Ne fêtait-on pas ce jour même, l’immaculée Cou-
(t) Le 20 septembre 1669 est la date de son arrivée.
PÈRE MARQUETTE
ception de Marie, la Sainte Vierge Immaculée, comme il le disait toujours?
Les annalistes de l’ordre sont très sobres de détails sur le futur explorateur du Mississipi. Ils signalent en lui un zèle ardent, une dévotion spéciale envers la Reine du Ciel, l’habitude de jeûner le samedi en son honneur et celle de réciter tous les jours le petit office de rimmaculée Conception, un esprit pratique, le don d’observation, un caractère aimable et enjoué, une imperturbable affabilité, et avec tout cela, une union intime avec Dieu et une obéissance d’enfant envers les supérieurs.
On ne comprendrait pas facilement la solidité des vertus, dont le P. Marquette a fait preuve, si l’on ne donnait ici quelques détails sur la manière dont l’Institut entend que se conduise un homme vertueux en pays de mission.
Le lecteur trouvera dans ce court exposé des informations peu connues et qui sont de nature à l’intéresser.