‹ Au pays de l'ombreChapitre 2 sur 71 · AU PAYS DR U’OMRRR · texte numérisé non relu

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manifestations spiriliques (voir p. i<S8). C’est alors que vous avez l'ail une découverte « qui sembla renverser tous vos plans édifiés pour la régénération du monde », vous avez remarqué que ces manifestations, obtenues si aisément dans votre cercle privé, n’avaient pas lieu devant des étrangers, d’autanl plus quelles dépendaient beaucoup du plan spirituel sur lequel elles avaient été décrétées.

Mais voire plus amer réveil eut lieu lorsque vous fêtes poussée inévitablement dans le chemin glissant de la matérialisation, où tout était encore mystère. Vous vous êtes donnée à ces expériences avec un dévouemeni digne de vous.

Assise dans le cabinet, mais sans vous trouver on état de transe, demeurant parfaitement consciente, qu’aviez-vous à craindre? Il était bien que Yolande, que vous aviez si souvent vue et touchée, apparût en dehors du cabinet. One pouvait-il y avoir de plus convaincant et de plus tranquillisant pour vous? El hélas! un accident inattendu vous précipita du Ciel sur la terre !

Vous aviez la conviction de rosier à votre; place et en possession de tous vos sens, et néanmoins votre corps était à la merci d’une influence étrangère.

Vous tombâtes victime des mystères de la

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suggestion. Ces mystères étaient alors presque complètement ignorés, el dans le cas présent compliquée par la question : — « De qui émanait celle suggestion ? »

Les apparences étaient contre vous. N ous seule pouviez savoir que votre volonté n avait rien a l'aire avec cela, et vous étiez, accablée par ce mystère. 11 est naturel que pendant plusieurs années vous n’ayez pu entendre jusqu’au seul mot de spiritisme.

Dix ans passèrent. Je croyais qyu vous étiez perdue à jamais pour la cause. Mais le temps est un grand médecin el quelques bons amis vous engagèrent à essayer de nouveau. | Lue série de nouvelles expériences ayant pour but la photographie des formes matérialisées fut organisée. De splendides résultats, el un autre réveil amer! De nouveau vous fûtes accusée, lorsque nous saviez n avoir tait autre chose que vouloir donner des satisfactions à d’autres.

(Vêtait une répétition de ce meme mystère, qu’une même ignorance vous empêchait de résoudre.

C’est à ce moment que j’arrivai a Gotlicnburg pour reprendre les expériences photographiques. Ne vous étant jamais soumise à aucun des contrôles employés avec les médiums professionnels, vous me permîtes cependant de vous Irai-

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ter eu trompeuse, vous soumettant à Ions lus contrôles que je pensai nécessaires. Jamais la plus petite objection. Je puis certifier que vous étiez tout aussi intéressée que moi-même à découvrir la vérité.

Après une longue série d'expériences, el beaucoup d'ennuis, nous arrivions à deux conclusions. La première était (pic, malgré votre pleine conscience de rester passive dans le cabinet , votre corps, ou une apparence de votre corps, pouvait cire employé par un mystérieux pouvoir en dehors du cabinet.

Même votre ami l'Esprit Waller annonça, par votre propre main, qu'il pourrait arriver que rien de vous ne restai visible à l’intérieur du cabinet. Ceci était pour vous une révélation exaspérante.

Un autre point important était gagné : les doutes et les soupçons des assistants pouvaient s’excuser, comme ils semblaient y avoir plus de raisons que vous ne l’auriez cru possible.

Tout cela était très décourageant.

C’est pourquoi vous avez pris cette résolution : « Si j’ai quelque part dans la formation des esprits, je veux le savoir » (voir p. 353), et vous vous décidiez à ne plus vous asseoira l’intérieur du cabinet.

