CONCLUSION
En résuniéy les preuves certaines du voyage de Marquette et de JoUiet au Mississipi, en 1673, sont :
1^ La lettre du P. Dablon au P. Provincial de Paris envoyée en 1674.
2o Le journal autographe de Marquette, écrit par lui en 1674 et 1675, dans lequel il se réfère au voyage du Mississipi entrepris par lui avec succès en 1673.
3^ Une tradition constante en Amérique et au Canada.
4® L'afBrmation donnée par les deux voyageurs, au cours du récit qu'ils ont été les premiers Européens qui aient abordé le Mississipi par l'Est, et qu'ils l'ont parcouru sur une grande longueur.
5^ Leur description du fleuve, la plantation du poteau aux armes de la France, leur affirmation, sur données certaines recueillies par eux, que l'embouchure est au Golfe du Mexique.
6» En admettant que l'annonce otBcielle d'une découverte aussi importante, faite à son Provincial par un Supérieur de mission puisse être mise en doute, la note officielle envoyée de Québec à Versailles, en 1688, pour servir à repousser les revendications des Anglais, est une preuve directe, positive et inattaquable.
Incapables de détruire une opinion aussi solidement établie, MM. Margry et Gravier ont exhumé des papiers, sans môme savoir que le principal est de Renaudot, qui ne mérite pas la
HISSISSIPI. — PERE BIARQUETTE
moindre créance en pareille matière. Us ont, par des insinuations perfides sur la valeur des témoignages contraires, fait les plus grands efforts, au moins pour jeter du doute dans les esprits. Grâce à ces habiletés, Robert Cavelier de la Salle, a été nommé, et il est encore reconnu par plusieurs, conmie le premier explorateur du Mississipi.
L'objet du travail, dont le lecteur a maintenant tous les éléments, sera donc atteint, si tout le monde en accepte la conclusion.
Au P. Marquette est dû le premier rang, parce que, dans cette exploration, dont personne ne peut désormais lui contester la priorité, on vit briller en lui plus d'intrépidité, de zèle, de mansuétude et d'énergie.
Honoré à l'étranger comme un bienfaiteur de l'humanité et un modèle vivant de toutes les vertus apostoliques, puisse-t-il être un jour proclamé, dans sa patrie, un digne enfant de la France et de LaonI