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lites, les actes de partage, sont autant de matières dans lesquelles il a le droit d'exercer son ministère. Seulement, son assistance n'est jamais obligatoire pour les parties, qui peuvent se substituer, même à la barre, soit un parent, soit un tuteur, soit un domestique, soit un particulier quelconque, et son salaire, qui n est déterminé par aucune disposition législative, est entièrement laissé à l'appréciation de ses clients.
Les avocats sont nommés par le ministère de la justice. Ils sont divisés en trois classes, correspondant aux trois degrés de juridiction : ceux qui sont attachés aux tribunaux de première instance, et dont on n'exige que le brevet élémentaire en droit, ceux qui sont inscrits aux tableaux des Cours d'appel et de la Cour suprême, et qui doivent être munis du diplôme supérieur.
La Constitution prévoit plusieurs réformes importantes à introduire dans cette organisation. Il est question d'opérer entre les pouvoirs administratif et judiciaire une ligne de démarcation plus nette, de créer, en matière pénale, un poste de procureur du roi, d'appliquer d'une façon générale à toutes les affaires criminelles l'institution du jury, actuellement réservée aux procès d'homicide, où le juge de première instance doit faire appel aux lumières de quatre citoyens, d'établir enfin une procédure publique et orale en remplacement de la procédure écrite, qui est seule usitée jusqu'à présent; mais aucun de ces projets n'a encore reçu de commencement d'exécution.
Quelque intéressantes que soient, par la simplicité et la symétrie de leur ordonnance, les institutions dont nous venons de dresser la rapide esquisse, quelque fructueuses comparaisons qu'elles provoquent avec celles des pays voisins, elles n'offrent pourtant pas, à vrai dire, de détails bien significatifs. Elles ne tranchent pas d'une manière assez sensible sur l'ensemble des régimes actuellement en vigueur dans le monde civilisé, pour dénoter de la part du peuple qui se les est imposées un tempérament singulier ; elles n'ont donc pas, par une réci-
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procité toute naturelle, influé beaucoup ni sur son caractère, ni sur son développement.
En matière d'enseignement, au contraire, les États Scandinaves se sont non pas séparés, mais distingués, en les devançant, de la plupart des autres. Nulle part, la proportion des illettrés n*est aussi faible, et, s'il est vrai que ce soit à ses pédagogues que l'Allemagne soit redevable de ses succès, il n'est pas moins juste de convenir que c'est l'instituteur aussi qui a façonné l'âme danoise. L'instruction élémentaire, qui n'est obligatoire chez nous que depuis les récentes lois scolaires, l'est depuis 1 8 14 en Danemark. Tout enfant qui ne la reçoit pas dans sa famille à un degré suffisant est tenu de suivre les cours d'un établissement officiel de sept à quatorze ans. Dans les écoles gratuites, l'enseignement quotidien dure une demi-journée et comporte l'étude de la lecture, de l'écriture, du calcul, du catéchisme, de l'orthographe, de l'histoire, de la géographie, des sciences naturelles, du chant et de la gymnastique ; dans les écoles payantes, il dure une journée entière, et en outre de ce programme, auquel s'ajoutent, pour les filles, les premières notions de la couture, il s'étend au dessin linéaire, à la physique et à la langue allemande. Le nombre total des écoles primaires est de près de six mille : à Copenhague, seulement, il en existe huit payantes et dix-sept gratuites.
L'enseignement secondaire est distribué dans douze lycées, qui comprennent chacun six classes d'un an, et dans plusieurs collèges privés qui préparent comme eux au baccalauréat.
