AVANT-PROPOS
« Je ne fais point de doubte qu'il ne m 'advienne souvent de parler de choses qui sont mieulx traitées chez les maistres du métier. »
Montaigne.
En 1 858, la Société académique des Hautes-Pyrénées, avec un entrain que nous voyons se renouveler, faisait tenir à « MM. les maires, curés, instituteurs et personnes notables du département » un Questionnaire archéologique. « Ressusciter les souvenirs des gloires passées ; dérober aux ruines et à l'oubli les monuments de la Bigarre ; mettre en lumière tout ce qui peut concourir au développement de nos contrées, » tel était le but poursuivi, Tout devait être consigné dans les rapports, tout jusques aux contes de fées.
Cette consultation si opportune, si elle ne donna pas les résultats qu'on était en droit cTespérer, provoqua néanmoins nombre de communications intéressantes.
Parmi les correspondants, il en est qui signalèrent le dépôt au château d'Ozon de documents relatifs à L'histoire du pays. Ces titres et papiers ont été mis à ma disposition par la bienveillance de la famille d'Exéa, et on peut se convaincre que j'y ai fait quelques glanages utiles.
J'avais arrêté le texte de mon manuscrit, et les feuillets se succédaient à l'imprimerie, lorsque s'offrit à mes veux un nouveau fonds d'archives, vierge encore de toute investigation, et dont plus d'un document se réfère au coin de terre qui fait l'objet de cette étude. Je n'ai pu, dans les pages qui vont suivre, faire mon profit de quelques titres mettant fin à des contestations entre Ozon et Lanespède, ni d'un état complet de redevances seigneuriales au XVIIIe siècle, qui m'eût servi en plus d'une occurence à établir l'identité de quelques familles, ni enfin de plusieurs manuscrits projetant un rayon de lumière sur tels et tels points de la Bigorre et du Béarn. Je vis qu'il me restait à « remettre sur le métier mon ouvrage ». Vive labeur !
Intéressant aussi un nouveau Livre de raison. Il m'a remis en mémoire une page curieuse du Correspondant sur la façon dont les capitaines du vieux temps désignaient le soldat. Il était d'usage alors de donner au militaire un nom caractéristique, un sobriquet ingénieux exprimant tantôt la qualité dominante du sujet, tantôt une particularité de son pays d'origine ou son pays lui-même. Le livre du capitaine de St-Pastou nous offre un modèle du genre. Je cite : S ans chagrin; Belhumeur ; Sansouci ; Beauséjour ; Jolicœur; La/leur; Ladouceur ; Laviolette; Fleur d'épine; Labonté ; Laprudence ; Sansquartier ; Francœur ; Beausoleil, etc. Chaque page offre l'attrait d'un surnom nouveau, tantôt grave, tantôt gai ou bouffon.
Les livres, depuis 179?, se remplirent souvent de relations poignantes sur les événements du drame révolutionnaire. Pour n'avoir pas été publiée, la série de lettres trouvées aux archives du château n'en est pas d'un moindre intérêt. Elles rapportent les épreuves et traduisent les impressions des plus sombres jours de ce malheureux temps. Ceux qui les écrivent, ont le triste privilège
d'être notés comme suspects. Si leur tête ne tombe pas sous le couperet de la guillotine, ils n1en ont pas moins enduré dans les cachots de la Révolution l'inexprimable supplice de se dire chaque soir : « Demain, c'est peutêtre mon dernier jour. »
Quand l'orage est passé, nous voyons se poursuivre leur correspondance. Ils s'indignent que « ceux qui s'étaient résignés avec trop de facilité » aux choses de la Révolution, que certains ecclésiastiques affectent de pleurer le roi martyr, de mêler aux larmes des victimes leurs larmes d'assermentés, qu'ils aient le triste courage de présider des cérémonies d'expiation, des services funèbres motivés par le crime du 21 janvier.
