XVI. L'ÉLÉMENT EUROPÉEN A S. PaULO, LE PÉRIL ALLEMAND
C'est dans la ville de Sâo Paulo qu'on trouve l'agglomération d'Européens la plus considérable. Un grand nombre d'entre eux et de leurs descendants y vivant dans de bonnes eonditions. Si l'on prend comme base les chiffres de la natalité, relativement à la nationalité des pères des nouveau-nés, on peut estimer que les Européens forment les deux tiers de la population de la ville. Les étrajigers respirent donc, à Sâo Paulo, une atmosphère européenne; ils sont sûrs d'y être bien accueillis, car ils contribuent à renforcer et à appuyer le Gouvernement dans -ses efforts progressistes.
Malgré le nombre des représentants de diverses nationalités résidant dans l'Etat, le caractère pauliste ne semble pas se modifier sous l'influence étrangère.
A certaines époques, il semble toutefois passer des souffles de craintes sur l'influence ou la prédominance de l'élément étranger. Il nous est apparu que ces impressions 'passagères et périodiques étaient inspirées par la presse des Etats-Unis qui, de temps à 'autres, dénonçait le péril allemand dans le Sud du Brésil. Quelques journaux brésiliens reprenaient la même thèse; quelques-uns même ont dénoncé le péril italien, etc.
Il ne pouvait exister un péril allemand au Brésil que si
* 253, rue Royale.
rAllemag'ne avait été victorieuse dans la guerre criminellement entreprise, mais ce péril eût été une réalité pour le reste de l'univers qui eût subi les effets de Fimpérialisme allemand. Malgré notre aversion pour c-ette race perfide et cupide, et justemenit à cause de cette aversion qui exige que nous nous monlrions plus équitable à son égaixi, nous devons dire que, en dehors de Féventualité ci-dessus, nous n'avons jamais cru que les Allemands pouvaient constituer un péril pour le Brésil. Très travailleurs, il faut reconnaître qu'ils ont été un élément d-e progrè-s pour les régions où ils se siont installés.
Il n'y a pas, il n'y aura pas de péril allemand au Brésil si le Gouvernement le veut bien, si les pouvoirs publics tiennent la main à ce que les écoles et l'administration, dans les centres comme dans les colonies, soient exclusivement brésiliens et que la langue enseignée soit le portugais. Dans ces conditions, les Allemands à Santa Gatharina et au. Rio Grande do Sud, les Italiens à Sâo Paulo, les Polonais au Parana, ne constituèrent jamais un péril, mais un bienfait.
Les Italiens de Sâo Paulo, de même que les sujets d'autres nationalités qui résident dans l'Etat, ont toujours vécu dans les meilleurs termes avec les Paulistes, et leurs icnfants sont d'excellents Brésiliens. En résumé, nous ne croyons pa? possible l'influence d'une race, d'une nationalité sur le milieu brésilien-pauliste. La prospérité économique croissante de cet Etat lui a donné une puissance d'absorption bien plus considérable que celle observée dans les autres Etats.
XVII. La colonie française. — Sans être très nombreux, surtout comparés aux Italiens, aux Espagnols et aux Portugais, les Français occupent, à Sâo Pauilo, une place spéciale et jouissent de l'estime et de la considération générale. Nombreux sont les noms français très considérés dans la capitale pauliste où il existe maints descendants de ces hommes d'initiative qui s'en furent là-bas pour y fonder des maisons, des industries et qui s'y constituèrent une famille. Nos compatriotes occupent, à Sâo Paulo, d'assez belles situations, les uns dans les administrations publiques ou privées, les autres, les plus nombreux, dans le commerce et l'industrie. Parmi les 3.800 établissements commerciaux de quelque importance que renferme Sâo Paulo, on remarque quelques grands magasins appartenant à des t^raiiçais, par exemple dans la bijouterie,
les nouveautés et modes, la librairie, quincaillerie, faïence et porcelaine.
