Il avait été fellow de Caius Collège, à Cambridge
2. Elle parut à Norwich, en 1810, avec une dédicace «au Révérend Bence Bence », ua des trois patrons de l'auteur.
3. « J'avais... alors la rage du grec » [Mém. d'O.-l,, t. I, p. 196).
(i M. de Combourg » à son nom véritable « qu'aucun xVnglais ne pouvait prononcer ))*. Mais, sitôt que ce dernier nom fut connu de ses élèves, leur malice s'empressa d'en tirer parti : ils furent tout heureux de découvrir que « Chateaubriand », dans leur langue, donnait quelque chose d'analogue à Shatterbrain^ — « cerveau fêlé », — si bien que le french teacher fut définitivement baptisé du sobriquet de « Monsieur Shatterbrain », comme qui dirait : « Monsieur de la tète à l'envers >». Et, ma foi, vous eussiez pu tomber plus mal, ô jeunes espiègles de la Brigthley's et de la Fauconberge School ! Car il avait sa fêlure, certes, — une merveilleuse fêlure dont, par bonheur, il ne devait jamais guérir, — ce Shatterbrain à l'esprit absent, qui, tout en corrigeant vos tâches informes, écoutait déjà frémir en lui, avec les Natchez, avec Ataîa, avec René, la musique peut-être la plus enivrante où les songes des hommes se soient bercés.
Un calembour de collégiens, voilà ce que la tradition locale a surtout retenu de la carrière de Chateaubriand, professeur de français. 11 est vrai qu'il eût souhaité, quant à lui, d'abolir jusqu'à la mémoire de ses brèves expériences pédagogiques. Et ce n'est pas sa faute si elles sont, pour ainsi dire, spontanément remontées au jour, à travers l'ombre qu'il avait épaissie autour d'elles, du fond de l'oubli où il croyait les avoir scellées. Lui furent-elles donc si douloureuses qu'il eût voulu les effacer de