‹ Au pays de l'or rouge: L'état de São Paulo (Brésil) Ses ressources - ses progrés - son avenir. Ètude générale économique et descriptiveChapitre 22 sur 72 · V. Les améliorations du port, son activité, QUKiQUES omF · texte numérisé non relu

V. Les améliorations du port, son activité, QUKiQUES omF

PRES. — Le port de Santos a, depuis une vingtaine d'années, subi de successives améliorations. En 1888, une société s'était formée sous le nom d'Entreprise d'Amélioration du port de Santos, dans le but de construire des quais et des magasins de déchargements. En 1892, cette entreprise, organisée par la maison Gaffrée Guinle et G*, se transforma en Société Anonyme Docas de Santos. Cette société a réalisé une œuvre colossale, dont la perfection fait autant dlionn^ir au pays qu'à ceux qui l'ont entreprise et menée à bonne fin, malgré les difficultés. En 1895, il y avait déjà 2 kilomètres de quais achevés avec 13 magasins à la disposition du commerce. Ce quai mesure actuellement près de 5 kilomètres de développement, depuis le pont du chemin de fer jusqu'à Outeirinhos; le long du quai on a laissé une bande de terrain de 35 mètres, réservée aux services de la compagnie ; on y trouva des magasins, des machines fixes, des appareils électriques pour le transport et rembarquement du café et des autres denrées et trois voies ferrées parcourues par de puissantes locomotives de différents systèmes; ces voies sont en communication avec celles de la Sâo Paulo Railway par une combinaison d'aiguilles.

La Compagnie des Docks de Santos réalise mensuellement un million de bénéfices, ses magasins couvrent toute la longueur des quais dont elle a la jouissajice pendant quatrevingt-dix ans. Le port est continuellement plein de navires de toutes nationalités, navires marchands et passagers, de tontes dimensions et modèles, qui lui donnent l'apparence d'un des plus grands ports commerciaux du n>onde.

L'activité de ce port est vraiment remarquable et augmente chaque jour avec le nombre des produits qui y trouvent leurs débouchés naturels. En 1890, le mouvement du port était seulement de 1.464.402 tonnes; en 1905, il se chiffrait par 3.450.088 tonnes, pour atteindre un mouvement d'entrée et

sortie du port de 3.509 navires d'un tonnage de 8.693.2Ô1 tonnes en 1914.

La guerre vint arrêter ses progrès et paralyser le commerce du port qui lomhait à 5.301.093 tonnes en 1916 et ne se relevait guère les années suivantes, 1918 ayant donné moins de 2 millions de tonnes. Une recrudescence du mouvement maritime se manifeste seulement en 1^19, avec 3.001 entrées et -sorties de navires d'un tonnage total de 5.437,475 tonnes.

Le mouvement de Tannée 1920 se rapproche de la normale d'avant-guerre avec 3.587 entrées et sorties et un tonnage de 8.200.00O tonnes.

VL Futurs agrandissements. — Déjà, le port de Santos •devra très prochainement être agrandi pour faire face aux exigences de son commerce croissant : c'est ainsi que le Gouvernement Fédéral vient de demander au Congrès National d'ouvrir un crédit spécial pour des dépenses d'amélioration du port de Santos. Ces améliorations consistent dans la construction d'un nouveau tronçon de quais offrant une profondeur de 10 à 12 mètres aux eaux les plus basses, et dans l'ouverture d'un canal, d'une profondeur égale ou supérieure, en face de la barre d'entrée. Ces travaux sont rendus nécessaires par l'évolution des types de constructions" navales adoptés pour les navires qui font aujourd'hui le service de l'Amérique du Sud, lesquels calent près de 10 mètres en pleine charge.

En ce qui concerne les môles de débarquement, Santos peut, heureusement, supporter des agrandissements continuels, Icar des quais peuvent être construits tout autour des côtés du canal.

VIL Gampinas. — C'est la capitale d'un district extrêmement riche et papuleux, on y évalue sa population à 110.000 habitants, dont 60.000, plus ou moins, pour la ville elle-même. Ce municipe est le plus favorisé de tout l'Etat sous le rapport des communications : quatre lignes de chemin de fer le traversent et viennent y aboutir. Ce sont : les lignes Campineira^ Funilensey Paulista, sur laquelle la commune a six gares, et cinq sur la Mogyana. La ville est située à 693 mètres d'altitude et à 106 kilomètres de Sâo Paulo par la Paulista (prix du voyage, 9 $ 400 et 4 $ 800) ; hôtels : Grand Hôtel Brazil, Victoria, Pinheiro, 7 milreis.