Le principal centre d'enseignement supérieur est l'Université de Copenhague, inaugurée le 1" juin 1479, qui compte quarante-neuf professeurs, répartis entre les cinq Facultés de théologie, de droit et d'économie politique, de médecine, de philosophie, de mathématiques et sciences naturelles, et treize cents étudiants ou étudiantes, car les femmes, encore qu'elles y soient peu nombreuses jusqu'à présent, sont
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admises à s'inscrire aux conférences et à briguer les diplômes. Les cours, qui sont publics, sont aussi en général gratuits. L'Université tire ses ressources, soit de ses biens immobiliers, soit des legs qu'elle a reçus, soit des fondations, dues pour la plupart à la munificence des rois, dont les revenus sont affectés à l'entretien des jeunes gens pauvres. A côté de cette institution, il en existe d'autres, plus ou moins étroitement reliées avec elle, telles que l'École polytechnique, l'École vétérinaire et agricole, l'École technique, les Écoles militaires. L'État possède encore vingt et une écoles normales ou séminaires, destinés à la formation et à la préparation des instituteurs et institutrices primaires.
Les élèves des écoles d'enseignement spécial ou des lycées et collèges, qui ont subi avec succès l'examen réal pour les premières, le baccalauréat pour les seconds, ont seuls droit à l'immatriculation sur les listes de l'Université ; ils sont astreints en outre, au cours de leurs études, à deux épreuves, l'une au début, l'autreà la fin. La Faculté de théologie confère les grades de licencié et de docteur; les quatre autres ne délivrent que celui de docteur. Pour y être admis, il faut avoir été préalablement reçu à l'examen définitif spécial, présenter une thèse sur un sujet original et la soutenir oralement ; dans quelques cas exceptionnels, le diplôme de docteur peut être décerné à titre honorifique.
Telles sont, dans leurs grandes lignes, les institutions fondamentales du Danemark. 11 y aurait sans doute bien des remarques curieuses à faire, bien des détails précieux à signaler sur une foule d'autres points, sur l'organisation de l'assistance publique et privée, sur la législation ouvrière, sur les établissements d'épargne et de prévoyance. Nos lecteurs, à qui nous nous reprochons déjà d'avoir imposé une fatigue excessive, nous pardonneront de ne pas nous aventurer sur un terrain où nous courrions le risque de les entraîner trop loin. Qu'il leur suffise de savoir, ainsi qu'ils le soupçonnent déjà, que le Danemark s'est
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largement inspiré, dans ces différentes questions, comme dans les précédentes, de l'exemple des pays étrangers, sans pousser toutefois cette imitation jusqu'au servilisme, et qu'il est même arrivé souvent à des solutions plus satisfaisantes.
L'amélioration du sort des classes laborieuses n'a pas plus échappé à sa sollicitude qu'à celle des autres États de l'Europe; dans la loi du 9 avril 1 89 1 , sur la création des retraites pour la vieillesse, il a trouvé le moyen de copier l'Allemagne, sans verser avec elle dans l'ornière du socialisme. Aussi bien, le gouvernement n'a-t-il pas été entraîné à exagérer autant que dans certains pays le rôle de Providence que les doctrines nouvelles prétendent lui attribuer. Le Danois se sent beaucoup moins disposé que le Français à se considérer comme un enfant, et à réclamer pour marcher l'appui tutélaire mais oppressif d'une lisière. 11 a assez de vigueur et de bon sens pour se diriger seul et pour régler son éducation à sa guise. Les cinq cent quarante Caisses d'épargne, qui servent à leur clientèle un intérêt moyen de 3,22 0/0, lui permettent de préparer et d'assurer, par les ressources du présent, sa subsistance dans l'avenir. Nous n'avons pas vérifié l'exactitude des statistiques, d'après lesquelles les dépôts d'argent se monteraient dans ces établissements à 160 francs par tête d'habitant; tandis qu'ils ne seraient que de 50 francs en Angleterre : il est en tout cas incontestable que l'économie est une vertu nationale et que le paupérisme est inconnu en Danemark.
