‹ Au pays d'exil de ChateaubriandChapitre 88 sur 128 · Mala, p · texte numérisé non relu

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de tromper une Indienne' ». N'oublions pas qu'elle avait quinze ans^ l'âge de Juliette, — que c'était la première fois qu'elle entendait la chanson de Roméo, et de quel Roméo! Où l'eût-elle rencontré dans son entourage, le jeune homme capable de lui parler avec cette éloquence irrésistible « le langage des blancs » ? La conclusion de l'entretien fut apparemment la môme à Bungay que sur la savane d'AIachua :

(( — Quoi! m'écriai-je, vous m'appelez voire jeune ami! Ah! si un pauvre esclave... « — Eh bien! ditelle, eu se penchant sur moi, un pauvre esclave... )) — Je repris avec ardeur : « Qu'un seul baiser l'assure de ta foi! » — Atala écouta ma prière : comme un faon semble pendre aux fleurs de lianes roses, qu'il saisit de sa langue délicate, dans l'escarpement de la montagne, ainsi je demeurai suspendu aux lèvres de ma bien-aimée*. »

Dorénavant, pour peupler la solitude de son cœur. Chateaubriand n'était plus dans la nécessité de se créer de chimériques amantes : il était aimé d'un être de chair et d'os. C'est, je pense, ce que signifie la phrase un peu énigmatique des Mémoires* : « Les songes de ma vie commencèrent à fuir devant la réalité ». René « essaya » de même, en s'attachant à Céluta, « de réaliser ses anciennes chimères* ». Chez Miss Ives, la jeune fille eut tout

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