‹ Au pays de l'ombreChapitre 64 sur 71 · LK M Y ST É II K K ST DÉVOILÉ · texte numérisé non relu

LK M Y ST É II K K ST DÉVOILÉ

ii l’existence à cause des volontés contraires de ses créateurs.

Ceci était encore un mystère. Et je ressentais une sensation cuisante de lionlc et d’humiliation. J’avais 'blâmé mon ami de cet acte auquel j’avais contribué moi-méme. J’avais mis ma volonté à créer, et mes idées s’étaient entre-croisées, semblables aux lignes de deux dessins que l’on eut mouillés et juxtaposés, et qui se seraient trouvés ensuite Lâchés, effacés, méconnaissables.

L’énergie mal dirigée, qui n’a point été gouvernée par la raison et par le savoir, cette énergie doit fatalement échouer dans l'accomplissement d'un dessein... Et ainsi il en avait été de nous.

Le mystère n’était plus un mystère. J aurais voulu exprimer tous nies regrets à mon ami, lui dire combien tout ceci m’avait désolée, combien je désirais faire amende honorable, et désormais lui donner mon appui, au lieu de ne lui apporter que mes critiques. Je voyais bien que je m’étais trompée de route, par la faute de mes désirs, et dans ma volonté d’atteindre un but pour lequel mes forces n’étaient pas suffisantes.

Comme je pesais toutes ces choses, les soucis et les anxiétés qui avaient troublé ma vie de rêve me revinrent à l’esprit, et je me rappelai bien des joies et des chagrins oubliés qui avaient été, un jour, des réalités ; et je me rappelai mes suppositions quant à une autre vie, une autre existence en dehors du rêve. Et je ressentais une pitié amusée pour la

rêveuse qui avait pu confondre cotte vio dorovo avec la glorieuse réalité.

Maintenant que j’avais résolu le problème, ma lâche était achevée. Je savais comment arriver aces pauvres lutteurs aveugles, et je voulais les aider de toutes mes forces, de tout mon pouvoir. Je leur montrerais la lumière qui, seule, pouvait les conduire au vrai chemin de la connaissance. Je ne les fatiguerais pas avec des discussions.Mais j’étais libre, à pré¬

sent, de quitter cette région d’ombre; libre de respirer l’air pur et léger que j’avais quitté, de savourer la beauté de cet autre monde, et de jouir encore une fois de l’affection, de l’amour inexprimable qui émanait de ses habitants.

Je reviendrais chez les êtres de brouillard. Mais il me fallait d’abord rassembler de nouvelles forces et reprendre courage au contact de ces créatures radieuses dont le sourire m’avait réchauffée, et ravie dans une extase d'amour et d’adoration.

Une étrange sensation, pourtant, m’oppressait: c’est en vain que j’essayais de me soustraire à son influence. Je rêvais l’indépendance et la liberté, et j’étais comme le captif, attiré par la prison d’où il vient de s’échapper. Je savais que, contre toute résis. tance, il me fallait obéir au pouvoir qui me poussait. Aussi, tout en saisissant avec force le trésor que j’avais trouvé, j’obéis tristement — j’étais triste, certes ! mais cependant pleine de fierté, grâce à ce trésor... — Et je retrouvai mon premier home dans le Pays de l'ombre.

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