‹ Au pays d'exil de ChateaubriandChapitre 93 sur 128 · Ihid., p · texte numérisé non relu

Ihid., p

180 AU PAYS d'exil de cdateaubriand

ombres* ». C'était la « solitude enchantée » dont parle Chactas^ Elle devait se fixer dans le souvenir de Chateaubriand comme le décor suprême de la seule passion vraie et profonde qu'il eût jamais ressentie. Feuilletez les dernières pages d''Atala. Voici « le cimetière des Indiens de la mission, ou les bocages de la mort » :

Un ruisseau serpentoit sans bruit au milieu de ces bocages, et on l'appeloit le ruisseau de la paix. Ce riant asyle des âmes étoit fermé à l'orient par le pont sous lequel nous avions passé... Il ne s'ouvroit qu'à roccident, où s'élevoit un grand bois de sapins, dont les colonnes rouges, marbrées de vert, formoient un magnifique péristile à ce temple de la mort'.

Il n'y a pas un détail de cette topographie si précise qui ne se puisse rapporter directement à l'enclos de S' Margaret. Rien n'y manque, ni le bouquet de pins où règne a sans cesse un bruit solennel comme le mugissement de l'orgue )), ni les eaux silencieuses du « ruisseau de la paix », ni même le pont rustique que l'on franchit pour gagner la cure, — encore que le poète Tait américanisé, en le donnant pour une de ces arches naturelles dont John tvea peut-être lui avait signalé l'existence dans les montagnes de la Virginie. — C'est, on s'en souvient, sous la voûte de cette arche qu'il fait creuser à Chactas la sépulture

Page 1