Mais la note n'est pas uniforme. « C'était fête à Tournay, lundi 16 thermidor. Poudré, paré, parfumé, je me rendis à l'invitation de M. le juge de paix pour célébrer le martyre de saint Etienne. Je n'arrivai ni trop tôt ni trop tard. Le jeune Anacharsis dit que c'est ce que la politesse exige, et je profite de mes lectures. Je trouvai bonne et nombreuse compagnie. L'archiprêtre arriva, et on me dit à l'oreille : « il s'est rétracté hier, et tout le monde jusqu'à Mme A. a été aujourd'hui à la messe. » Après dîner, on alla aux vêpres de M. l'archiprêtre. Je t'avouerai que je ne les suivis pas. Je ne suis pas assez sur que les vêpres et la messe d'un rétracté sont aussi bonnes que celles d'un insermenté. Je te charge d'obtenir là-dessus une décision théologique ; car on assure que notre curé va suivre l'exemple de l'archiprêtre de Tournay. Ce dernier, me disait-on, avait, dans son discours de rétraction de la veille, fait fondre en larmes tout son auditoire... »
Ce sont les documents publics qui dessinent les principales lignes dans le tableau des temps passés. Mais ce
même tableau demeure inachevé sans les teintes dont le colorent les détails intimes de la vie privée.
En divers endroits, j'ai rapporté tout ou partie de documents rédigés en langue vulgaire. Non seulement l'idée ne m'est pas venue d'en donner une traduction française, mais je savourais au contraire le plaisir de les transcrire.
Faut-il oublier que notre dialecte fut, avec de légères variantes, la langue officielle de notre pays, Tunique parler de nos ancêtres : nobles, bourgeois, gens du peuple. François Ior, par son édit de t 5 33, proscrivit l'usage officiel de la langue romane ; mais comme le Béarn et la Bigorre ne furent réunis à la couronne que par l'avènement de Henri IV, les actes de la cour de Pau continuèrent à être rédigés en patois le long du XVIe siècle. L'idiome du pays fut la langue aimée de Henri IV, et on attribue au prince ce vieux dicton :
Qu'anera mau per lous Bernes, Quoan lous hils parlen frances.
Notre pauvre patois fut longtemps mis au ban de la littérature. Ceux-là même qui l'épélaient dès le berceau semblaient honteux de le parler, presque de le savoir. Aux jours maintenant lointains de mes études classiques, proférer une phrase patoise, même en récréation, était encourir une réprimande, se laisser choir comme en un péché contre la reine des langues vivantes. Sans doute que selon l'ironique expression de Charles Nodier, « la langue du berceau nous était une trace de roture. »
Depuis quelques années, nous avons vu se produire un mouvement de réaction : on commence à s'avouer coupable d'ingratitude. L'exemple des félibres provençaux n'a
pas peu contribué, en Béarn et Bigorre, à ce premier résultat. Pau a plusieurs fois édité son Armanac deu bon bernes. A quand notre Armanach de Bigorre? Dans cette voie, nos voisins du Béarn ont depuis longtemps pris les devants sur nous. Il faut, nous autres bigourdans, réagir davantage contre cette tendance à représenter le patois comme une langue honteuse, digne seulement des gens incultes et inintelligents. N'oublions pas et sachons rappeler que le patois, « ce doux parler de notre mère, » est, comme d'ailleurs toute langue maternelle, le lien qui rattache au foyer, aux séductions de la terre natale, le miroir vivant des mœurs et des traditions du pays ; que lui aussi a inspiré des poètes, des conteurs, des chansonniers ; que si la Provence s'honore des Roumanille, des Mistral, des Félix Gras, des Saboly, nous pouvons avec quelque orgueil citer Despourrin, enfant adoptif du pays de Bigorre ; Despourrin, dont les tendres mélodies, comme La haiit sus las mountagnes, sont restées toutes classiques. Nommons dans le Béarn ce Gaston Phœbus qui avec son refrain populaire Aqueres mountines qui ta hautes soun réveille, depuis des siècles, les échos de Bayonne à Perpignan ; Andichon, auteur de noëls qui respirent tant de fraîche candeur ; Mesplès, aux poésies rieuses et bachiques, enlevantes de gaîté et d'entrain.