Quelques grosses sociétés françaises fonctionnent dans TBtat de Sao Paulo; dans Tordre financier, nous signalerons tout particulièrement un établissement bancaire exclusivement français : la Banque Française pour le Brésil, avec succursales à Rio de Janeiro et Santos; un établissement mixte, la Banque Française et Italienne pour V Amérique du Sud; la Banque Agricole et Hypothécaire, à qui l'Etat de Sâo Paulo accorde une garantie d'intérêt de 6 % ; cet organisme, très bien dirigé, donne de splendides résultats. La Société Financière et Commerciale Franco -Brésilienne, dont le siège est à Paris, 5, rue Chauchat; cette société fait d'importantes affaires de banque et de grosses expéditions de café, et progresse constamment. La Société des Sucreries Brésiliennes, dont le siège est également à Paris, boulevard Poissonnière; les affaires de cette société sont très prospères, elle possède quatre grandes sucreries modernes dans TEtat et deux dans l'Etat de Rio de Janeiro. La Société Anonyme Anciens Etablissements Duchen pour l'Alimentation, qui avait son siège à Paris, vient de se transformer, avec les mêmes actionnaires, en Companhia Paulista de Alimentaçào,
Deux importantes sociétés pour rexploitation forestière et agricole de vastes domaines, à Garaguatatuba et à Cananéa, se sont constituées récemment. Dans un annexe à cet ouvrage, nous donnons d'ailleurs, avec la liste des grands exportateurs de l'Etat, les noms et adresses des principales maisons françaises établies à Sâo Paulo.
L'enseignement, dans les diverses branches, compte de nombreux professeurs, français; la diffusion de la culture française est faite par un certain nombre d'établissements particuliers, par des religieuses françaises notamment, qui sont les éducatrices des meilleures familles paulistes.
Il existe à Sâo Paulo une Chambre de Commerce française, fondée par les éléments les plus actifs de notre colonie, à la tête desquels se trouvent deux bons Français, MM. L. Grumbach et de Villeneuve. Il y a encore un club et un cercle tout à fait bien organisés et une société de secours m'utuels, la Société 14 Juillet, qui comprend près de 500 membres.
On ne pourra jamais nous reprocher de nous être montré indulgent vis-à-vis de nos consuls à l'étranger, auxquels
nous n'avoos pas ménagé des critiques qui devraient plutôt s'adresser aux idées et méthodes surannées qui ont cours au Ministère duquel dépendent ces fonctionnaires, méthodes et état d'esprit ■'qui entravent toute initiative d^ la part des mieux intentionnés. Nous sommes donc parfaitement à Taise pour signaler ici l'action bienfaisante, utile et pratique du Consul de France à Sâo Paulo, M. Eugène Lucciardi, qui est un consuil modèle et moderne, tel que l'exigent les circonstances. Sympathique, actif, énergique, M. Luociardi, qui nous en voudra certainement de l'avoir mentionné, s'est mis résolument à la tête de la colonie française qu'il guide et dont il est aimé. Son action et son prestige n'ont pas été étrangers au succès des œuvres de solidarité qui se sont fondées dans le but de secourir les misères provoquées par la guerre et qui ont fait appel à la générosité de nos compatriotes et des Paulistes.
XVIII. Autres nationalités. — Nous avons vu que l'élément itaJien était de beaucoup prépondérant à Sâo Paulo et dans tout l'Etat Les Italiens sont décrotteurs, artisans, manœuvres, mais surtout agriculteurs et colons. Dans les grandes fazendas de café et les plantations de canne à sucre, ce sont les colons italiens qui isont la majorité ou plutôt la presque totalité. Dans la plupart des colonies agricoles fédérales ou estadoaJes, ce sont eux également qui 'possèdent le plus grand nombre de lots. Il faut reconnaître que si la culture intellectuelle lui manque le plus souvent, l'Italien y supplée par la pratique de la vie, la ténacité et l'énergie. Le colon ^ italien est le travailleur à qui Sâo Paulo doit une grande part de sa prospérité, car il est hors de doute que l'accroissement rapide de la grande culture du café fut seulement rendu possible grâce à l'immigration italienne. Grâce à sa ténacité, à sa volonté de gagner et d'économiser, on le voit passer de journalier à propriétaire, à colon, à agriculteur et souvent» à planteur. C'est ainsi que l'Italien est devenu le second propriétaire de l'Etat, arrivant après les Paulistes et avant les Portugais qui viennent au troisième rang.
* Le mot colon désigne ici les travailleurs des^ plantations de café ou de •canne à sucre qui ne sont attachés à ces plantations que pour le temps qui leur convient.
Depuis quelques années, Télèment espagnol pénètre dans l'Etat de Sâo Paulo à la recherche d'une vie plus facile et plus libre ; cette immigration égale et dépasse maintenant l'immigration italienne. Celle-ci ne va pas tarder à redevenir prédominante grâce aux décisions récemment prises par le Gouvernement italien.
Héputation exagérée. Comparaisons. — II. Les hôtels. — III. Loyers.