Les qualités sérieuses de ce peuple facilitent singulièrement, au point de vue social, la tâche de ceux qui président à ses destinées : elles ne la simplifient pas moins, au point de vue politique. Il n'est pas à dire que les théories avancées ne comptent de nombreux représentants dans la masse électorale. Le socialisme, qui s'y est manifesté, il y a longtemps déjà, sous la forme d'une agitation agraire très vive, tendant au rachat par l'État des grandes propriétés foncières, et à leur
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partage entre les paysans, constitue aujourd'hui un parti uni, compact, discipliné, disposant d'une vingtaine de voix au Rigsdag, et englobant dans son sein, avec l'élément rural, toute la fraction ouvrière de la population ; mais la majorité du pays ne pactise pas avec lui. Un homme d'État célèbre a défini l'opinion moyenne de la France, en disant qu'elle était centre-gauche; le mot s'applique au Danemark avec une égale justesse. La Gauche radicale a deux organes importants à Copenhague : la Politique et le Démocrate social; la Droite en a cinq : le Berlingske Tidende, le Dagsblaiet, le Nationaltidende, le Oagens Nyheder et XAvism; le Dannebrog, qui représente les principes de modération, les dépasse tous par son tirage quotidien de douze mille numéros.
Quelque ardentes que soient du reste les revendications des partis, elles se traduisent rarement en pratique par des mesures violentes, et la lutte opiniâtre qui se poursuit entre libéraux et conservateurs n'a presque jamais franchi les limites du terrain pacifique des doctrines. Le ministère qui vient de tomber assez inopinément, il y a quelques jours, détenait le pouvoir sans interruption depuis le 1 1 juin 1875, c'est-à-dire depuis dix-neuf ans. Un tel exemple de stabilité n'a rien qui puisse surprendre beaucoup, partout ailleurs que dans notre bienheureux pays, où trente-deux cabinets se sont déjà succédé en moins de vingt-quatre ans : il est particulièrement significatif en Danemark. M.Estrup qui dirigeait le gouvernement s'est en effet exclusivement appuyé, tant qu'il est demeuré aux affaires, sur les trente et un députés qui corn-
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posent, au Folkething, la majorité conservatrice. II serait exagère de croire que ses fonctions fussent une sinécure. Les résistances qu à rencontrées son administration l'ont obligé à dissoudre les Chambres à plusieurs reprises; pendant neuf ans, sur le refus systématique de la majorité d'examiner ses projets financiers, il a dû promulguer, à coups de décrets, des budgets provisoires et inconstitutionnels: l'ordre et la tranquillité publique n'en ont nullement souffert. L'imperturbable énergie avec laquelle il a persévéré dans sa ligne de conduite a fini par décourager une opposition platonique, dont ses adversaires se faisaient peut-être un jeu plutôt qu'une arme contre lui : on est convenu que le temps consacré à ces discussions oiseuses gagnerait à être mieux employé; la Gauche modérée s'est décidée à composer avec la Droite, et, pour la première fois cette année, le budget a été régulièrement voté.
Est-ce pour sceller ce traité de paix que M. Estrup s'est retiré ? A-t-il jugé sa tâche accomplie et le sacrifice de sa personne nécessaire au succès de la politique que devra fatalement imposer le nouveau groupement des partis? Le souverain, en maintenant dans leurs fonctions la plupart de ses collaborateurs, et en lui donnant pour successeur à la présidence du Conseil M. de Reedtz-Thott, l'un d'eux, semble bien avoir voulu marquer qu'il n'entend pas imprimer une orientation sensiblement différente à la marche du gouvernement. L'acceptation de la démission de M. Estrup a pu être une concession de sa part : ce n'est pas une capitulation.
II est à noter du reste que, tant qu'a duré cette guerre d'escarmouches, le pouvoir exécutif, pour employer le jargon inventé par nos journalistes, ne s'est jamais fait scrupule de ne pas se découvrir. Le roi a soutenu, sans faiblir un instant, les ministres de son choix : il n'y a rien perdu de sa popularité. La fermeté qu'il a déployée en cette occurrence ne lui a pas plus aliéné l'affection de ses sujets, que les douloureuses défaites de 1864 ne l'avaient privé de leur confiance.
