‹ Au MississipiChapitre 7 sur 84 · VOYAGES ANTERIEURS · texte numérisé non relu

VOYAGES ANTERIEURS

prétexte de les conduire aux mines d’or de Quivira, les promènent sur le plateau, où l’Arkansas et la Flatte prennent leur source. Cibola, la ville entrevue par Frère Marc, n’avait paru déjà qu’une ville sans importance. Ces nouveaux efforts avaient abouti à l’insuccès le plus complet. L’expédition eut cependant pour résultat d’apprendre aux Espagnols qu’il existait une immense rivière dont on pouvait suivre le cours, pendant quatrevingt-dix jours, et dont la largeur était de deux lieues. Mais ils n’y parvinrent pas.

La deuxième tentative fut celle de de Lima, parti, eu 1557, à la tête de 1,500 hommes, dont plusieurs avaient fait partie d’une flotte, envoyée quatre ans plus tôt de la Vera Cruz, avec mission de remonter le Rio del Spirito Santa. Appuyés par les Indiens de Coosa, les Espagnols défirent les Natcbez et poussèrent jusqu’au grand fleuve. On vit là, pour la première fois, un Cacique monté sur un superbe coursier arabe et accompagné par un valet de race noire.

Depuis lors, vers 1580, à la suite de missions tentées par divers ordres religieux, mais bientôt ruinées par des martyres répétés, le Nouveau-Mexique s’ouvrit à des colonies d’Européens expédiées de Mexico. Dans leurs rapports avec les Indiens, les nouveaux habitants eurent ainsi l’occasion d’entendre parler, à maintes reprises, du Mississipi. Aucun effort ne semble toutefois avoir été tenté au xvi® siècle pour le remonter, si l’on excepte le voyage raconté par Vincent Gonzalez, capitaine portugais (1).

Sparks, dans u Life of La Salle », ^ Life of Marquette, Denton’s, New-York » vies publiées parmi les biographies d’Américains illustres, émet des doutes sur le voyage d’un Anglais vers 1648 et celui d’un Espagnol, du Mississipi à New-York par l’Ohio. Il admet que, de temps à autre, il a pu entrer quelques vaisseaux, mais seulement dans le Delta. Cependant, au dire des Indiens, il y aurait eu un effort tenté en 1669. Serait-ce un

(i) Cf. Benavidcs Memorial.

PÈRE MARQUETTE

nouvel essai non mentionné du P. Allouez? ou la première tentative, peu probable, de la Salle (1)?

Du côté des Français, rien ne put être connu de bonne heure. A partir des travaux de Champlain et de la prise de possession de Québec en 1613, les épreuves se succédèrent jusqu’à l’expulsion des Anglais en 1632 et les premières découvertes ne s’étendirent pas au delà de la baie d’Hudson et des trois grands Lacs canadiens. Les colons et les missionnaires n’étaient pas encore assez nombreux pour s’aventurer aussi loin. Cependant, Jean Nicollet partit eu 1639 pour le Wisconsin et à cette époque on savait déjà qu’en le suivant on arriverait à une grande mer (2) de l’Ouest, avec espoir de pouvoir se rendre de là, par l’océan Pacifique, au Japon et en Chine.

La relation du P. Viniont (1639-40) le dit en termes formels. Mais Nicollet s’arrêta au premier grand rapide du Wisconsin, et s’en retourna dans la persuasion erronée qu’il avait atteint le Mississipi.

L’honneur de naviguer, le premier, sur le fleuve, de le décrire, d'en prendre possession au nom de la France, et d’ouvrir les contrées qu’il arrose à l’Évangile et à la civilisation était réservé à un jeune religieux de la Compagnie de Jésus, le P. Jacques Marquette, nommé pour accompagner le délégué de la France, Louis Jolliet.

(1) La Salle ne fit qu’un voyage sur l’Ohio, selon toute apparence et prit le VVabash, pour le Mississipi. Les contradictions les plus étranges dans les latitudes et les dates ne permettent plus de croire un mot des ouvrages sortis de la plume du récollet Louis Hennepin, où les partisans du Normand ont trop puisé sans critique. Son propre voyage de l’Ohio aux chutes de Saint-Antoine donnerait lieu de croire qu’il a cru descendre le fleuve, en ramant vers le Nord. Il confond tout, et s’attribue des mérites, dont on peut douter qu’il ait jamais joui. Peut-être même, n’a-t-il pas navigué ; et le récit de sa capture serait une fable, qu’il ne faudrait pas en être étonné.

(2) Pour les Indiens, la mer veut dire également, un lac, un fleuve ou l’océan.

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