IV. Automobiles, voitures, tramways. — V. Prix des denrées ali-
raentaires. — VI. Vins, bières. — VIL Budget détaillé d'une famille de sept personnes. — VIIL Salaires. Industrie du bâtiment. — IX. Industrie des transports. — X. Fabriques de tissus, etc. — XL Typo- ^rapliie, brochage, reliure. — XII. Fonderies et ateliers de mécanique.
XIII. Services domestiques et similaires. — XIV. Professions diverses. — XV. Conditions de salaires agricoles. Prix de denrées et d'aniixiau:x de labour dans différents centres. -^ XVI. Sâo Paulo. — XVII. Campinas. — XVIIL RibeirSo Preto. — XIX. Piraoicaba. — XX. Itu. — XXL Faxina. — XXII. SSo SebastiEo.
3. RÉPUTATION EXAGÉRÉE. COMPARAISONS. — Les voyageuFS qui se rendent fréquemment à Buenos Ayres en faisant escale à Rio de Janeiro et Santos, ceux qui ont passé quelque temps dans ces villes et à Sâo Paulo sans avoir séjourné dans d'autres pays du continent, ont fait au Brésil la réputation d*être le «pays où le coût de la vie est le plus élevé de toute l'Amérique du Sud. Ceci aussi bien pour Tétranger de passage que pour celui qui, une fois installé, veut y mener une existence plus ou moins semblable à celle d'Europe.
Cette réputation est absolument imméritée, ou du moins fort exagérée, car le pays le plus cher du continent Sud-américain est l'Argentine. Nous allons le démontrer en prenant pour exemple le prix moyen actuel de la pension dans un hôtel de premier ordre, au Brésil, en Argentine et au Chili. Ce prix est identiquement le même comme chiffre d'unités monétaires en usage dans chacun de ces pays.
11 sera, à Rio de J:aneiro et Sâo Paulo, de 20 milreis par
jour; à Buenos Ayres (Rép. Arg.)» de 20 pesos ou piastres; k Santiago et Valparaiso (Chili), de 20 pesos ou piastres.
Or, comme le' milreis brésilien vaut 1 fr. 68 au change normal le plus élevé, — que le peso argentin est dans les mêmeS' conditions stabilisé à 2 fr. 20, — que le peso chilien évalué à 1 fr. 30 est un taux excellent (il oscillait en temps normal entre 1 fr. 10 et' 1 fr. 25), nous trouverons que la même pension (sans le vin) coûtera : 44 francs à Buenos Ayres, 33 fr. 60 à Rio et à Sâo Pay'lo et 26 francs au Chili.
Ce prix moyen est d'ailleurs édevé, car on trouve très bien, ^ans chacune des villes indiquées, des pensions à 15 milreis et pesos et moins encore dans des hôtels autrefois considérés comme de premier ordre et aujourd'hui déchus de ce' rang par des établissements plus confortables.
Pour l'intérieur, ces prix doivent être diminués de près de moitié.
Certes, la vie fut toujours chère au Brésil pour les classes riches et moyennes, surtout lorsqu'on établissait une comparaison avec les prix payés en Europe, en Fran^ce notanwnent,, aux temtps bénis d'avant-guerre. A l'heure présente, ces prix ne doivent plus nous paraître excessifs, car, dans la grande majorité des cas, ils ne dépassent pas et sont souvent même inférieurs à ceux que nous subissons, comme il sera facile de s'en rendre compte par les chiffres que nous donnons ciaprès.
Etant donné l'instabilité et le taux anormal du change,, toute équivalence serait inexacte, nous laissons donc ces prix établis en milreis, puisque c'est la monnaie de recette et de dépense. Pour former une base de comparaison, on peut évaluer le milreis au taux qui fut le sien jusqu'à la période de déséquilibre qui xjommença après la paix, c'est-à-dire au change de 16 pence, soit i fr. 68, taux auquel il sera ramené plus ou moins prochainement.