Le concours de circonstances qui avait porté l'un de ses fils au trône de Grèce, les alliances heureuses qui avaient appelé l'une de ses filles à la couronne de Russie, l'autre à la couronne d'Angleterre, et avaient fait de lui le chef des plus grandes familles souveraines du monde, leur avaient inspiré en sa faveur trop d'estime et de reconnaissance, pour que le malheur altérât leurs sentiments de fidélité. L'inconstance de la fortune, en paralysant ces nobles efforts lors de cette crise douloureuse, le leur avait rendu plus cher encore. Aussi ne se sont-ils pas mépris sur les mobiles qui l'ont dirigé au cours de ce conflit avec la représentation nationale.
Ils savent que dans cette question des fortifications de Copenhague, qui a été la pierre d'achoppement du cabinet Estrup, et qui a déchaîné contre lui les fureurs de l'opposition, le roi Christian n'a pris conseil que de son patriotisme, que le souci de placer désormais sa capitale à l'abri d'une surprise l'a seul déterminé à se mettre en travers de leur volonté, et tout en jugeant inutiles ces armements dispendieux, qui ont déjà absorbé plus de quarante millions, ils rendent hommage à ses bonnes intentions.
Et puis son gouvernement, malgré les allures dictatoriales qu'il s'est parfois données, est, atout prendre, si paternel, si libéral encore, .si prudent et si sage, en si parfaite communauté de vues, dans ses relations extérieures, avec la majorité de la nation! La correction de son attitude offre, à ce dernier point de vue, un si saisissant contraste avec la diplomatie cauteleuse du roi de Suède, son voisin ! Certes, nous ne nous dissimulons pas les difficultés de la tâche qui incombe à un souverain tel que Oscar II, les prodiges d'adresse et d'habileté qu'exige le maintien de l'équilibre entre des peuples aussi dissemblables que ceux auxquels il commande. Nous n'ignorons pas qu'il y a ou qu'il devraity avoir deux hommes en lui, celui qui, en sa qualité de successeur de Gustave-Adolphe, habite le majestueux palais élevé à Stock-
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holm.sur les bords du lac Mâlar, et celui que les rigueurs de la constitution norvégienne obligent à accepter , pen dant quelques semaines chaque année ,
dans la résidence mesquine de
Christiania ou dans le petit château de plaisance situé à
proximité de cette ville, une hospitalité qui paUbryniùsTocktoim. ressemble presque à une captivité, celui
qu'une hérédité d'adoption a librement choisi pour chef d'une des nations les plus aimables et les plus policées du globe, et celui que les droits de la conquête ont imposé à une poignée de paysans impatients de secouer son joug. Il n'en est que plus curieux de relever les contradictions de goûts qui distinguent les deux monarques.
L'un est le petit-fils de Bernadotte ; tout l'incline à une alliance avec la France démocratique, son extraction plébéienne, le sang qui coule dans ses veines, les traditions séculaires de sa politique nationale. A en juger par les livres qui ornent la bibliothèque de son cabinet de travail et au milieu desquels nous n'avons pas été peu surpris de distinguer
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le recueil de Souvenirs amciotiques d'Albert Tournier sur Gambetta, on est fondé à croire qu'il suit de près nos luttes, nos travaux, nos progrès. S'il est obligé de choisir entre les sympathies françaises des Suédois, si fermement attachés à sa dynastie, et les tendances allemandes des républicains de Norvège, il semble que ses intérêts comme ses instincts ne lui permettront pas d'hésiter : c'est lui pourtant qui, reniant, à l'exemple de son aïeul, son pays d'origine, se jette avec transport dans les bras du despote prussien.
L'autre est un prince de vieille race, dont les ancêtres ont,
Résidence royale d'Oicanhall
durant deux siècles, exercé le pouvoir
absolu. De son union avec nous, aussi loin qu'on remonte
dans le passé, sa patrie n'a recueilli que des déboires et des humiliations.
