‹ Au paya MoíChapitre 71 sur 119 · CHAPITRE If · texte numérisé non relu

CHAPITRE If

matériels \ On peut ainsi diviser les voisins de la Mission :

Au sud et au sud-ouest, les Goelars^ sur un vaste plateau; populations assez farouches, qui cherchaient alors à se confédérer par petits Étals et pouvaient devenir dangereuses, s'arniant par elles-mêmes. Une d'elles attaqua et tenta de voler un télégraphiste chargé démission, M. Lacouture, avec qui j^avais été en rapport lors de mon voyage au Cambodge *.

A l'est les Khas, dont plusieurs étaient dévoués au Boc-Mao, très hostiles à notre pénétration.

Au nord-est, les Sedangs^ encore imparfaitement civilisés et vivant par groupes de villages indépendants.

Au nord et à Touest, les Bonam, populations douces et agricoles vivant par groupes isolés.

Quant aux Bahnars, ils étaient acquis à l'influence française à ce point que l'administration parlait à cette époque de leur faire payer l'impôt sous promesses des voies de communication 1 1 1

Au sud-ouest, enfin, se trouvent les Sadet, confédérés sous l'autorité du roi de Veau et du feu. Le roi du feu est nommé par acclamation, bien que

^ Certains chefs voulant se convertir ne purent le faire qu'après avoir obtenu l'assentiment du village, qui les suivit plus tard.

* Voy En Indo-Chine, CoeKinchinej Cambodge, Bas -Laos, Siamr méridionaU

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choisi dans la même famille, dans une lignée provenant des femmes. Il est gardien d'une épée mystérieuse qu'aucun Européen n'a pu voir. Au dire du P. G***, ce serait un sabre imparfaitement forgé, dont la légende est célèbre, et relatée dans les écrits de la mission Pavie * .

Cette superstition rend les Sadet inabordables; à moins que l'Européen n'ait plu au chef et qu'il n'ait partagé le riz sacré, il ne peut essayer de pénétrer sur le territoire sans risquer de se faire reconduire à la frontière.

Cupet traversa la région des Sadet; le résident de Quin-Nhône en fut repoussé.

Telles sont l'histoire et la situation géographiques de la mission des Bahnars, centre important de pénétration dont on a peut-être eu tort de ne pas assez se servir.

* Certains fonctionnaires du Laos prétendent que cette épée ne serait autre que le sabre du roi du Vien-Tiane, Cbao- Vanûck, battu par les Siamois. 11 aurait été donné aux Sadet comme un souvenir sacré et dans Tespoir de se les concilier pour faciliter leur pénétration jusqu'à la montagne d'Annam, pénétration qui, il y a quelques années encore, inquiétait grandement nos fonctionnaires du Laos. U ne faut pas oublier que les troupes siamoises eurent l'audace de s'avancer dans le Nord jusqu'à Ai-Lao et que les chefs siamois s'étaient préparé des voies jusqu'aux sommets des montagnes de l'Annam. La mission Pavie signala ces « raids » dangereux, qui ne sont plus à craindre, aujourd'hui que nous sommes solidement établis sur le Mékong. (M. Raquez dans son ouvrage Pages laotiennes.) L'existence d'une carte anglaise réduisait à la ligne de crête de l'Annam les limites de notre colonie, et sans l'énergie de nos officiers et fonctionnaires cette prétention ridicule se serait trouvée justifiée.

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