Au moyen de ce s nouvelles conditions vous obteniez beaucoup d’excellents résultats ; el

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c’esl alors qu’eul lieu un cas remarquable, dans le chapitre xxiv : « Suis-je Anna, ou Anna esloIle moi? » Je craignais que vous n’eussiez pas mentionné celle expérience, mais je suis heureux de la voir reproduite dans tous ses détails. Ce cas est un cas précieux. Nous aviez la un dédoublement palpable de l’organisme humain.

Ce phénomène se trouve dans le principe de tou le matérialisation el a été la source de bien des mécomptes.

Mais pour vous quelle nouvelle perplexité!

Je me rappelle le temps ou, accablée sous le poids de doutes très lourds, vous m’écriviez: « Toute ma vie n’est-elle qu’une erreur ? Me suis-je trompée de route? Ai-je été trompée ou ai-je trompé les autres ? Comment puis-je réparer h' tort que j’ai causé ? »

l)(‘s profondeurs de ce Monde qui était si près de vous depuis votre plus tendre enfance, el pour lequel vous aviez travaillé avec tant de sérieux el de désintéressement, vint enfin la lumière que vous aviez invoquée si passionnément; vous reçûtes une réponse' aux doutes qui vous angoissaient. Je suis heureux de nous retrouver de nouveau sur la brèche.

Dans vos expériences toutes récentes en photographie, vous avez réussi à développer une nouvelle phase de voire médiumnité, phase que

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je sup| k') sois toujours vousappartenir, mais qui, nu temps de ma visite h Golhenburg, n'alla pas plus loin (pic le cas rapporte à la page oSq. Les récents insultais obtenus complètent vos expériences passées (ni matérialisai ion (‘I sont en accord avec la belle vision qui vous expliqua le mystère. Nous ne pouvons voir un esprit, mais nous désirons en voir un. Nous ne pouvons nous représenter un esprit autrement que sous une forme humaine; el par conséquent, ils travaillent n cela aillant qu'ils le peuvent. Telles étaient les formes et les têtes humaines que vous avez vues el dessinées dans l'obscurité (voir p. îbi); telles étaient plus tard les formes humaines invisibles que vous avez photographiées h la clarté du jour ou à la lumière du magnésium.

Je suis disposé à croire (pie, si vous aviez été assise dans l'obscurité, vous auriez également vu ces mômes formes.

d'elles furent, finalement,les formes matérialisées visiblesqui furent photographiées a Golhen- Imrg, et dont vous avez donné un spécimen sous le nom de Loila, aux pages 3io et 3im

Tout ceci n'élail qu’un essai de donncrquelque chose de tangible à nos sens; des tentatives faites pour prouver uniquement que, derrière ces formes, se trouvent des agents spirituels au travail. lit que ces formes ne doivent pas être

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prises pour des apparitions d’esprits, ainsi que cela nous a été dit depuis le commencement.

Si vous continuez dans ces desseins, et si vous devenez maîtresse des conditions, on ne peut dire où vous vous arrêterez, ni quels grands résultats peuvent être atteints.

Telles étaient mes impressions, chère amie, en lisant votre livre : c’est un livre unique. Ce ne sont pas les confessions d’un médium qui se rétracte, se dédit ou se défend, mais c’est ITiisloire franche et triste des désappointements d’une amc sincèrement aimante et sincèrement avide de savoir, à la merci de pouvoirs inconnus mais pleins de promesses.

En laissant ce monde « d’Ümbre », je vous dis : Continuez, continuez ! « Fais ce que dois, advienne que pourra; » que ceci vous soit une règle. Je ne verrai pas vos nouvelles expériences, mais votre mission, j’en suis sùr, est loin d’être finie. Vous trouverez quelque jour votre Crookes et celui-ci comprendra la nature délicate de votre médiumnité, et saura comment cultiver et développer vos nombreux dons psychiques pour le bien de la Science eide rttumanité.

Très sincèrement a vous.

A. Aksakof.

Hepiofka,Russia, 5/17 septembre 1897.

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