‹ Au pays d'exil de ChateaubriandChapitre 47 sur 128 · Les Natchez, t. I, préface, p · texte numérisé non relu

Les Natchez, t. I, préface, p

2. Elle forme le « chapitre lvii et dcruier » de l'Essai sur les Révolutions.

prendre place dans la « grande vue du Canada », et qui forme comme le finale magnifiquement orchestré de Y Essai. Nul doute que le morceau ne fût terminé — il fut même imprimé, probablement — dès le printemps de 1795, s'il est exact, comme le rapporte Sainte-Beuve*, qu'à la date du 6 avril l'auteur en faisait parvenir à Paris soit une copie, soit une épreuve, à l'adresse de Rœderer, « alors journaliste des plus actifs et des plus estimés ».

Quant à VEssai lui-même, je serais volontiers d'avis qu'il appartient presque tout entier à la période de Beccles^ Je l'ai quelque peu montré, je

1. Chateaubriand et son groupe litléraire, t. I, p. 176, note 1.

2. C'est aussi bien ce qu'il nous fait entendre lui-même, à deux reprises, dans VEssai.

On lit, en effet, au début de la Notice qui sert d'avant-propos à l'ouvrage (t I, p. xlix) : « Depuis quatre ans, retiré à la campagne, sans un ami à consulter, sans personne qui pût m'entendre, le jour travaillant pour vivre, la nuit écrivant ce que le chagrin et la pensée me dictoient, je suis parvenu à crayonner cet Essai. » Deux pages plus haut, dans le Prospectus, il réduit, il est vrai, ce terme de <c quatre ans n a «trois années d'études » ; mais ces trois années suffisent à embrasser le séjour de Beccles et de Bungay.

D'autre part, on lit, au même tome, p, 197, note 2 : a Tandis que je préparois ceci pour la presse. M, Peltier m'a fait le plaisir de me communiquer un livre qui m'auroit épargné bien du travail si j'en avois connu plus tôt l'existence. Ce sont les Soirées littéraires, qui s'étendent depuis le mois d'octobre 1795 jusqu'au mois de juin ou juillet 1796. Les traductions élégantes qu'où y trouve eussent servi d'ornement à ces Essais, en même temps qu'elles m'eussent sauvé la fatigue de traduire

crois, en reconstituant ci-dessus, avec des extraits empruntés à l'ouvrage, les épisodes les plus significatifs de la vie du jeune écrivain à cette époque et dans cette région. Que ce n'est point là une reconstitution purement hypothétique, j'en ai pour garant son propre témoignage, puisque, en marge de ce chapitre : « Aux infortunés », d'où j'ai tiré la plupart de mes inductions, il a pris soin de noter, dans V Exemplaire confidentiel ' : « Ici j'ai peint toute ma vie en Angleterre ». Habemus confilenlem. Car il ne dit pas : « à Londres » ; il dit : « en Angleterre » ; et la seule Angleterre où il ait vécu, ce qui s'appelle vécu, c'est, en dehors de Londres^ le Suffolk, c'est-à-dire Beccles, — Beccles et Bun-

Xous avons vu ce qu'il doit à Beccles : il nous reste à voir ce qu'il doit à Bungay.

noi-même. Ceci n'est qu'un des plus petits inconvénients où 'on tombe à écrire loin des capitales et dans un pays étranger ».

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