‹ Au pays d'AlethChapitre 9 sur 82 · RANCE · texte numérisé non relu

RANCE

AVAHT

l*ENVAHI55CMENT Pli/ MER

Déric, qui nous dit que &68 eaux de la Hance étaient douces jusqu'à Aleth l.

Ses bords étaient ombragés dans presque tout son parcours par la forêt de Brécheliant ou Brocéliand, qui rejoignait près d'Aletli la foret de Cancaven, continuation de la forêt de Scissy, jusqu'à ce que la mer, par la suite des temps, étendant son domaine le long de nos rivages, leur donna cet aspect merveilleux qu'ils n'avaient peut-être pas alors.

Sur la présence de ces forêts, il est inutile de nous arrêter, leur existence ayant été surabondamment prouvé» •-.

Mais ce qu'il faudrait pouvoir établir, c'est l'époque de la disparition de cette forêt, par suite de l'envahissement et la part qu'y eut la marée de 709, tant maudite par l'abbé Manet et ses copistes.

Sur ce deuxième point, nous ne nous étendrons pas, ayant déjà combattu dans le précédent chapitre l'existence de ce cataclysme ; nous nous bornerons à faire observer que le « Roman d'Aquin :?, m reconnu très exact comme topographie, ne parle pas de cette « fatale marée, » fait d'autant plus singulier, que l'auteur a réuni dans 1Y puce de sept années 1758-1765) tûUS les désastres locaux de plusieurs siècle-.

Loin de là, il qous montre l'armée de Ghartomagne

passant à gué i la Hance, de Dinard à Aleth. 11 nous

décrit même ainsi ce passage :

i. Déric, t. 1. p. 96.

2. Voir « Dinard-Saint-Enogat, » par l'abbé» Mathurm. n (1rs pp. 29 et 30.

.*{. Voir le chap. V.

4. Non loin tir Dinard. en taco do la Cite, ost le villtgt de Lat/t/a/s. (V mot doit provenir do lu >/u>\ l'habitude des Dmnrdais

étant encore, voila qnelqnei années, de tout Mminiaer. Ex. : î.a prieuré pour le prieuré.

i( lié

I il.- lé un ar,

"nnent au gu«

08 raincus, l'awquittaol àletfa «i <i. a

it la Rai l< < li.ili.tri pou

lu mirable < il . -t qui . ainsi que l'a

si Jou m «I- I .. ... :.: r ,r •:• . . |».m iim I- Roman d'Àquin, »

i \ir \\ ' ['.ir un « 1ère

iitr.ulii -h.

-M'iiii.\ <|. Chaliari même me ftool qu> truj .ut aux h.-. |< .

a ré%um» ns qu'en .

tit |>a^ une

U na qu'au \li sièi le,

i; ■ ^u avaiêc

nt il pu « ette

• qu( Le r< marquable une

: •' ••• • ' -i « "i • '»nt< mplail < haque jour,

V envahissement progressif de la mer, par suite de la désagrégation des schistes.

Il est inadmissible que ootre bai»- se soit creusée aux mêmes temps que celle du Mont-Saint-Mielnl, < est-àdire vers le IVe siècle.

Hoël Ier, roi de Bretagne, aborde à Cézembre pour reprendre Aleth aux Frisons, en 513 l. Quelques ann< plus tard, saint Malo, débarqué miraculeusement à Ilarbour et ayant rejoint Aaroo sur son rocher, se rend quelques jours après à Cézembre, pour profiter dei instructions d'un saint prêtre nommé Festivius -.

Au IXe siècle, la célèbre ville de Tolente, — la Tyr armoricaine, — fut submergée3; De serait-ce pas en cette occasion que disparurent \r> premiers terrains de l'embouchure de la Rance, c'est-à-dire la bande de terre formant le delta de cette rivière et le littoral de Dinard. Car les marais des Bés et les plaines de I é zembre ne s'effondrèrent que plu-- lard.

L'abbé Manet nous apprend dans ses Grandes Recherches que « c'est en mars 1163 que la mer vint à Dol, après une forte marée qui couvrit également les marais de Cézembre. » 11 est bon d'ajouter que toutes les prairies ne furent pas submergées, car le même auteur nous dit autre part ' « qu'elles ne disparurent entièrement que dans l* intervalle de I \'2ï à 1438. » < < ci esl confirmé par un registre capitulaire cité par l'abbé

inaloiiin, dont un acte porte qu'en 1417 la dernière de

i. Daiu, Hisfoiiv de Bretagne, I. p. 149. -. Don Lobineau, Vie dei Beinti ii<i Bretagne. •'?. Kilo était rituel en Finiitère, à l'embouchure de PAber \ rac'h (Hant dei Cailloux).

Page 1