‹ Au pays d'exil de ChateaubriandChapitre 27 sur 128 · Dans la rue Derrière, aujourd'hui rue Chateaubriand · texte numérisé non relu

Dans la rue Derrière, aujourd'hui rue Chateaubriand

supposer que Chateaubriand, encore fidèle à cette époque aux amitiés de l'exil, avait eu la bonne pensée de lui adresser un exemplaire de son livre. Il n'en fut pas de même pour le Génie du Christianisme. La première édition française avait été mise en vente le 14 avril 1802, et nous voyous que, six mois après, le recteur de Beccles ignore qu'elle ait paru. Il ne semble môme pas qu'il soit au courant de la nouvelle attitude d'âme adoptée par son ancien hôte, puisque Chateaubriand éprouve le besoin de l'en avertir, en reprenant, sous une autre forme, le fameux : « J'ai pleuré, et j'ai cru ». D'où il résulterait que, depuis la fin de 1798, date probable de la crise religieuse de Chateaubriand, celui-ci aurait cessé toutes relations, même épistolaires, avec l'homme qui lui avait si libéralement ouvert sa maison, sa bibliothèque et sa bourse.

Il faut, en effet, que les avances d'argent consenties par le ministre anglais à l'émigré nécessiteux aient été assez fortes pour que Chateaubriand — qui, tout en ne se souvenant point de ce qu'il doit, a tout de même quelque vague idée de ce qu'il peut devoir — demande non seulement des délais, mais la faculté de s'acquitter en plusieurs termes. II devait, du reste, à d'autres ({u'à Bence Sparrow, si nous en jugeons par la seconde lettre qu'il lui adressait le 11 décembre 1802, et dont Kerviler, dans sa Bio-Bibliographie bretonne', cite d'après

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