APOSTOLAT DES JESUITES
En résumé, si Ton considère comme un honneur d’être choisi pour les missions, ce n’est pas pour personne un déshonneur de vivre et de travailler en pays chrétien; autrement il faudrait cesser d’admirer tous ceux qui se sanctifient en Europe, comme saint François Régis et saint François de Hiéronimo, faute d’avoir pu obtenir les missions étrangères.
Que de vertu solide ne faut-il pas pour se résigner à un poste obscur, pour y passer toute sa vie, sans se plaindre, et s’y dépenser sans mesure, même quand la tâche est ingrate, pénible et monotone ! Beaucoup de ceux à qui revient la croix si lourde de la supériorité, les prédicateurs, la plupart des hommes d’œuvres et d’action envient le sort du missionnaire et n’en sont pas moins bons religieux, parce que leurs supérieurs ne leur ont pas permis de travailler à la conversion des infidèles. Les remarques précédentes sur l’abnégation nécessaire à ceux qui se destinent à la carrière des missions n’étaient pas pourtant inutiles. -Jamais l’esprit d’aventures n’a été et ne saurait être pour le Jésuite une marque de vocation à l’apostolat.
Si Jacques Marquette devint un de nos grands explorateurs, ce fut donc l’esprit apostolique qui guida ses pas. D’ailleurs, il n’avait pas quitté sa patrie, sans s’être préparé aux durs travaux qui l’attendaient en touchant le port de Québec.