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tou Là l'ait à l’improvisle, je fus capable de-voir et de dessiner le portrait d’une bonne vieille dame qui se disaitétre de ses parentes. Lui cependant ne la reconnut quia son costume, pouvant avoir appartenu à sa grand’ mère dont il n’avait conservé qu’un faible souvenir.
Pendant une de ces soirées, et dans l’attente de ce qui pourrait se produire, M. Parkas parla dune série de douze conférences qu’il voulait faire dans une grande salle du voisinage. Dans la conversation qui suivit, nous comprîmes que ces conférences étaient destinées à vulgariser les connaissances scientifiques dans le public. La première devait traiter de J’éleclricité, ses usages et applications, ou quelque chose de semblable. M. Parkas nous mentionna les points qu’il voulait essayer de démontrer à ses auditeurs, au moyen d’expérfences pratiques. Il nous parla des dilFérentes théories qui avaient été émises pour expliquer ces divers phénomènes. Pendant cette conversation que je suivais attentivement, mais silencieusement, je tenais à la main un crayon au-dessus d’une feuille de papier à dessin, toute prête à esquisser le modèle qui pourrait se présenter. Je sentis ma main devenir froide et engourdie; puis le crayon se mit à écrire, et nous lûmes ces mots : « Puis-je vous demander quelles sont les théories particulières que vous vous proposez de soutenir et de populariser? »
— Ceci s’adresse à moi, je présume, fit M. Parkas, me regardant avec un sourire. Vous intéressez-vous à ces questions ?
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— Non — oui je n’en sais rien, répondis-je.
Ce n’est pas moi, c’est Stafford qui vous interroge.
— Très bien, alors, diL M. Barkas, si cela intéresse M. S ta (Tord, je causerai volontiers avec lui.
Suivit alors une longue explication concernant différentes théories, leurs mérites et leurs défauts, et concluant par une dissertation sur scs propres vues à lui et sur les raisons qui l’y avaient amené. J’avais essayé de suivre avec attention ces développements, car M. Barkas semblait s’adressera moi, mais je ne tardai pas à en perdre le fil, et je me sentis complètement embrouillée par la répétition de termes techniques dont je ne comprenais pas plus la signification que s’ils eussent été de l'hébreu.
Dès qu’il eut conclu, ma main écrivitd’nne manière nette, et sans hésiter, ces mots : « Vous vous trompez; tant que vous ne pousserez pas plus loin vos expériences, elles sembleront bien soutenir voire théorie ; mais allez plus loin, faites les expériences que je vous proposerai, avec votre assentiment, et vous trouverez que vos théories n’étaient même pas discutables.
M. B. — Vous semble/ bien au couranl de cette question ; peut-être pourriez-vous m'instruire au lieu de vous renseigner auprès de moi ?
Stafford. — Je sais peu de choses, mais j’ai beaucoup lu et quelque peu expérimenté ; aussi ces questions m’intéresseront-elles toujours. Il est possible que j’aie remarqué certaines choses ayant échappé à votre attention, et vice versa; si je puis vous ai-
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tler en <|iielqne manière, jeu serai très heureux.
Certes, cette façon de renverser les rûles «fiait bien inattendue pour notre savant ami. J’estime que nous nous sentions tous un peu scandalisés devant la froide supériorité de Stafford, car nul de nous ne se lïit avisé de rnellre en doute les connaissances scientifiques de M. Harkas, ou l’exactitude des théories qu'il se plaisait à soutenir. En même temps, je me seidais, bien qu’en secret, fortement portée en faveur de Stafford, et j’étais anxieuse de savoir comment il sortirait, à son honneur, de cette situation.
J’imagine que le même sentiment préoccupait les autres membres de notre cercle, car, lorsque, après presque trois heures de discussion, M. Harkas dit A Stafford : « Ch! bien, mon ami, je vais suivre votre conseil, et je choisirai un autre sujet de conférence; de plus je vais faire les expériences que vous me suggérez, et je verrai ce qui en résultera » — une grande satisfaction se traduisit dans la contenance et les paroles du reste des assistants.
.Nos séances prirent un caractère 1 fout différent après la découverte delà compétence de Stafford en matière scientifique. M. Harkas, surpris de voir sa science mise quelquefois en échec, en avait parlé à ses amis qui, sans s'intéresser pour cela aux manifestations spirites, n’en étaient pas moins curieux de voir une jeune dame, d’une éducation ordinaire, discourir avec compétence sur les sciences naturelles, et signaler les sophismes contenus dans les propo-
si I i on s présentées ]>ar des savants. Ces messieurs demandaient la permission d’assister a nos séances hebdomadaires, et généralement ils arrivaientarmés d'une longue liste de questions sur des sujets scientifiques, préparées, évidemment, dans le but d’embarrasser la jeune dame, plutôt que d’en obtenir des renseignements.
Stafford intervenait tranquillement et écrivait:
— Je serai enchanté de vous rendre quelque service, mais mettons un peu d’ordre dans notre travail et n’étudions qu’une question à la fois.
— Voulez-vous nous dire quels sujets vous sont le plus familiers ?