Ce que Jules Simon affirme du provençal, nous pouvons le dire de notre idiome maternel, à savoir que « s'il n'est pas le français, il est du moins une langue de France. » Et cette langue, d'après le critique Ch. Simond, « l'emporte sur beaucoup de dialectes par la richesse et l'harmonie. »
Cicéron, un jour, se permit de décocher ce trait acéré contre les détracteurs de ses belles harangues : « Quelles oreilles ont-ils ? »
Ne méprisons pas la langue du berceau : elle est riche et harmonieuse.
Je n1ai pas inséré dans les pages de cette monographie un tableau comparé des diverses monnaies en cours. Un long procès dont j'ai retrouvé la procédure et où j'ai vu jeter tant d'incertitude sur leur valeur respective n'a pas peu contribué à cette lacune.
Dans notre pays, du moins d'après mes constatations, les monnaies de majeure valeur, écu, marc, livre morlane, pistole d'or, ducat double, etc., s'appréciaient communément, dans les transactions notariées, par les subdivisions de la monnaie tournoise ; je dis communément, car on les retrouve définies par d'autres petites monnaies. La livre tournois, à peu près équivalente au franc, notre unité monétaire, se subdivisait en 20 sols, et le sol en i 2 deniers. La valeur de l'écu, frappé à tant d'effigies j'en ai compté i5) et d'appréciation si variable, allait de 12 sols 6 deniers (écu d'or au mouton) jusqu'à 5 livres 5 sols, prix de l'écu sol sous Louis XIII ; le marc d'argent valut de 2 livres 18 sols en 1288 à 1 1 livres en i5o8 ; le marc d'or valut de 39 livres 1 2 sols en 1 3 1 o à 1 3o livres 3 sols
4 deniers en 1 5o~ ; la livre morlane de 2 livres 5 sols à 6 3 livres ; la pistole d'or, 2 livres 9 sols ; le ducat double,
5 livres 5 sols.
Citons dans notre région les frappes de Morlas et de Pau. Le droit de battre monnaie fut toujours un indice de souveraineté. Ce pouvoir, après Charlemagne, est usurpé par les seigneurs. On en comptait, à l'avènement de Hugues-Capet, 1 5o qui exerçaient ce droit.
Mais l'argent, dans les siècles reculés, avait une valeur que nous soupçonnons à peine. Dans un livre fouillé,
couronné par l'Institut, la Fortune privée à travers sept siècles, M. le vicomte cTAvenel décrit la démonétisation progressive de l'argent. Prenant pour type le détenteur d'une somme de mille livres sous Charlemagne, il suit ses héritiers jusqu'à nos jours. Ce capital de 1.000 livres, énorme pour l'époque, aurait donné au VIIIe siècle un revenu de 72.000 francs, exprimé dans notre monnaie actuelle. Sous saint Louis, ce revenu serait déjà tombé à 9.800 francs ; en 1400, il ne serait plus que de 3. 400 ; en i5oo, de 2.3oo francs ; en 1600, de 3 17 francs; en 1700, de 222 francs ; sous la Révolution, supposé qu'il touche la totalité du revenu (1), de 90 francs; au commencement du XIXe siècle, de 5o francs. De nos jours enfin, ce revenu de 1000 livres sera tombé de 72.000 francs à trente francs.
