‹ Au pays d'exil de ChateaubriandChapitre 37 sur 128 · Expéditions d'enseignement · texte numérisé non relu

Expéditions d'enseignement

de celles que nos voisins d'Outre-Manche attribuent le plus communément aux étrangers encore novices dans leur langue. Chateaubriand est peutêtre le millionième à qui on la prête. Wilton Rix veut cependant qu'il ait été coutumier de ce quiproquo, et il en cite comme preuve le solécisme : « The gentleman who shall deliver » — (au lieu de will deliver), — contenu dans la lettre au docteur Davey dont nous avons publié le texte. Quoi qu'il en soit, il reste de l'aventure elle-même que le jeune professeur de français n'était pas un écuyer de premier ordre. Il sera bon de nous en souvenir, quand nous le suivrons à Bungay.

Si les promenades qu'il entreprenait de la sorte, pour gagner sa vie, la mettaient parfois en péril, il en retirait, à d'autres égards, un fruit singulièrement salutaire. Je ne parle pas des prévenances dont il était l'objet dans les familles de ses élèves. Il nelesacceptaitqu'avec une réserve ombrageuse, toujours sur le qui-vive, persuadé qu' « on se familiarise aisément avec le malheureux » et que celuici (' se trouve sans cesse dans la dure nécessité de se rappeler sa dignité d'homme, s'il ne veut que les autres l'oublient » ^ Puis, en plus d'une circonstance, il eut certainement à souffrir, non seulement dans sa sauvagerie native, encore exaspérée par le chagrin, mais aussi dans son inquiète susceptibilité de proscrit. Il estclair, par exemple,

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