LF, MYSTÈRE EST DÉVOILÉ
Comme lorsque je le quittai, les murs semblèrent se rapprocher, puis reculer, et je les traversai ainsi qu’on traverse un brouillard: et avec le môme sentiment d’illusion, je contemplai la femme silencieuse, étendue, un livre à la main, et qui n'était ni morte ni endormie, .le savais maintenant que ce corps de femme était la prison d’où je m’étais échappée, et qu'il fallait me reconstituer prisonnière. .Te savais qu’il fallait m’y résigner; j’avais tant cà faire pour montrer à ces pauvres esprits en lutte que, derrière l’ombre, il y avait une réalité vivante, absolue et parfaite ; que le trésor réalise par moi pouvait devenir le leur également et les conduire vers le chemin de la liberté. Revêtue seulement de brouillard, aurais-je pu m’approcher d’eux et leur expliquer tou tes ccschoses ? J’étais donc heureuse de revenir, et résolue à attendre patiemment le jour de la délivrance, consciente et satisfaite du devoir que j’avais à remplir.
J’éprouvai le môme sentiment de douleur, de faiblesse et d’oppression ; et je me retrouvai étendue sur le sofa, un livre à la main. J’ouvris les yeux: autour de moi, rien n’était changé; je voyais les (leurs, les tableaux, les rideaux à la même place. Et cependant un grand changement s’était produit, car je possédais un sentiment de joie absolue que je n’avais jamais connu auparavant. Combien de temps avais-je été loin? je n'en avais pas conscience, car dans le monde des réalités que j’avais visité, il n’y a ni temps, ni espace, ni aucune chose pouvant se mesurer comme sur la terre.