Celui-là seul qui en a tenté l'effort, sait quel labeur exige une monographie. Classer les faits, les lier entr'eux, donner une forme au travail constitue la partie attrayante de l'élaboration. Pour arriver à ce but, que de patientes recherches il a fallu ; que de déplacements et d'importunités ; que de volonté persévérante pour examiner un à un des masses de papiers inexplorés, pour arriver au déchiffrement de textes énigmatiques, quitte plus d'une fois de gémir avec Y Antiquaire de Walter Scott : k Ah ! Monsieur, si vous saviez que de mal m'ont coûté ces traces de lettres presque effacées ; et cela sans résultat... » 2
(1) J'ai trouvé des assignats de 500 francs abandonnes dans le pêlemêle des archives. Ce n'est pas étonnant, puisque « d'après la cote dont se sert M. le juge de paix du canton de Trie, les assignats tombent de 100 livres en janvier 1791 à 1 sol fin ventôse an 4. » Et puis... zéro. tArchives du château.
(2) Il est vrai qu'à l'ouvrier inexpérimenté il reste toujours l'avantage
Mais c'est le propre de l'archéologue, alors même que la journée ne lui laisse que l'espoir du lendemain, de ne point se rebuter : tant il est vrai que dans c genre d'études Paîtrait ne sollicite pas à demi. Et puis, on est si bien dédommagé en disant enfin : eurêka.
Personnellement, tandis que, selon l'expression imagée de l'Ecclésiastc, « je ramenais le sokil en arrière » sur ce coin de terre pyrénéen (fi, une autre pensée m'a soutenu. Ces lieux compris entre le viaduc et la terre de Rcnso me rappelaient maints souvenirs d'enfance. C'est à Lanespède que la Providence plaça le berceau de mes aïeux paternels, et, depuis mes jeunes ans, je puis en toute vérité redire avec le poète : « Cette maison, ce village, l'aspect de ces sites sont restés gravés dans mon esprit » 2). N'est-ce rien non plus d'épeler avec d'autres noms le nom de nos vénérables prédécesseurs, de mettre en lumière ce qu'on sait de leur apostolat, de ressusciter en quelque sorte et de prolonger l'existence de ceux qui peinèrent dans le même sillon ?
A étudier les temps passés, « à se faire une âme antique, » le pasteur plus d'une fois se donne la douce satisfaction de saluer sur cette même terre, dans cette même église, des heures plus ou moins lointaines de plus grande ferveur chrétienne, des jours où Dieu était plus aimé, les âmes plus avides de sainteté, le prêtre plus respecté. Ces souvenirs dilatent le cœur, et l'on bénit Dieu : hœc olim
de recourir au savoir et à l'obligeance de nos archivistes. Le jour où sera instituée dans notre région du Sud-Ouest une corporation fondée sur ïobUgeance et la courtoisie, je demande par anticipation que nos archivistes départementaux y figurent comme membres d'honneur.
(1) Rétro rediit sol. — Eccl. xlvii, 26.
(2) Ante oculos errât domus, urbs et forma locorum. — Ovide, Trist., 111. 4, 57.
meminisse juvabit. Que si, au contraire, nous sentons s'élever auprès de nous le souffle des discordes, de l'impiété, des passions, l'étude du passé nous convainc par les faits « qu'il n'est rien de nouveau sous le soleil ; que ce que nous voyons, d'autres avant nous en devinrent les témoins attristés. » (i)
On se tromperait en prenant l'archéologue pour un simple greffier d'histoire. Sa pensée, alors même qu'il ne se le propose point, franchit nécessairement les limites de la paroisse et de la province elle-même. 11 ne peut souvent enregistrer les faits sans les rattacher aux principes, aux lois qui président aux destinées générales du pays ; ce serait isoler l'effet de sa cause, le flot de la source. Si abrégées qu'elles puissent être, ne m'est-il pas donné dans les pages qui vont suivre, de relever des incidents paroissiaux qui retentissent jusques sur les marches du trône, jusqu'au sein de l'Assemblée du clergé de France ?
