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CHAPITRE VII

Le Mississipi.

D’après les plus récentes données, le grand fleuve parcourt 7,200 kilomètres, en y comprenant la longueur de son principal affluent, avant de se jeter dans le Golfe du Mexique. Ses sources sont anjonrd’lini an lac Itaska, mais autrefois elles étaient beaucoup plus au Nord. D’abord, le fleuve suit la direction du Nord, décrit un demi-cercle dans la direction de l’Est et commence à descendre vers le Sud-Ouest, en formant un immense point d’interrogation. Sa direction générale le porte ensuite vers le Sud. Après avoir reçu le tribut de nombreuses rivières qui déversent leurs eaux dans son lit, le Mississipi coule, calme et majestueux, tantôt resserré entre des gorges profondes, aux falaises à pic, et tantôt se développant, à travers les prairies, sur une largeur considérable de 3,750 à 4,800 mètres. Sa profondeur non moins étonnante varie de 15 à 60 mètres; et s’il ne renfermait tant de rapides et d’obstacles divers, les navires d’un fort tirant d’eau pourraient y être employés sans peine. En fait, même de nos jours, une flotte de plus de 1,200

(i) Grossi parle Missouri, son affluent, et non le fleuve principal, comme plusieurs l’auraient voulu.

MTSSrSSIPT.

PÈRE MARQUETTE

navires à vapeur et 6,339 barcpies, jaugeant plus de 3,393,380 tonnes, le parcourt incessaiiiinent sur une grande longueur (1). Une vigilance de chaque instant s'impose aux piloles expérimentés. Si plusieurs rapides ont pu être évilés, il en reste encore ; et puis l’action érosive du fleuve arrache à ses rives des quartiers de rochers, des arbres, des terres, dont l’amalgame constitue un véritable danger. Ou bien ces îles floltanles sont arrêtées dans leur cours et forment des bari'ages, en se Axant sur des pointes de rocs solidement plantés au fond de l’eau; ou bien, submergées par leur poids, elles continuent sous Teau leur marche descendante. Parfois, ces masses se désagrègent soudain, et alors malheur aux barques légères qu’elles rencontrent sur leur passage.

Enfin les canots les plus résistants se trouvent percés en un moment par l’une ou l’autre branche réduite à l’état de pieu vertical (2), et l’embarcation sombre, avant qu’on ait pu aveugle]* la voie d’eau, surtout si la frêle yole est construite en écorces. Aussi, les fait-on d’ordinaire d’un tronc d’arbre creusé, et alors, pour remonter le fleuve, il faut une équipe de nombreux rameurs.

A ces dangers s’ajoutaient, au xvn® siècle, ceux que présente un voyage d’exploration en pays inconnu. Sans doute, depuis un grand nombre d’années, les missionnaires recueillaient, avec un louable empressement, les moindres indications fournies par les sauvages. Mais il leur fallait beaucoup de discernement, pour démêler le vrai du faux, tant ces tribus primitives ont pris dans le paganisme l’habitude de mentir sans pudeur (3). De leur côté, les gouverneurs du Canada notaient, eux aussi, avec zèle, les informations apportées à Québec par les chasseurs, qui avaient pu s’avancer le plus loin dans l’intérieur des terres et trafiquer de pelleteries. Mais la nation qui connaissait mieux le

(1) Voir à l’appendice la statistique de la navigation, dans le bassin du fleuve. Le tonnage annuel transporté par la flotte s’élève à 2g,/|o5,o40 tonnes.

(2) Comme il arriva au P. Gravier dans sou voyage en 1700.

(3) Peut-être et probablement par pure politesse, de peur d'avoir à contredire leurs interlocuteurs.

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