‹ Au pays d'exil de ChateaubriandChapitre 71 sur 128 · Je liens le renseignement de M, Dick · texte numérisé non relu

Je liens le renseignement de M, Dick

M. Child, ami sans doute de la famille Ives, l'idylle de Bungay serait née de toutes pièces dans l'imagination de l'ancien émigré, laquelle — il faut bien en convenir — n'était que trop prompte à ce genre de mirages. Qui ne sait la prodigieuse disposition de Chateaubriand à se forger des amours idéales ? Les femmes dont il s'est fait aimer en rêve ne sont pas moins nombreuses que celles qui l'aimèrent en réalité. Les « sylphides » et les « démones » ne demandaient sans cesse qu'à jaillir du cerveai de ce Jupiter. Ses jours et ses nuits de Gombouq en furent peuplés. Il en sema les forêts de rAmé* rique, celles-là surtout qu'il ne visita jamais.

Témoin l'épisode des deux « Floridiennes ))j auquel nous avons déjà fait allusion^. Il n'en esj pas de plus typique ni qui marque davantage quel point l'esprit de Chateaubriand subissait h tyrannie de ses propres fictions. Ces deux filles de son génie n'avaient eu d'existence tout d'aborc que dans les Natchez, où, sous les noms de Célutî et de Mila, elles se disputent le cœur de Renéj Mais, soudain, les voici qui, des pages du poèmeJ se glissent dans la vie du poète. Chateaubriand leî avait prêtées à René; René, par un échange d( bons offices, les a rendues à Chateaubriand, qui les retrouve en Floridiennes, à cinq cents lieues deî Florides, sur les rives d'un fleuve qu'il n'a pas vu, dans une région où il n'est pas allé. Qu'on n( s'étonne pas si j'évoque leur souvenir à propos d<

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