Des pionniers bigorrais, prêtres et laïques, ont frayé quelques-uns des chemins par où l'on doit passer. Mais auprès des maîtres, combien peu de disciples ! Nous ne méritons que trop le reproche adressé par TEcclésiaste à quiconque n'a pas le culte du passé. (2) Cependant le cas n'est pas chimérique dans les rangs du clergé, triste privilège assurément, de pouvoir se redire : Deus nobis hœc otia fecit. Nous savons, quant à nous, ce tourment sacerdotal. En i$£3, le curé de Lanespède se plaignait à son évêque de fléchir sous le fardeau. Songez donc ! il avait à desservir : Lanespède, Ricau, la Serre, Sarraméa, Castéra, Lanusse, Caharet, Sarrabayrouse et Poutz ; huit villages ou
(1) Eccl. I, 10.
(2) Non est priorum memoria. Eccl. I, 11.
hameaux. Aujourd'hui cet ensemble de population est réparti entreles quatre curés de Bégolc, Lanespède, Ricau, Luiilhous. Que de sectionnements, depuis 1804, et par suite que de loisirs ménagés !.... Qui addit scientiam addit et laborem. \ \
Dans son numéro du 10 octobre 1889, le Correspondant par la plume de l'abbé Bozon accusait le clergé français de n'avoir pas su, au XIXe siècle, tenir le premier rang dans la production des travaux historiques. Il est vrai que, depuis cette date, les écrits sont nombreux qui mettent en lumière le passé de nos communautés et de nos provinces. Et lorsque, il y a quelques années, le Saint- Siège institua une commission chargée d'étudier à nouveau la question de la validité des ordinations anglicanes, les représentants du clergé français ne firent pas si piètre figure dans ce comité de prêtres d'élite. Mais ce sont les monographies, chacune dans sa sphère, qui concourront à l'édification de la véritable histoire de France, car cette histoire est encore à faire. Ces grands monuments historiques signés Rorbacher et Darras, que dans notre jeunesse nous tenions pour des œuvres de première valeur, encourent le reproche de n'être pas bâtis avec des documents originaux, avec cet « inédit qui seul, d'après Taine, mérite d'être lu, et seul fait autorité. » Croirait-on que le succès obtenu dans notre pays par ces deux Histoires « a été considéré à l'étranger comme la preuve la plus significative de la décadence des études historisques au sein du clergé français ? » (2)
Au clergé contemporain, par le classement et la mise en valeur des pièces authentiques sur l'histoire des parois-
(1) Eccl. I, 18.
(2) Douais, professeur à la Faculté catholique de Toulouse. Bulletin critique, t. II (1881), p. 112.
ses, des archiprêtrés, des villes et des provinces, au clergé surtout de réunir les travaux d'approche qu'utiliseront de nouveaux Rorbacher et de nouveaux Darras. N'est-ce pas un humble curé de campagne, perdu dans les marais de la Bresse, Gorini, qui, voilà cinquante ans, a édifié sur des textes originaux cette Défense de l'Eglise où se documentèrent à l'envi catholiques et protestants.
« On devrait, a écrit Labruyère, aimer à lire ses ouvrages à ceux qui en savent assez pour les corriger. »
Lorsque, par filiale déférence autant que pour me conformer aux prescriptions du décret Officiorum, j'ai sollicité de Monseigneur l'Evêque la permission d'offrir au public le fruit de mes recherches, j'avais déjà suivi le conseil du célèbre moraliste. « Rien n'a été négligé, dirai-je avec Montaigne, pour que tout fût vrai dans ce livre, Tayant fidèlement soumis à la plus minutieuse, comme à la plus obligeante vérification. Tant me plait cette pensée de sainte Madeleine de Pazzi : « La vérité est si pure que pour peu qu'on la mêle à quelque autre chose, elh ne s'appelle plus la vérité. »
Je remercie Sa Grandeur d'avoir autorisé la publication de cette modeste monographie.