CHAPITRE II
Amsterdam, trouve plus avantageux de s'adresser en bloc aux exportateurs.
Llndo-Chine, sans doute, est encore loin de pouvoir fournir à la demande de la métropole ; mais jie pourrait-on pas faire quelques concessions? Il semblerait rationnel de favoriser toute industrie pouvant permettre de s'aflFranchir des marchés étrangers. C'est le principe même de la colonisation.
Avec le tabac et le riz de montagne, M. de M*** avait essayé quelques cannes à sucre ; mais les éléphants sauvages les avaient dévastées. Nous relevâmes dans nos chasses autour de Tanh-Vinh les traces d'un rhinocéros et de nombreux cerfs, véritable plaie des cultures dans ce pays.
Grâce à son obligeance nous fîmes quelques battues , dont Tune se termina tragiquement pour l'un de nos chiens, Black, qui avait souvent égayé nos périgrinations chez les Mois.
Un cerf acculé au débucher par nos traqueurs avait chargé furieusement M. C***, qui l'avait arrêté d'une balle ; les deux chiens partant au coup de fusil s'étaient jetés sur l'animal qui cherchait à se relever : d'une seconde balle M. C*** voulut l'achever; le projectile, traversant malheureusement la bête, atteignit Black et lui brisa net une patte; attiré par ses cris, j'eus peine à maîtriser l'émotion que me causait sa blessure.
Malgré tous les soins dont on l'entoura, il
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fallut le laisser chez le planteur. J'appris plus tard qu'il aUait mieux; mais, un mois après, un tigre l'enlevait sous les yeux de M. de M***.
Tel est souvent le sort des pauvres chiens de France que nous exportons au loin; eux aussi, parfois, payent un tribut fort cher à la colonisation et j'ai connu plus d'un maître attristé de la perte d'un compagnon fidèle auquel sa vie aventureuse l'avait très intimement attaché.
i" au4 avril.
Le Phû-Ten, Song-Gàn.
Avant de partir, M. de M*** avait obligeamment prévenu le résident de Phû-Yen de notre arrivée et voulut lui-même nous accompagner jusqu'à Vien-Kham. Le village nous parut s'adonner à L'élevage ; des petits bœufs, en troupeau, paissaient dans des pâturages naturels qu'il semblerait facile d'améliorer. Vien-Kham est la frontière des régions moïs et annamites ; il se fait quelque commerce entre les deux races et, comme toujours, peu à l'avantage des pauvres sauvages. J'ai constaté cependant que ces Moïs sont plus paresseux que ceux de Tra-My. Après enquête, je sus que ces races étaient fortement mélangées de Ghames; ces derniers, autrefois civilisés, ont apporté leurs défauts d'inactivité, mais ont rendu