II. Les hôtels. — Il existe à Sâo Paulo plusieurs hôtels, mais, malgré d'indéniables progrès, le plus grand nombre n'offre encore qu'un confort élémentaire comme service et comme table. Pour répondre aux nécessités locales, aux besoins des étrangers qui arrivent chaque jour plus nombreux pour visiter la ville ou pour leurs affaires, il faudrait un grand établissement dans le genre du « Palace » qui s'est ouvert
récemment à Rio de Janeiro et où Ton trouve tous conforts et commodités. L'établissement qui s'en rapproche le plus à Sâo Paulo, le meilleur de la ville, est sans conteste VHÔtel Rôtisserie Sportsman, situé en plein centre, tout à côté du viaduc de Cha. C'est un établissement cosmopo.lite, dirig-é à la française, possédant une bonne table; l'ameublement est a^sez bon, mais l'édifice, tout neuf, n'a pas été spécial-ement construit pour sa destination présente. On y trouve dés chambres avec pension à partir de 15 milreis par jour^
Parmi les autres hôtels classée comme bons et moyens figurent : le Grand Hôtel d'Oeste, rua Boa Vista, pension à partir de 10 et 12 milreis; Grand Hôtel, rua Sâo Bento, pension à partir de 10 milreis; Hôtel Suisso, largo Paysandu, pension à partir de 8 et 10 milreis; Grand Hôtel Bristol^ rua Gusmaes, pension à partir de 8 et 10 milreis; Hôtel Albion, rua Brigadeiro Tobias, pension à partir de 8 et 10 milreis; La Pensâo MoraeSy largo Paysandu, offre des pensions de 5 à 7 milreis. Dans les villes et localités, de l'intérieur, les prix varient de 0 à 8 milreis. ■»
III. Loyers. — Les loyers ont de tout temps été fort chers à Sâo Paulo comme à Rio, et en résumé dans toutes les grandes villes; ils constituent, proportionnellement, la plus lourde charge pour le budget d'une famille.
En vertu des mesures prises par la Santé publique, les conditions des immeubles se sont améliorées en ce qui concerne l'hygiène, mais ees améliorations ont déterminé renchérissement des constructions. D'autre part, le nombre de ces dernières ne s'est pas accru pendant les six dernières années dans les mêmes proportions et suivant les nécessités de la population; les matériaux . indispensables n'arrivèrent pas par suite de la rareté des transports maritimes; les taxes et les impôts chargeant les propriétés ont augmenté de plus d'un tiers au cours du même espace de temps.
Les loyers se paient par mois le plus généralement. Les pri^ varient naturellement suivant la situation, le confort et
^ Dans tout le Brésil, les prix d'hôtels comprennent toujours la pension. En général il n'est pas fait de différence lorsqu'on n'y prend pas ses
repas.
le nombre de pièces dont dispose Tappartement ou Timnieuble. Aujourd'hui, il est difficile sinon impossible de trouver un iocal dans le centre de la ville où toutes les maisons sont à usag-es commerciaux.
Un quart des immeubles de Sâo Paulo sont loués annuellement, suivant les quartiers, de 600 à 750 miireis, soit de 50 à 63 miireis par mois.
Un autre quart environ sont loués de 800 miireis à 5 : 500, soit de 65 à 458 miireis par mois.
Un troisième quart se loue de 5:500 à plus de 7 contos, c'est-à-dire de 458 à 584 miireis. Les maisons particulières, qui sont en grand nombre, ne sont pas évaluées dans les statistiques municipales qui nous servent de base, et de l'examen desquelles il résulte qu'une famille un peu nombreuse (pour 7 personnes) ne peut se loger pour moins de 200 à 250 miireis dans un bon faubourg ou banlieue.
Il existe à Sâo Paulo un grand nombre de pensions de toutes classes, où le célibataire, les isolés, voire les ménages sans enfants, peuvent trouver l'hospitalité à partir de 5 miireis par tête et par jour.
IV. Automobiles. Voitures. Tramways. — Nous avons dit que Sâo Paulo possédait un grand nombre de voitures automobiles ; si la majorité appartient à des particuliers, une certaine quantité est mise par des loueurs au service du public. Ces voitures sont avec ou sans taximètres ; avec les premières, les prix sont conventionnels et il est bon de s'entendre au préalable; les tarifs des taxis automobiles sont généralement de 10 miireis l'heure jusqu'à minuit et 12 miireis de minuit à 6 heures du matin. En course, la prise en charge est de 2 miireis et 200 reis ensuite ipar 300 mètres, mais une course en taxi coûte généralement 4 miireis.
Il existe encore un petit nombre de voitures de place à deux chevaux dites « Victoria » ; les cochers, presque tous Italiens, cherchent à obtenir le plus possible des nouveaux arrivants; le tarif de la course est de 3 et 4 miireis. Il y a souvent avantage à utiliser le taxi automobile qui ne revient guère plus cher.
La ville est sillonnée dans toutes les directions, et jusque dans les quartiers et faubourgs les plus éloignés, par de nombreuses lignes de tramways électriques, chaque parcours ordinaire revient à 200 reis.