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Knud VI, le premier qui cherche à nouer une alliance entre les deux pays, donne sa sœur Ingeborge en mariage à Philippe-Auguste ; mais ce prince la répudie, la contraint par ses. mauvais traitements à se réfugier dans un couvent, et ne consent à la reprendre, au bout de seize ans de séparation, que sur les instances, presque sur les ordres du Souverain Pontife.
Eric V se rend au Concile de Lyon en 1 274, pour demander au pape Grégoire X sa médiation dans la querelle qu'il entretient contre l'évêque Erlandsen; il y réussit, mais il est obligé de renoncer pour l'avenir à son droit d'investiture des prélats.
Christian I" conclut avec Charles VII, le 28 août 1456, un traité que Jean I" renouvelle trente-deux ans plus tard avec Louis XII, et par lequel le roi de France s'engage à secourir le Danemark en cas d'attaque; François I", qui espère se faire de Christian II un auxiliaire contre Charles-Quint, lui envoie d'abord, en 1520, deux mille de ses fantassins, pour l'aider à combattre la Suède; mais lorsque, en 1538, il a signé la paix pour son propre compte, il rompt ses engagements et abandonne Christian III au ressentiment de l'empereur.
Frédéric II, en 1 560, envoie des ambassadeurs à la cour de Charles IX, pour sceller de nouveau les anciens pactes ; mais Richelieu qui a repris l'idée de François I" et qui, en août 1624, au début de la guerre de Trente Ans, a amené Christian IV à signer le traité de Paris, c'està-dire à se liguer avec les puissances du Nord contre la maison d'Autriche, se tourne tout à coup du côté de Gustave-Adolphe, et enlève au Danemark, pour la donner à la Suède, son ennemi héréditaire, la direction du parti protestant, en Allemagne.
Christian VIII reste obstinément lié à la fortune de Napoléon ; mais le bombardement de Copenhague et la capture de sa flotte par l'Angleterre en 1807, la perte de la Norvège en 1814, sont le prix de sa constante fidélité.
Dans la période contemporaine enfin, Christian IX, confiant dans la garantie que la France a donnée à son pays dès 1 72 1 , pour la paisible possession du Slesvig, s'adresse à elle en 1864, pour repousser les prétentions de la Prusse sur ce duché; mais ia France ne répond pas et le Danemark est vaincu.
Une si lamentable expérience, dont il a souffert plus cruellement que ses prédécesseurs, aurait dû désabuser le roi actuel et le détacher de notre cause. Il n'a rien à attendre de nous et il a tout à redouter du puissant empire, qui, après avoir amoindri ses États, songe à les absorber un jour : c'est lui pourtant qui nous garde encore discrètement sa foi, et qui, en jetant peut-être, dans ses silencieux entretiens avec le Tsar, son gendre, les germes de l'alliance franco-russe, prépare nos futures revanches.
Le cœur, a dit Pascal, a ses raisons que la raison ne peut connaître. L'affinité qui existe entre la race danoise et la nôtre a triomphé des rancunes éphémères qui les auraient éloignées l'une de l'autre, et la communauté du malheur a achevé de les rapprocher, en attisant dans leurs âmes les mêmes haines, en les berçant des mêmes espérances.
Ce n'est pas seulement du reste parce que la France l'a illuminé durant des siècles du rayonnement de son génie, que le Danemark continue à tourner vers elle ses regards comme vers un phare étincelant ; mais parce qu'il l'a vue directement à l'œuvre sous une forme palpable et vivante, parce qu'elle s'est révélée à lui dans les manifestations de ses plus belles et plus pures vertus, dans l'exercice de la charité.
Le terrain ne s'est pas offert sans doute tout d'abord, avec des apparences très favorables, à cette culture délicate. Quoique l'intolérance n'ait jamais été aussi grande ici qu'en Suède, où la liberté confessionnelle date seulement de 1860, quoique Christian V, dès 1680, ait autorisé l'érection à Gluckstadt d'une chapelle du rite romain, le culte catholique a presque disparu pendant trois cents ans, sous les coups du