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LE CALUMET

cipât, comme un perfide, au coup qui auroit esté fait sur eux. Ce seroit le plus grand de tous les traistres, parce qu’il casseroit le calumet, et romproit l’iinion qui auroit esté contractée par ce moyen. »

On a dit que le P. Marquette avait été le premier à décrire l’usage et rimportance du calumet dans les relations avec les Indiens. Présenté de cette manière, le fait n’est pas vrai. Si l’on veut dire qu’il fut le premier des missionnaires qui l’ait reçu d’une tribu et s’en soit servi, non sans peine, à son avantage, on sera plus près de la vérité. Dans les notes savantes du P. Tailhan, p. 246-251 des Mémoires de Perrot^ on voit que de la Potherie en parle, t. II, p. 185, sans rien ajouter à la description de Marquette et de Perrot. Le P. Allouez, dans la Relation de la Nouvelle- F rance, pour 1667, t. XI du Recueil, p. 22, avait déjà fait connaître le calumet et avait comparé la danse à un ballet. Le pas de guerre est dépeint, sous sa plume, d’une manière vive et élégante :

« Il [le danseur] fait la guerre eu cadence; il prépare ses armes, il s’habille, il court, il fait descouuerte, puis se retire; il s’approche, il fait le cry, il tue l’enuemy, luy enlesue la cheuelure et retourne enchantant uictoire; mais tout cela auec une iustesse, une promptitude et une actiuité surprenante. »

Dans la Sonora, au lieu du calumet, on fumait des cigarettes dont l’enveloppe était une paille de riz, au rapport du P. Ribas, t. I, c. III, 9. « Y el admitir este 'presenle, era darse por coligadas y combinadas parala guerra. » Le fait de recevoir un présent [de ces cigarettes] c’était se déclarer ligué et allié eu vue d’une guerre [à entreprendre ou à soutenir] en commun.

Ou retrouve cette danse parmi les sociétés plus raffinées du Mexique, de Bogota et du Pérou (cf. Clavijero, Historia antiqua del Mejico, t. II, lib. vu, p. 181. Édition in-4° de Cesena, 1780). Les Californiens en faisaient autant, dit le même auteur, I, XX, 128, iu-8°, Yenezia, 1789.

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