‹ Au Mississippi; la première explorationChapitre 26 sur 59 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Le voyage de Michillimackinac à la rivière Desmoines.

Pleins d'ardeur, les voyageurs se mirent à Taviron, en quittant Michillimackinac, le 17 mai 1673, et s'engagèrent dans la direction de la baie des Puants, au nord-ouest du lac Michigan ou des Illinois. Sur les bords de la baie, on entra, dans la nvière de Menominie, chez les peuples de la Folle-Avoine. Cette tribu a la bonne fortune de récolter, sans culture, sur un bon nombre de petits ruisseaux, les graines d'une graminée, en tout semblable, sauf par des dimensions plus grandes, à la mauvaise herbe de ce nom, qui croît en Europe. parmi les blés (2). En Amérique, elle se propage avec beaucoup plus de vigueur, sur les bords fangeux des cours d'eau. Dans des conditions aussi favorables, la tige fructifie avec abondance, et le grain, avec un diamètre égal à celui de l'avoine blanche cultivée, a uue longueur double. La récolte se fait en septembre, en secouant

(i) Le journal de Marquette, pour ce premier voyage, se trouve à l'appendice n® V. C'est la transcription exacte de la copie la plus correcte, prise sur la Relation de l'année 1678.

(a) Zixania aquaiiea.

^i^ymk^SÈÈ^às^-

rherbe sur le passage des canots. En cette saison, les épis laissent échapper leur contenu au moindre choc, et il suiBt de ]es frôler pour remplir en peu de temps une pirogue. Cependant, avant de moudre cette avoine, il huporte d'enlever la pellicule qui lui est adhérente. Cette opération se fait, en l'exposant à la fumée, sur des claies de bois, et elle dure plusieurs jours. Après la dessication, on procède à la mise en sac, puis on creuse un trou en terre, où se fait, par piétinement, la sépa-

Page 1