‹ Au pays d'AlethChapitre 3 sur 82 · MltMjllhT-. |.r«.ll\rlit ill.>M · texte numérisé non relu

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Cette seconde hypothèse explique la forme bizarre de certains récifs de nos côtes1, forme dont beaucoup ont tiré leur nom, et semble plus probable que l'idée émise, à la suite de l'abbé Manet, par de nombreuses personnes, attribuant le bouleversement de notre pays à une fatale marée qui se serait produite en l'année 709.

Voilà dix-huit siècles, Strabon professait déjà la théorie des mouvements du sol ; en notre siècle même, voici ce que proclame de Humbold :

« C'est un fait aujourd'hui reconnu par tous les géologues que l'émersion des continents est due à un soulè- \ t ni fii t effectif et non à un soulèvement apparent occasionné par une dépression générale du niveau des mers. »

Les terrains d'alluvions que l'on trouve au sommet du Mont-Dol et sur le haut du Mont-Garrot, en Saint- Suliac, pour ne citer que ceux-là, viennent à l'appui de cette hypothèse et la confirment.

M. Chèvremont, suivant l'opinion de M. Durocher, ingénieur des mines, croit, dans son remarquable travail sur les Mouvements du sol, que le déni vellein eut du golfe de Saint-Malo a été un mouvement d'ensemble du sol et non une marée extraordinaire. Aux temps tertiaires, ajoute ce savant géologue, l'altitude générale de la Haute-Bretagne sur la ligne de la Loire à la Rance devait être d'une quarantaine de mètres moindre que de nos jours.

1. l'n prêtre âgé. retire à Kothciieut' (deux lieues | l'est de Saint -Malo), a mi tirer parti des formes bizarres que prennent souvent les rochers. Avee quelques coups de ciseau, il a vit.- caractérisé L'idée que suscite la nie de tel bloc. Ceei rartonf originel.

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des épis, des brise-lames ont été construits là où la roche granitique ne formait pas une défense naturelle ; aux bords de la Manche, nous jouissons actuellement d'une sécurité, qui, ne l'oublions pas, ne doit être que relative, les catastrophes des mers d'Asie nous ayant démontré, récemment encore, que le sol ne saurait être immuable, et que ses mouvements nous réservent souvent de pénibles surprises.

Nous voulons encore nous arrêter sur un point très important, généralement négligé jusqu'ici : le changement de niveau des hautes mers, par suite des modifications des côtes, et nécessairement la différence de hauteur des marées en plusieurs endroits, par suite de la configuration géographique.

Expliquons brièvement ce phénomène.

Par suite d'un premier affaissement du littoral, la mer s'avance tout d'abord ; puis la presqu'île formant le département de la Manche se dessine de plus en plus, la mer rencontrant cet obstacle acquiert une force particulière qui la fait s'étendre dans les marais voisins, et, plus le golfe se creuse, plus la pression augmente.

C'est ainsi que depuis une centaine d'années les plus hautes mers sont ici à 13m60, tandis qu'à Brest et à Cherbourg elles ne dépassent pas 8 mètres.

Ce même phénomène se produit en petit, en Rance, à l'écluse du Châtellier ; la hauteur de la pleine mer y est plus grande qu'à Saint-Malo, d'une quantité de 12 à 45 centimètres, suivant l'importance de la marée.

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