‹ Au Mississippi; la première explorationChapitre 37 sur 59 · CH. XVI. — MALADIE ET MORT DU PÈRE MARQUETTE · texte numérisé non relu

CH. XVI. — MALADIE ET MORT DU PÈRE MARQUETTE

fait rare et singulière à la Sainte Vierge et particulièrement envers le mystère de l'Immaculée Conception. Il y avait plaisir de l'entendre parler ou prêcher sur cette matière. Toutes ses conversations et ses lettres avaient quelque chose de la Sainte Vierge Immaculée; c'est ainsi qu'il la nommait toujours. Il a jeûné, depuis l'âge de neuf ans, tous les samedis, et, dés sa plus tendre jeunesse, il a commencé à dire tous les jours le petit office de la Conception, inspirant cette dévotion à tout le monde. Quelques mois avant sa mort, il disait tous les jours avec ses deux hommes une petite couronne de l'Immaculée Conception qu'il avait inventée de cette sorte. Après le Credo^ on dit une fois le Pater et VAve et puis quatre fois ces paroles :

Ave, filia Dei Patris,

Ave, Mater Filii Dei,

Ave templum totiua Trinitatis, Per sanctam Virginitatem et Immaculatam Conceptionem tuam, purissima Virgo, emunda cor et camem meam. In nomine Patrie et Filii et Spiritm Sancti, et enfin le Gloria Patri, et le tout se répétait trois fois.

Il n'a jamais manqué de dire la messe de la Conception ou du moins l'oraison, quand il l'a pu. Il ne pensait presque à autre chose jour et nuit ; et pour nous laisser une marque éternelle de ses sentiments, il a voulu donner le nom de la Conception à la mission des Illinois.

Une si tendre dévotion envers la Mère de Dieu méritait quelque grâce singulière. Aussi lui a-t-elle accordé la faveur qu'il avait toujours demandée, de mourir un samedi, et ses deux compagnons ne doutent point qu'elle ne se soit fait voir à lui à l'heure de la mort, lorsque, après avoir prononcé les noms de Jésus et Marie, il haussa tout d'un coup les yeux au-dessus de son crucifix, les tenant attachés sur un objet qu'il regardait avec tant de plaisir et avec une joie qui paraissait sur

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son visage. Et ils eurent alors l'impression qu'il avait rendu son âiue entre les mains de sa bonne Mère.'

Une des dernières lettres qu'il a écrites au Père Supérieur des Missions avant son grand voyage, montre assez quels étaient ses sentiments. Voici coumie il Ta conmiencée :

c La Sainte Vierge Immaculée m'a obtenu la grâce d'arriver ici en bonne santé et dans la resolution de correspondre aux desseins que Dieu a sur moi, m'ayant destiné pour le voyage du Sud. Je n'ai point d'autre pensée, sinon de faire ce que Dieu veut. Je n'apprébende rien. M les Nadoûessis, ni l'abord des nations ne m'étonnent pas. De deux choses l'une : ou Dieu me punira de mes crimes et de mes lâchetés, ou bien il me fera part de sa croix que je n'ai pas encore portée depuis que je suis en ce pays, mais peut-être qui m'est obtenue par la Sainte Vierge Immaculée, ou peut estre une mort pour cesser d'offenser Dieu. C'est à quoi je tasche de me tenir prest, m'abandonnant tout à fait entre ses mains. Je prie Votre Révérence de ne point m'oublier et de m'oblenir de Dieu que je ne demeure pas ingrat des grâces dont il m'accable. »

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