‹ Au pays d'exil de ChateaubriandChapitre 21 sur 128 · Essai, t. I, p. 5, note · texte numérisé non relu

Essai, t. I, p. 5, note

avertir, ne fût-ce qu'en passant, que, par « B. S. », il convient d'entendre Bence Sparrow'. 11 est vrai que, dans les Mémoires, les initiales mêmes sont biffées. L' « homme d'autant d'esprit que d'humanité » n'est plus que « le parson ou ministre de Recelés » : il est plongé dans l'anonymat définitif. Pourquoi? Qu'est-ce donc qui avait pu modifier à ce point, chez l'auteurdes^/e/^zoZ/'e^, lessentiments de l'auteur de V Essai? Ceci nous amène à rechercher quelles furent les relations ultérieures de l'ancien émigré avec son bienfaiteur de jadis. Et voici, quant à moi, ce quej'en ai pu découvrir.

1. Les initiales B. S. reviennent dans un autre passage de VEssai (t. I, p. 271), où Chateaubriand, après avoir tracé un portrait de Miltiade, le fait suivre de ce renvoi : « Voyez les différentes tètes de Miltiade en gemme. J'ai dessiné celle dont je me sers d'après une excellente collection d'estampes antiques, gravées à Rome en 166*3 sur les originaux, et que le Rév. B. S. a bien voulu me communiquer », Dans la réédition de 1826, Chateaubriand annote ainsi cette note ; « Portrait à la manière d'une mauvaise école. Je me montre plus rigoureux ici que les Athéniens, car, à la seule inspection des traits d'un grand homme, plus ou moins bien reproduits par la gravure, je déclare Miltiade un peu enclin à la tyrannie. Cela prouve que j'aurais fait pendre les tyrans sur la mine ». Mais, sur « le Rév. B. S. », même absence d'éclaircissement.

Les goûts d'art de Bence Sparrow étaient bien connus des artistes de la région : la collection Wilton Rix contient des gravures, principalement des vues de Beccles, qui lui sont dédiées. N'oublions pas, à ce propos, que la Lettre de Chateaubriand sur Vart du dessin dans les paysages fut, d'après la date qu'il lui attribue, composée pendant son séjour à Beccles, comme nous aurons occasion de le rappeler plus loin.

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