‹ Au pays de l'ombreChapitre 1 sur 71 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Ce livre a été écrit à différents intervalles pendant plusieurs années. .F avais F intention de con- /ier à quelqu'un ce manuscrit pour le faire publier après ma mort. Mais maintenant , aijant terminé ma lâche de médium, je suis arrivée à celle conclusion <pie je n'ai pas le droit de chanjer d'autres épaules d'un fardeau de responsabilités auquel je voudrais échujjper moimême ; et fai décidé (pie mieux valait pouvoir défendre moi-même les vérités (pie j'ai tenté de proclamer (pie d'en laisser à (V mil res le souci.

I ne raison plus importante encore m'i/ a enr/a- <jée, c'est le nombre croissant des suicides; car je nui pas connu un seul cas d'un individu sain , se débarrassant de l'existence , s'il a non seulement cru, mais su les vérités qui ont fait jtarlie de' ma vie quotidienne depuis l'enfance .

AU PAYS DK L’OMBPtK

Il q a quelques mois, Sla/ford écrivit un article sur le Matérialisme qui fut reproduit dans plusieurs journaux allemands ; et, quelques semaines plus tardée recevais une lettre du baronX. me disant qu'il venait de perdre un pi'océs dont Vissue était pour lui la ruine. 1 oi/anl qu il ne lui restait plus rien pour vivre, il s'était décidé, après avoir mis en ordre ses affaires, ù prendre coiu/é de ce monde, lorsque, accidentellement, le journal contenant Varticle de Sla/ford lui tomba entre les mains, fl le lut, écrivit à raideur pour le remercier, et se décida à tenter une nouvelle expérience de la vie .

Celle circonstance menqaqe ci espérer qu'en faisant connaître mes expériences, quelques-uns de mes semblables en prendront occasion pour réfléchir , et pour se demander si vraiment cette existence terrestre termine tout, ou si, en rejetant ce précieux don de la vie, ils ne commettent pas une erreur qu'ils recjrelleraienl, quelques moments après, de la manière la plus terrible.

INTRODUCTION

A Madame H. d : Espérance

Ma chère Amie,

\ ous avez eu la bonté de m’envoyer les épreuves de voire livre et de m’en demander mon opinion.

C’est avec plaisir que j’acquiesce {i votre requête. La biche que vous avez entreprise était plutôt difficile, bien que vous ayez heureusement atteint ce a quoi vous aspiriez. Le danger à écar ter elai! celui de dire trop ou trop peu. Endisan! trop vous vous seriez embrouillée dans les détails; car il aurait fallu 10 volumes ou davantage pour donner une idée complète de votre médiumnité ; et encore, après lout, cela aurait pu sembler quelque peu une apologie. En disant trop peu vous auriez pu élre obscurci Vous avez donc

VIL PAYS PE l’oMBUK

choisi une voie moyenne, et, ce qui est important, une voie qui donne une impression complète — et une impression excellente.

Peut-être serez-vous obscure pour d’autres maintenant encore; mais je parle: pour moimême; comme j'ai suivi votre carrière média minique pendant plus de vingt ans dans tous ses détails, je puis vous comprendre mieux que beaucoup d’autres.

Douée dès votre naissance de ce don fatal de sensitivité, vous devîntes médium contre votre volonté, Entraînée uniquement par un sentiment de devoir envers la vérité, vous n’avez pas refusé votre aide à ceux qui étaient désireux de pousser plus loin celle enquête à laquelle vous vous êtes intéressée de plus en plus. Bientôt vous obteniez de très remarquables phénomènes, el vous (•liez ravie à l’idée d’avoir aussi de palpables démonstrations de la glorieuse vérité de l'immortalité. Quelle consolation pour la pauvre el sombre humanité ! Quel nouveau champ de travail pour la science! Un esprit missionnaire vous inspirait; et vous étiez prête à n’importe quel sacrifice pour le triomphe de cette vérité : vos communications avec les Esprits.

11 y a longtemps, lorsque je commençai à m’occuper de spiritisme, je pensais souvent que, si j'étais un médium puissant, je donnerais avec

INTRODUCTION

joie tonie ma vie, toutes mes forces et tous mes moyens pour prouver a tous el à chacun le fait qu'il y a un momie des Esprits avec lequel il esl possible de communiquer. Heureusement je ne suis pas médium ; mais vous Têtes, el vous êtes animée par les mêmes principes qui m’auraient guidé si j’avais possédé votre don.

Je vois par votre vie les résultats qui eussent été les miens. Votre carrière est une preuve qiTavec les meilleures intentions et la plus entière sincérité les résultats obtenus ne semblent pas être en proportion avec les sacrifices que vous avez accomplis, les espérances que vous avez nourries. Je puis par conséquent me satisfaire avec l'idée que mon sort n’eût pas été meilleur que le vôtre. Et pourquoi ? Par l’ignorance dos phénomènes, leurs lois et leurs conditions. Parce que de nouvelles vérités ne peuvent être implantées de force dans l'esprit. Parce que les grands pionniers de la cause sont destinés à agir seuls, sans trouver du secours et des conseils auprès d’au 1res qui, pour dire la vérité, sont tout aussi ignorants qu’eux-mêmes. La vérité ne peut être trouvée qu’on tâtonnant.

Vous avez commencé par être désabusée au moment où, poussée par « l’esprit missionnaire », vous avez essayé de donner au premier venu, à n’importe quel étranger, une démonstration des

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