CHAPITRE I
[Du premier Voyage qu*a fait le P. Marquette vers le NouTean-Mezique et commeat s'en est formé le dessein.]
[Il y auoit long temps que le Père premedîtoit cette entreprise, porté d'un très ardent désir d'estendre le royaume de J.-Ch. et de le faire connoislre et adorer par tous les peuples de ce pays. Il se voyoit comme à la porte de ces nouuelles nations, lorsque, dez l'année 1670, il trauailloit en la mission de la Pointe du Saint-Esprit, qui est à l'extrémité du Lac Supérieur aux Outaoûacs. Il voyoit mesme quelquefois plusieurs de ces nouueaux peuples, desquels il prenoit toutes les connaissances qu'il pouuoit. C'est ce qui luy a faict faire plusieurs efforts pour commencer cette entreprise, mais toujours inutilement; et mesme il auoit perdu l'espérance d'en venir à bout, lorsque Dieu luy en fist naistre cette occasion.]
[En l'année 1672, M. le comte de Frontenac, nostre Gouverneur, et M. Talon, alors nostre Intendant, connoissant l'importance de cette descouuerte, soit pour chercher un passage d'icy jusqu'à la mer de Chine, par la riuière qui se descharge à la mer Vermeille ou Californie, soit qu'on voulût s'asseurer de ce qu'on a dit du depuis, touchant les deux royaumes de Theguafo et de Quivira, limitrophes du Canada, où Ton tient que les mines d'or sont abondantes, ces