V. Prix des deNrées alimentaires. — A Sâo Paulo, comme dans les cités de l'intérieur de l'Etat, la nourriture se compose, en général, des mêmes mets que ceux des tables d'Europe, naais, dans les campagnes, l'alimentation est plus simple. Là, la farine de manioc et la « feijoada », plat national, sorte de «assoulet com.posé de haricots noirs ou bruns mélangés de petits morceaux de viande sèche (xarque ou carne seoca), le tout bien condîmenté, doiminent dans l'alimentation.
Le xarque était autrefois d'usage presque obligatoire, son prix était peu élevé ; aujourd'hui Ja viande f rakhe se trouve partout dans l'Etat et son prix est inférieur à celui du xarque. La viande de porc, la volaille, les œufs, le riz, les haricots, la farine de manioc sont les bases fondamentales de l'alimentation en général. En dehors des villes, on ne consomme pas de charcuterie, mais il existe actuellement des viandes de bœuf en conserve ou de porc fumé ou salé.
La chair du lapin ne figure pas encore dans la consommation, celle de la chèvre y est entrée depuis quelque temps déjà.
Dans les campagnes, le prix de la vie est variable et basé sur le plus ou moins de ressources locales. Il est presque toujours inférieur à celui des villes. Les prix que nous allons donner sont ceux des denrées de première nécessité sur le marché de Sâo Paulo. Ces prix varient mensuellement, peu ou beaucoup, suivant l'époque et l'abondance des produits.
Les cours les plus élevés sont généralement atteints en décembre, principalement en ce qui concerne les haricots, le riz, l'ail, la farine de .maïs, les pois chiches. Les cours les plus bas sont notés en septembre et octobre, spécialement pour les articles suivanls : riz, sucre, porc salé, haricots, œufs, lard et fèves. Les conrs les «plus élevés pour la volaille sont observés en juillet, les tplus bas en décembre.
Voici d'ailleurs les prix extrêmes relevés dans le cours d'une année pour les 40 denrées suivantes :
Viande fraîche de bœuf kil. $800 à i^'iOO
- . de porc — 1$000 à 2$000
" - cochon de lait — 1$200 à '1$500
— de mouton — 1$I00 à l$500
- de veau — $800 à i$000
— de chèvre — 1$400 à 1$5C0
Viande séchée de bœuf — 1$200 à 3$000
— de porc salé - JSOOO à 2$200
Viande de lard maigre —
— de lard gras --
Poule Une
Poulet Un
Canard Un
Œufs Douz.
Beurre kil.
Saindoux —
Fromage Un
Vin national litre
Pétrole —
Eau de-vie (de canne) —
Huile —
Lait : — -
iSavon kil.
Pain .' —
Sucre raffiné —
— rond —
Sel —
Macaroni —
Riz.. —
Calé -
Haricots —
Pois chiche —
Farine de manioc , —
— de maïs —
Pommes de terre —
Ail le cent
Oignons kil.
Matté —
Oranges Douz.
Bananes —
iftaoo-
$eda
VI. Vins. Bière. — Les vins étrangers importés sont très chèrs, même les vins communs. On trouve maintenant des vins du pays, de Sâo Paulo et du Rio Grande do Sui, ces dei> niers à raison de 65 à 70 milreis la barrique. La bière, qui est excellente à Sâo Paulo (Antartica), se vend 1 milreis la bouteille au détail, de même que les eaux minérales du pays.
Les chiffres que nous venons de donner, quoique vérifiés pratiquement, ne doivent cependant pas être considérés comme absolus, surtout dans les circonstances présentes; les éléments qui interviennent dans la fixation des prix, sont trop
s. Paulo. — Un aspect de la rue 15 de Novembro.
~ Largo Antonio Prado.
nombreux et trop variables pour qu'il soit possible de les 'envisager tous. Quelques articles comme le pétrole et l'huile ont doublé de prix, subissant les fluctuations de ces produits importés; la valeur des autres denrées est appel-ée à baisser. Quoi qu'il en soit, les prix minimums indiqués sont à peu près ceux de la moyenne de plusieurs années, ils sont exacts, à peu de choses près, et permettront de se faire une idée du coût de la vie dans l'Etat. Le tableau suivant, établi par le Directeur de la Statistique commerciale de Rio de Janeiro, permettra en outre de suivre la progression des prix depuis 1893 à 1919 ÛKîlus. :
VIL Budget détaillé d'une famille de sept personnes au