‹ Au pays d'exil de ChateaubriandChapitre 89 sur 128 · Les Natchez, t. I, p · texte numérisé non relu

Les Natchez, t. I, p

à coup des pudeurs, des effarouchements que l'écolière avait ignorés : elle se montra « plus réservée )), cessa d'apporter des fleurs, « ne voulut plus chanter* ».

Cependant, le french teacher entrait en convalescence. Le moment approchait où il serait en état de reprendre ses foactions à Recelés. Il n'en était nullement pressé, ni non plus les Ives. Ils s'étaient accoutumés à Tavoir près d'eux, à le considérer comme un des leurs. Quant à lui, c'est avec un déchirement de toute l'âme qu'il devait envisager la perspective de la séparation. N'étaitce pas le temps où il écrivait dans YEssai^ :

Une vie heureuse n'est ni un torrent rapide, ni une eau léthargique, mais un ruisseau qui passe lentement et eu silence, répétant dans son onde limpide les fleurs et la verdure de ses rivages 1

Cet idéal de félicité, dont il semble avoir emprunté l'image au cours paisible de la Waveney, il lui avait été donné de l'entrevoir durant ces quelques semaines de claustration, comme dans une éclaircie entre deux bourrasques. Et voici que la radieuse trêve était sur sa fin ! Ne nous étonnons pas s'il la prolongea le plus qu'il put, avant de se replonger dans l'horreur de l'isolement, de la tempête et de la nuit :

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