‹ Au pays d'exil de ChateaubriandChapitre 72 sur 128 · Cf. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Cf. ci-dessus, p

Charlotte. C'est Chateaubriand lui-même qui nous y convie : « J''avais paré les Floridiennes, je n'aurais pas osé relever le gant de Miss Ives' ». Mais si cependant l'histoire de l'une méritait aussi peu de créance que celle des deux autres?...

J'avoue que j'ai été un moment sur le point de le penser, mis en garde contre le récit des J/emoires non seulement parla lettre de F. S. Basden à Wilton Rix, mais plus encore peut-être par la lettre de Chateaubriand au docteur Davey'. Chateaubriand, dans cetle lettre, parle, si l'on s'en souvient, de rentrer à Beccles aussitôt après la publication de VEssai. Y eût-il songé avec cette sérénité de conscience, si la version àe^ Mémoires était exacte et qu'à la suite du déplorable malentendu de Bungay il eût, en effet, dû fuir en hâte, (( comme un malfaiteur devant son crime^ »? Joignez que ce qu'il envisage dans ce retour à Beccles, c'est le retour aussi à la calme vie de province, c'est la paix, c'est le repos, c'est le rétablissement de sa santé de nouveau chancelante. Mais, à ce compte, il eût donc choisi pour s'aller mettre au vert des parages encore tout émus de sa récente escapade, et où les convenances les plus élémentaires, à défaut de ses remords, lui faisaient un devoir de ne ne plus reparaître? Etait-ce croyable, et n'était-il pas plus légitime d'iniérer de sa lettre

Page 1