‹ Au pays d'AlethChapitre 17 sur 82 · I ■:' .1 COI · texte numérisé non relu

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les comtes insurgés, restés Bretons de cœur et, disons-le, fatigués des exactions des conquérants, relèvent La tête et refusent de payer le tribut.

L'armée de Charlemagne marche alors contre la Bretagne vers 768 ; quinze ans avant, Pépin s'était di avancé jusqu'à Vannes. Les Français occupent militairement le pays jusqu'en 809, mais sont vaincus cette année-là.

Le vainqueur des Lombards et des Saxons ne peut rester sur une défaite ; il envoie une grande et forte armée qui s'empare à nouveau des Marches de Bretagne, sème partout la ruine et la désolation, brûle de fond en comble la ville d'Aleth.

Nous dirons plus loin que c'est surtout les Sarrasins que Charlemagne combat au pays d'Aleth.

Mais cette leçon suffisait au grand Empereur; ce ne lut pas en vain que l'évéque Hélocar1, trois ans plus tard, implora sa clémence ; il lui permit de relever les ni in, de son église, berceau de la foi aux bords de la Rance. Les chrétiens revinrent nombreux se grouper autour du pasteur, et, pour une fois encore, la ville d'Aleth ressuscita.

Le monumenl que l'évéque Hélocar lii élever sur les ruines de l'église détruite est le même dont nu voil aujourd'hui quelques restes à la Cité ; l'une des absid* forme la chapelle Saint-Pierre actuelle -.

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Hélas! c'était le chant du cygne pour la raillante Cité ; depuis peut-être un siècle nombre de ses habitants désertaient leur berceau pour l'île voisine, s'y fortifiaient, et, par la nature du terrain, pouvaient opposer une résistance plus efficace aux bandes du nord, qui de temps à autre continuaient à désoler ces parages.

L'antique Cité n'avait plus que de 1,000 à 1,100 âmes quand, au commencement du XIIe siècle, Jean de Chàtillon, évoque d'Aleth, transféra le siège épiscopal sur le rocher d'Aaron.

Quelques-uns pensent que Jean de Châtillon, continuant l'exode commencé par ses ouailles, voulait se mettre à l'abri des forbans. La véritable raison de ce transfert fut que ledit évêque voulut établir d'une façon immuable ses droits de possession sur l'église de Saint Main, dans laquelle Benoît, l'un de ses prédécesseurs, avait appelé Guillaume, abbé de Marmoutier, qui depuis lors s'en considérait le légitime possesseur.

C'est en vain que la ville d'Aleth lutta de longues années contre les conséquences inévitables de cet événement. La ville voisine, et nécessairement rivale, prenait un rapide essor; elle axait acquis, dès 1091, une certaine importance, puisqu'elle arma trois navires pour aller di'rendre Henri, fils de Guillaume le Conquérant, poursuivi jusqu'au Mont-Saint Michel par ses frères qui voulaient le dépouiller de ms états.

Cinquante années plus tard, en 1255, Aleth tit en parler d'elle. D'après un manuscrit latin, conservé jadis an couvent des Augustins d'Angers, on lisait que saint Louis, an retour de sa première croisade, tit presque

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Frotet de la Landelle nous dit que de ton temps on voyait encore les murailles de la nef et «lu chœur de la cathédrale, mais sans couverture, « à L'exception d'une chapelle du titre de Saint-Pierre. »

Le chanoine Doremet, dans son « Antiquité de La cité de Quidallet, » nous décrit la solidité de cette ville :

« Les fondements des murailles d'Aletfa étaient si solides et si bien maçonnez et cymentez, que ce qui reste du chœur de l'Eglise cathédrale est inébranlable. El n'en sçauroit-on qu'à grand peine arracher >< ulemenl une petite pierre, ny mesme de ce qui reste de la ceinture des murailles hors terre. Le saccagemenl en fui >i furieux qu'il n'y demeura chose aueune entière, fors Les parois du chœur, et presque demi-cercle de la tour qui estoit au bout de la cathédrale, où est encore Le bas de la montée par laquelle on alloit au clocher... »

« Voicy ce que le R. P. Dadier, carme (de Rennes), chanta véritablement en contemplant L'enclos desdites murailles à ce propos :

SONNKT

Me promenant sur la déserte place

VA sur le Roc où jadis a esté

De Quidalet L'ancienne ( Site,

L'estonnement se peindit sur ma Eaoa, Lors me disoifl à pari moy, tout ie passe,

VA n'y a rien Lcy bas d'arresi

De Quidalel rien n'est L03 resté,

Sinon des murs la ruineuse trace, .Murs que la eliaux, le sable et le ciment

Avoient ensemble, unis li fermement, Qu'ils t'ont enoor au Longtemps résistai

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