‹ Au pays de l'ombreChapitre 70 sur 71 · LES INVESTIGATEURS QUE .1 AI CONNUS · texte numérisé non relu

LES INVESTIGATEURS QUE .1 AI CONNUS

lecteurs, je pense que vous en êtes venus à la même conclusion que moi, à cet égard.

Si l'on remarque combien les manifestations ont été, dans toute occasion, en accord avec les assistants, il est de toute évidence de penser que ceux-ci étaient les médiums, dont je ne faisais qu’une partie.

Lorsque le cercle était composé d’enfants, les manifestations revêtaient un caractère enfantin ; lorsque des savants étaient présents, les manifestations étaient d’un genre scientifique. Lorsque, finalement, je jetai de côté cette vieille idée de médium et de médiumnité, et que je me décidai à ne plus être isolée du reste de la sociélé, ni privée de l’usage de l’un de mes sens, je pris la place qu’à mon avis j'aurais dù occuper dès le début. Même en prenant des photographies, nous changions constamment de siège, et nous n'avions ni médium ni cabinet séparé : nous étions tous le médium.

Dans un cercle de vingt personnes, il est tout à fait absurde de rapporter à l’une seule de ces personnes les manifestations qui sont le produit des dix-neuf autres. Lorsque le phénomène dépend de vingt personnes, l’une de celles-ci sera-LelIe blâmée ou louée de ce qui résulte de toute la réunion?

Aussi longtemps que Y un des membres d’un cercle spiritualiste sera isolé des autres, il sera plus ou moins admis de faire tomber sur ce seul membre la responsabilité des incidents survenus; les autres n'ayant qu’à regarder et qu’à critiquer.

Ce que je désavoue donc sérieusement, c’estd’avoir

été le médium alors que dix-neuf ou vingt personnes étaient présentes aux réunions. Il peut être juste de m’attribuer la douzième ou la vingtième partie des résultats obtenus, mais pas davantage, à moins que quelques-uns des autres assistants n’eussent une influence défavorable.

Et dans ce cas encore, la responsabilité des faits ne peut retomber sur moi.

Si ces conclusions, résultat de bien des années d’études et d’amères expériences, sont acceptées et suivies à l’avenir par les chercheurs et les expérimentateurs, il est heureux alors que nous ayons essayé de diverses méthodes pour procéder à nos recherches. Ceux qui reprendront le travail là où je l’ai laissé trouveront des routes meilleures et plus sûres que celles que j’ai foulées. 11 y a tant à apprendre, tant à chercher à comprendre ! Môme en faisant de notre mieux nous ne voyons que « comme à travers un miroir obscur » et nous cherchons notre chemin en tâtonnant dans les ténèbres. Et cependant, en nous laissant guider par les rayons qui scintillent à travers les ombres, nous arriverons à la pleine lumière, et alors « nous connaîtrons comme nous avons été connus ».

Ma tâche est achevée maintenant. Ceux qui me suivront peuvent souffrir comme j’ai souffert, de par l’ignorance des lois divines. Mais, cependant, le monde est plus sage aujourd’hui qu’il ne l’était de mon temps, et ceux qui prendront l’œuvre en main n’auront peut-être point à combattre, comme moi, la bigo-

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lerie et les jugements sévères des bons pharisiens. Et pourtant je ne leur souhaite point une route trop unie, car il me semble, en jetant un coup d’œil en arrière, voir tomber dans la puérilité les nombreux soucis qui m’ont accompagnée dans mes recherches. Du reste, je ne les regrette pas. Ils ont été les censeurs sévères, m'avertissant que j’avais quilté le bon chemin, et ils ont également été mes meilleurs amis, bien que je ne m’en doutasse pas encore dans ce temps-là.

Et maintenant j’ai enfin trouvé ce que je cherchais pendant toutes ces longues années, — années d’éludes ingrates, — entremêlées de rayons de soleil et d’orages, de plaisirs et de souffrances. Maintenant je puis crier bien haut, et d’une voix joyeuse, à tous ceux qui voudront m’écouter :

« J’ai trouvé la Vérité î et cette même et grande récompense sera vôtre si vous la cherchez honnêtement, sérieusement, humblement et ardemment. »

UN

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