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très près les chères, les nostalgiques images de son pays de Gorabourg. Ici, comme là-bas, c'était, il est vrai, « partout la même chose et le même aspect* ». Mais, ici, comme là-bas, cette monotonie môme, d'ailleurs infiniment nuancée, ne laissait pas d'être apaisante et douce. « L'Angleterre, avoue-t-il, était triste, mais charmante^ », — triste sans doute, parce qu'il la regardait à travers sesdispositions intimes qui ne se prêtaient guère à l'allégresse. Car la physionomie du Sufïolk n'est rien moins que mélancolique, et si le « merry Engkuid* » a jamais été de mise quelque part, c'est assurément en cette molle contrée verte, peuplée d'arbres, veinée de rivières, fraîche et riante à souhait.
Triste ou gaie, d'ailleurs, il n'importe. Chateaubriand lui fut, tout compte fait, redevable des jouissances qui pouvaient le mieux endormir ses regrets de banni, exalter son cœur de Breton et de poète : n'y était-il point comme enveloppé par la grâce toujours neuve, la beauté toujours émouvante des ciels, des eaux et des bois? Nous avons là-dessus son témoignage direct, car il n'y a pas à nier qu'elle fut écrite à Beccles, — le soir de quelque chevauchée scolaire, sous la dictée immédiate des paysages semi-terrestres, semi-marins du Suffolk, — cette page si fervente de l'Essai, dans le célèbre chapitre : « Aux infortunés* ».