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CH. IV. — APOSTOLAT DES JESUITES

Il convient en outre de ne jamais laisser personne, sans lui adjoindre au moins un compagnon, en sorte que chacun d’eux puisse s’appuyer sur l’autre, dans les épreuves du corps ou de l’âme. (Cf. Constit. p. vu, c. 2, Decl. F.)

Le Supérieur jugera, dans sa prudence, s’il importe de procurer au missionnaire un viatique et un cheval, on s’il vaut mieux le laisser partir à pied et sans argent, (fbid. G.)

Les profès font un quatrième vœu qui les oblige à partir à pied eu mission, eu tout lieu, où il plairait au Vicaire de Jésus- Christ de les employer, dans les conditions décrites à l’alinéa précédent.

Les vertus requises pour des ministères aussi difficiles sont si hautes que les Supérieurs ont besoin de connaître intimement ceux qui s’y destinent, leurs goûts et leurs aptitudes, leurs faiblesses ou leurs infirmités, les moindres mouvements de leur cœur, leurs aspirations et leurs vertus, l’état de leur sauté et des forces corporelles, leurs progrès et leur constance dans le travail de la perfection. Rien de tout cela ne devrait lui être caché. C’est, en effet, la vraie manière de bien mettre le Général de l’ordre à même de juger en connaissance de cause et d’accorder ou de refuser la demande de partir eu mission. D’ailleurs, outre la déclaration des dispositions de l’inférieur, l’Institut fournit d’amples moyens de coutrôler ses aspirations.

L’obéissance doit être une vertu acquise par tous ceux qui sont appliqués aux missions étrangères. Qui foiras ad laborandum in agro Dominico ex Domibus mittuntur, quoad ejus fieri potest, in eadem fi. e. obedientia) sint exercitati. (Cf. Constitutionum, p. viii,n°3.)

Enfin la grandeur du ministère apostolique est telle qu’il convient de l’affermir et de lui assurer la stabilité. De là les vingtsept règles, toutes empreintes de la plus haute sagesse, imposées aux missionnaires de la Compagnie parmi les fidèles et les infidèles.

Il résulte de ce qui précède que les Supérieurs de la Compagnie de Jésus ne destinent aux missions que des hommes d’une vertu longtemps éprouvée. Ce n’est pas à dire qu’il ne se

PÈRE MARQUETTE

puisse jamais commettre d’erreur dans le choix des sujets et qu’il n’y en ait jamais eu. Tel pourra lutter des années contre un défaut naturel et se croire à l’abri des chutes, qui, plus tard, dans un milieu moins favorable, et livré sans contrôle à la fougue de son tempérament, se retrouvera vaincu par une passion mal domptée. En général , si l’on tient compte du temps qui s’écoule entre l’appel de la grâce, c’est-à-dire aux débuts de la vie religieuse, et le moment du départ pour la mission, les candidats ont eu mainte occasion de combattre leur défaut dominant, avec d’autant plus d’ardeur que la vocation aux rudes travaux et au martyre leur a paru plus belle et plus désirable. Tous ont eu deux ans de noviciat, trois ans consacrés à l’étude de la philosophie, cinq, six, sept et même huit années de régence, au milieu d’enfants prompts à découvrir le point faible du maître, trois ou quatre ans de théologie, et une troisième année de retraite et de prière, où le cœur de rbonime spirituel reçoit sa dernière formation. Si cela ne fait pas du Jésuite un sujet propre à la vie apostolique, en Europe ou à l’étranger, c’est qu’il est resté des points en souffrance dans cette longue période de quatorze à dix-sept ans.

En voyant exposé, d’après l’Institut, l’ensemble des qualités requises, avant d’admettre un religieux prêtre aux exercices du saint ministère, peut-être se demaudera-t-on si ceux qui restent appliqués aux œuvres d’un autre ordre, sans quitter l’Europe, out tous moins de vertu que ceux dont on a fait choix pour la prédication de l’Évangile. Il serait injuste de le dire. Plusieurs n’ont pas la sauté voulue. D’autres paraissent nécessaires en Europe, en raison de leur savoir ou de leurs aptitudes pour le gouvernement, etc., etc. Quelques-uns d’ailleurs voient leur carrière apostolique retardée, ou même ajournée, sine die, pour diverses raisons. Enfin plusieurs, à cause de leur inaptitude, restent dans des communautés plus nombreuses, quand ils n'offrent pas toutes les garanties désirables de succès en pays étranger, ne serait-ce, par exemple, que pour leur peu de disposition à parler des langues si différentes de la leur.

CH. IV

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