— Je ne connais aucun sujet d’une manière spéciale ; mais, comme vous, j’ai lu un peu de tout. Si vous me nommez les sujels que vous désirez approfondir avec moi, je vous dirai si je suis en étal de les discuter.
— Eh bien ! nous vous proposons le sujet de « la lumière ».
— Très bien, et ensuite ?
— Le son, l’acoustique, la musique, l’harmonie. — El après ?
— Mais si nous discutons tout cela, nous craignons d’abuserde votre patience ; s’il n’en est pas ainsi, nous choisirons «Vautres sujets ensuite.
Alors commença une joule d’esprit qui se poursuivit plusieurs mois. Comme Stafford l’avait suggéré, les questions posées n’étaient admises que touchant un même sujet par soirée. 11 arriva
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racine que la discussion d'un seul sujet prenait plusieurs soirées; pendant leur intervalle, la personne qui avait engagé cette discussion correspondait avec les autres savants de la contrée, pour vérifier les explications de Stafford, et en même temps pour recueillir les matériaux des questions à poser.
Pour moi je ne prenais guère d’intérét à ces discussions, en dehors de mon vif désir de voir Stafford se montrer capable de lutter avec plusieurs hommes éclairés et désireux, me semblait-il, de prouver teur supériorité intellectuelle. Je ne comprenais pas les termes techniques employés constamment, et je me demandais quelquefois si les questionneurs les comprenaient eux-mômes.
Généralement, pendant ces séances prolongées, je in amusais à étudier le jeu de physionomie des diverses personnes assises autourde la table,etàmédi 'or sur la quantité considérable de connaissances quelles s’assimilaient pendant ces conversations savantes.
l/un de ces messieurs avait l'habitude de fermer les yeux, comme s’il s’absorbait tout entier dans quelque grave problème scientifique. Un soir, au beau milieu d’une réponse fort longue que ma main écrivait, nous entendîmes, du côté de ce profond chercheur, un rondement caractéristique qui me lit éclater de lire, elj’eus la plus grande difficulté à me contenir assez pour pouvoir continuer à écrire.
Parfois Stafford répondait ainsi à une question :
« Je ne sais pas ; mais je veux aller prendre des in-
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formations, et je vous apporterai tout de suite la réponse. » Il y avait alors arrêt de récriture pendant quelques minutes; puis le crayon sc remettait en mouvement et répondait à la question.
Souvent alors, Walter ou Xinia remplissaient ces intervalles d’attente par des remarques plaisantes ou des réflexions sur l’aridité du sujet traité, s’étonnant que nous pussions nous y plaire. Parfois j’avais la possibilité d’esquisser le portrait de quelques-uns de nos esprits visiteurs;mais cela était très rare. En général, je quittais nos séances excessivement lasse et tout à fait épuisée. Ma santé n’était pas bonne, des soucis et des chagrins domestiques m’éprouvaient durement, et, sans l’intérêt immense que je prenais à ces séances, j’eusse été tentée de les abandonner pour un certain temps. Mais je n’eus pas le courage de tromper les nombreuses espérances de mes amis, et je résistai aussi longtemps que mes forces le permirent.
Les quatre sujets précédemment indiqués furent l’objet de discussions pendant longtemps. A propos du son, Stafford décrivit dans ses plus petits détails un appareil pouvant transmettre les ondes sonores à des distances illimitées; cet appareil, disait-il, serait bientôt connu dans le monde entier. Cette déclaration fut poliment accueillie, ainsi que nous avions l’habitude de recevoir les communications venant de Stafford, el l’un des assistants remarqua, en parlant après coup de cet appareil : « Ceux qui vivront le plus longtemps verront le plus de choses. »
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Pourtant nous n'eùmes pas à vivre de longues années avant que l’usage du téléphone, décrit par Stafford, se répandît dans le monde entier.
Lue autre invention dont il nous annonça l'apparition fut ce qu'il appelait un « Désignographe », appareil par lequel une personne se servantd'un crayon ou d'une plume,à une extrémité de la terre, pourrait, a son autre extrémité, reproduire sa propre écriture sur du papier, au moyen de certaines combinaisons électriques. Ainsi des dessins et des plans pouvaient se trouver fidèlement transmis d’un bout du monde à l’autre. Il y a vingt-cinq ans de cette prédiction, mais l’appareil annoncé ne parut que dans ces dix dernières années, et encore if est-il pas connu eL appliqué d une manière générale.
— Mon cher Stafford, dit un soir 31. Barkas, nous avons épuisé tout notre fonds de connaissances en vous questionnant. Ne pourriez-vous nous indiquer quelque autre sujet intéressant pouvant donner matière à discussion?
— C'est a vous d’en indiquer un, répondit Stafford.
Je n en connais aucun qui puisse être d’un intérêt général, dit M. Barkas avec un sourire qui me lit penser à mon voisin le donneur; mais j'ai, parmi mes amis, un docteur en médecine qui me demande souvent à faire votre connaissance. Peut-être aurait-il quelque suj<*t intéressant a vous proposer ?
- Je serais très heureux de me trouver avec l’un de vos amis.
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