‹ Au MississipiChapitre 6 sur 84 · VOYAGES ANTÉRIEURS · texte numérisé non relu

VOYAGES ANTÉRIEURS

demi-lieue. Si un homme se tient debout sur une rive, il est impossible de savoir, de l’autre côté, si l’objet qu’il aperçoit est ou n’est pas un être humain. L’eau chargée de limon est profonde, le courant fort et rapide. On y voit flotter continuellement des arbres entiers, en grand nombre, que la violence y a entraînés.

Il ne peut plus y avoir de doute. C’était bien, cette fois, le Mississipi, dans la région située au-dessous du Missouri. Là encore, l’expédition se rencontre avec une tribu guerrière, montée sur deux cents canots et commandée par un puissant cacique. Soto leur résiste, mais commence à songer au retour. Cabeza de Vaca, préoccupé de la découverte d’une mine d’or, comme on peut le voir dans l’édition de Biedma, n’avait pas précisé la position de la rivière , mentionnée souvent , il est vrai, mais toujours avec mystère. Soto, pour descendre le fleuve, construit des canots, navigue jusqu’à l’Arkansas et remonte même cet affluent à 8 ou 12 lieues de sou embouchure dans le Mississipi. Cette contrée lui parut trop bien défendue. Aussi, retournant en arrière, il reprend la route du fleuve et remonte assez probablement non loin du Missouri, mais sans avoir rencontré les mines d’or de Quivira mentionnées par Cabeza de Vaca. En redescendant vers l’Arkansas, sa troupe prend, à Quigata, des guides pour se rendre à la mer. Mais un nouveau plan se présente aux aventuriers et les voilà en route pour les montagnes de Coligoa. Ce fut encore une expédition stérile, dans un pays désolé. Enfin, l’hiver approchant, Soto s’établit sur l’Arkansas, à Vicanque, après avoir visité Cayas et Tanico, avec son lac et ses marais salants. Puis, au printemps de 1542, il redescend le Mississipi et meurt sur le bord du fleuve, à Guacboya. Ses voyages ont du moins permis de constater, dans la région située sur la rive droite de l’Arkansas, l’existence de peuples très différents de ceux qui y habitèrent plus tard. Par leurs usages, leur civilisation, leurs maisons bâties et leurs palais, tout porte à croire cfue ces Etats appartenaient, par l’origine, au Mexique.

Muscoso, son lieutenant, prit en mains l’autorité. Au lieu de

PÈRE MARQUETTE

chercher à gagner la mer, il se dirigea vers l’Ouest, comme avait fait avant lui Cabeza de Vaca, dans l’espoir de trouver fortune au Colorado. Après une marche de 700 milles, ses bataillons atteignirent Nazacahoz, dans la province de Guasco. Là les Indiens étaient vêtus de manteaux de coton fabriqués au Nouveau-Mexique, parés de turquoises et faisant usage d’ustensiles en terre. Parmi eux, se rencontra une femme indienne qui s’était échappée de l’expédition du Pacifique, dont il sera bientôt question. D’après les indications fournies par elle, Muscoso marcha environ dix jours plus loin, traversa la rivière de Daycao et s’arrêta au Pecos, branche de Rio-Grande, qui fut le but extrême de son voyage. De retour au Mississipi, l’expédition se mit à construire sept vaisseaux, de la dimension d’un brigantin, et le 2 juillet 1543, la troupe, forte encore de 322 hommes, redescendit le fleuve à partir de Minoya. Les Indiens de Quigalta les attaquèrent, les poursuivirent pendant plusieurs jours, et firent éprouver à la petite flottille de sensibles pertes. Enfin, le 18 du mênie mois, Muscoso et ses hommes, assez réduits en nombre, atteignirent le golfe du Mexique et de là se rendirent à Tampico. Le Vice-Roi et la ville de Tampico furent bien étonnés de revoir eu vie les restes de cette petite armée de conquérants. Ainsi, Soto et son successeur sont les premiers qui, de 1539 à 1543, soient descendus le long du Mississipi, sur une longueur d’environ 250 lieues, d’après les données qu’ils ont fournies.

Un Franciscain, originaire de Nice, le Frère Marc, avait, de son côté, en partant de Culiacan, atteint le Colorado, mais sans pouvoir pénétrer dans la ville fortifiée de Cibola. Séparé d’un nègre, son compagnon, qui avait fait partie de l’expédition conduite par Cabeza de Vaca, Frère Marc rentra à Mexico et séduisit de riches armateurs par des récits, où l’imagination l’emportait sur la réalité. Ils organisent une expédition, dans l’espoir d’acquérir de vastes domaines, au profit de l’Espagne et de leur l'ôrtune personnelle. Coronado se charge de conduire une troupe choisie de soldats. Malheureuse meid, des guides imposteurs, sous

Expédition de Muscoso, — Composition moderne.

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