CHAPITRE II
tilles] indispensables à tout voyageur dans la montagne : andrinople, verroteries, morceaux de cuivre, babioles de toutes sortes, chinoises ou allemandes, faites pour se préparer des amis et assurer un passage facile chez les sauvages.
18 février.
Départ de Bung-Miû.
Les préparatifs terminés, notre ami commanda les porteurs pour la marche sur Tra-My quand soudain un émissaire du résident nous apportait la dépêche suivante : « Résident de Quang-Ngain à comte Barthélémy, Bung-Miu-Tam-Ky : Apprends par M. Brizard comptez gagner Binh-Dinh par haut Song-Tracûk : région n'étant pas encore pacifiée, vous engage vivement passer par la ligne des Chan- Sautin-Nghiahanh. »
L'expédition s'annonçait difficile, mais nous l'avions prévu et savions quelles craintes inspiraient à la côte les régions mois. Tout en remerciant le résident de ces excellents conseils, nous décidâmes pourtant de pousser, malgré tout, vers
dans un coin de brousse et faire œuvre ulile sans bruit, produisant un travail eflicace.
Aujourd'hui Bung-Miû a pris de l'extension ; le rôve du pionnier s'accomplit, apportant sa fécondité & la colonie, mais il n'a pu profiler de son œuvre, et semble avoir été la victime exigée des dieux pour la prospérilé de ce que son activité et son courage avaient si bien mis sur pied.
le haut Song-Tracûk, où nous pourrions suivre la voie parallèle à celle du capitaine Gamier, dans une expédition récente.
Nous quittâmes Bung-Miii, emportant les vœux de notre ami Herbet, qui recommandait la prudence. Le pays était merveilleusement riche et cultivé; les plaines de rizières s'étendaient à droite et à gauche de la route avec de beaux villages dissimulés dans les massifs de bambous; on pouvait se croire près de la côte. Et nous comprenions l'importance de Fai-Foo, seul point relié à Tra-My par de bonnes routes.
Nous arrivions à Ban-Hanh, vers le milieu du
jour, où j'appris que notre cuisinier se tordait dans
les douleurs. Un peu d'élixir parégorique conjura des coliques violentes et peu après il reprenait son travail, se déclarant guéri. sublime effet de la science médicale en ces pays lointains! Cette cure inattendue nous valut bien vite une réputation de médecin célèbre au point que chaque jour la case ne désemplissait de lépreux de la contrée. Les antiseptiques étant pour ces pays un remède précieux et tous les cas de cette maladie désespérés, je me contentai de faire la distribution habituelle d'Eau de mélisse des Carmes. On ne saurait trop recommander aux voyageurs cette panacée, même dans les cas graves. Elle satisfait l'indigène, qui en apprécie la saveur