DE NOUVEAU MES FAMTOMES
SJ
nelte <|ne quoiqu’un regardait pardessus mon épaule ou me surveillait du côté opposé de la chambre, ou encore s’asseyait près de moi, me traversant du regard départ en part. En vain je me répétais que c’était une faiblesse d’encourager de telles imaginations : elles ne me quittaient pas, si bien que, par moments, en désespoir de cause, je fuyais mon ouvrage et j’allais me jeter sur le sofa, me couvrant les yeux d’un petit tapis, pour éviter de voir les formes des fantômes.
Quelquefois je me raisonnais, je riais de moimême; et je m’en allais fièrement de chambre en chambre cherchant des yeux chaque petit coin, charpie enfoncement, toute chose qui pût donner prise à ces vagues terreurs, me disant à moi-même : « Maintenant tu vois bien qu’il n’y a pas de quoi t’effrayer : rien qui ressemble à une créature humaine, soit réelle, soit imaginaire. Ainsi ne sois plus si stupide et si ridicule. » Mais, en dépit de mes raisonnements, le monde tan Lomé s’imposait à moi; et la pensée d’avoir à passer de longs jours dans la solitude me terrifiait véritablement.
Je n’avais pas d'amis, j’avais peu de connaissances dans cet endroit; beaucoup dgines amis se trouvant dans le Sud de l’Angleterre; je possédais, par là, bien peu de distractions et de société.
La répétition constante de ces visions m’alarmait énormément. Un jour, à l’occasion, je mentionnai quelque chose de ma crainte de rester seule, et de la curieuse sensation que j'éprouvais en me sentant sur-
AU PAYS DE u’OMBliE
veillée par des Pires intangibles. Mais la consolation (pie je reçus me rappela forlcment la remarque du docteur , pendant mon enfance, et les anciennes craintes, les anciennes angoisses m’assaillirent de nouveau. Je surveillais sans cesse mes sensations, comparant mes expériences d’un jour à l’autre, d une semaine, d'un mois à l'autre, dans le but de me rendre compte si la maladie mentale dont je me croyais secrètement aflligée allait en empirant, cl si cetle faiblesse grandissait; et je me demandais, en même temps, si je pourrais longtemps réussir à cacher aux autres mon état d’esprit.
Quelquefois, pendant plusieurs jours, je n’avais aucun retour de ces visions; je me sentais alors toute remontée; j'aurais voulu chanter et danser tant j’avais le cœur léger en songeant que le nuage noir avait disparu. Mais, au plus fort de mon espérance, je tressaillais soudain, défaillant à demi, à la vue d’un visage me regardant de derrière un rideau, ou d'une forme qui disparaissait par une porte, alors que je passais d’une chambre à l’autre.
C’est dans ce temps-là que j’entendis, pour la première fois, mentionner le spiritualisme. Cela arriva ainsi : .le rendais visite à une amie, demeurant à une petite distance de chez moi, lorsqu’au cours de ta conversation elle me confia ses inquiétudes au sujet de l’intérétcroissantde son mari pourlespiritualisme, et de ses visites à ml cercle de spiritualistes et de médiums. En écoutant les descriptions qu’elle inc fil de ces réunions, des chambres obscures,des tables lour-