DANS LA BAIE DE CANCALE ET DU MONT-SAINT-MICHEL
L'époque exacte à laquelle on peut faire remonter l'état actuel de notre baie ne saurait être fixée d'une façon certaine.
(( Nos côtes se sont évidemment modifiées dans la longue série des siècles qui nous ont précédés. Ici des forêts sous-marines, des monuments mégalithiques et des constructions romaines, habituellement couverts par la mer, se montrent au jusant des plus grandes mari et attestent un affaissement du sol. Là des érosions semblent avoir produit l'effet contraire l. »
1. M. Audren do Kcrdrol. Association bretonne, (onpivs do St- Servan, 1801.
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laissant comme trace de son passage des nageoires, d< dents, des yeux de poissons pétrifiés, dans les sablons, et des alluvions que, par suite de ce soulèvement, nous
trouvons aujourd'hui sur le Mont-Dol, sur le Mont-Garmt (72 mètres au-dessus des marées moyennes actuelles 1).
Les marais qui avoisinent Châteauneuf et Dol sont de beaucoup au-dessous du niveau des vives eaux. Quelques-uns croient que cette dépression correspond à un ancien estuaire où venait déboucher la Rance, à proximité de Châteauneuf, « et, à considérer la carte géolo* gique de Dinan, publiée par M. Ch. Barrois, on est porté à se laisser séduire par cette hypothèse 2. »
Nous admettons positivement cette opinion, et nous croyons que la Rance avait à peu près son lit actuel de sa source3 à Tablehon (aujourd'hui port Saint-Jean) ; à cet endroit elle devait être beaucoup plus large, formant la Mer des Druides (aujourd'hui la plaine de Mordreuc), et les marais actuels étaient un vaste estuaire séparant le territoire, qui depuis fut le Clos-Poulet, des forêts qui, entre la mer des Druides et le Couesnon. reliaient les prêtres de Bel aux druidesses du Mont- Belenus.
Le sol, se soulevant de plus en plus, refoula la mer ainsi que nous le disons plus haut, et la Rance, réduite de fleuve à rivière, se fraya un chemin à travers les 1er rains qui, au nord, la séparaient de la pleine mer, el se créa son lit actuel, mais de beaucoup moins important