Campinas, autrefois surnommée la « Princesse de TOuest», dispute à Santos le rang de deuxième ville de l'Etat dont elle était antérieurement la capitale agricole. Cette ville se trouve située au milieu d'une plaine, de celles qu'on nomme an Brésil campinas; elle jouit d'un excellent climat, plus régulier que celui de Sâo Pàulo, quoi qu'il y fasse plus chaud. Campinas est une ville plaisante et intéressante, bâtie au milieu des collines environnantes; c'est une cité moderne aux rues bien pavées, très propres, larges et tirées à angle droit, avec un bon service de voirie, de canalisation d'eau et d'égouts, éclairée au gaz et à l'électricité. Des documents officiels donnent à Campinas 100.000 habitants, d'après ce que nous en avons pu juger par quatre visites, cette ville, malgré son étendue, ne semble pas posséder plus de 75 à 80.000 habitants. II est vrai que les environs sont très peuplés et qu'il y existe des établissements imiportants.

, Campinas est le centre des plantations de caféiers les plus anciennes de l'Etat, mais ce centre semble déchu aujourd'hui, car les plantations s'étendent maintenant plus au Sud-Ouest et au Nord vers l'Etat de Minas. La région est considérée comme des plus fertiles et on y cultive encore la canne à sucre, le coton et les produits alimentaires; c'est aussi le centre de colonies agricoles fondées par le Gouvernement, Campes Salles et Nova Odessa notamment. Les habitants de Campinas sont très progressistes, on y trouve plusieurs centres scientifiques; les sciences et les arts y sont très en honneur. Patrie du célèbre compositeur Carlos Gomes, on y trouve plusieurs sociétés de bienfaisance avec un hôpital admirablement bien tenu et administré; l'instruction y est abondamment répandue et il y existe plusieurs édifices assez remarquables, parmi lesquels le Palais Municipal, le Lycée des Arts et Métiers, la Cathédrale et les églises de Rosario et de Santa Cruz, le Théâtre S. Carlos, la gare de la Mogyana, le cercle des Italiens et celui des Portugais, etc.

La ville est desservie par plusieurs lignes de tramways électriques de la Compagnie Campineira de Luz e Força (lumière et force), qui étend son action jusqu'à Itatiba; elle emploie une force de 6.000 chevaux tirée d'une des nombreuses chutes d'eau que possède le municipe.

Les établissements commerciaux et industriels y sont nombreux, le mouvement commercial est important et il y a une

e du chemin Je fer de f^

assez grande circulation d'argent. C'est à Gampinas que se trouvent les s/plendides ateliers de la Mogyana, outillés d'une façon aussi moderne que les similaires européens, dans lesquels on ne construit pas seulement les voitures de formes variées, mais aussi des locomotives qu'on peut y î'abriquer de toutes pièces; les ateliers occupent un grand nombre d'ouvriers.

Il existe aussi à Gampinas des fabriques de machines agricoles de premier ordre, de chapeaux, de tissus, de brasseries; à Villa Americana il y a la fabrique de tissus Garioba, et à Gosmopolis la grande « Usine Esther », qui centralise la fabrication du sucre dans la région.

En 1889, Gampinas fut cruellement ravagée par une épidémie de fièvre jaune, occasionnée par le nombre considérable de nègres qui s'y étaient concentrés après l'abolition de l'esclavage. Ges épidémies se renouvelèrent en 1890 et en

En présence de ce sinistre, surprenant dans une région aussi saine par son air et son altitude, qui est de 693 mètres, le Gouvernement procéda à l'assainissement de la ville en construisant un réseau d'égouts, canalisa les eaux potables et les rivières qui traversaient la ville, dessécha particulièrement tous les dépôts stagnants et fit modifier les maisons d'habitation qui ne présentaient pas de suffisantes conditions de salubrité. Les résultats ne tardèrent pas à se faire sentir dans un milieu aussi favorable, la mortalité est descendue à 16 pour mille, le chiffre le «plus bas observé, et depuis cette époque il n'y a plus l'ombre de fièvre jaune ni de variole. Gampinas, réhabilitée, peut être considérée comme le sanatorium de l'Etat.

La chaleur -commence en septembre, le froid en mai, les pluies en octobre.

VUL Le municipe, l'Institut agronomique. — La commune ou municipe de Gampinas est essentiellement agricole, toutes les productions y viennent également, mais le café reste toujours la culture maîtresse. Il y existe près de 700 propriétés agricoles, formant un ensemble de plantations contenant 28.518.100 caféiers, donnant une production de 1.458.000 arrobes de 15 kilogrammes.

La commune, qui couvre une superficie de 139.646 hectares,

est arrosée par les fleuves Atibaia, Capivary, Jaquary et plusieurs autres de moindre importance. Les terres qui la composent sont parmi les meilleures de TEtat, massapez, violettes, rouges et mélangées, argileuses ou sablonneuses, trè& bonnes dans leur presque totalité; il y en a très peu d'assez bonnes et médiocres. Elles sont plates en général, mais une partie de la zone caféière est accidentée; il y a encore quelques espaces de forêts vierges, le cinquième de la superficie environ, un centième est formé de capoeira, c'est-à-dire de forêts déboisées pour être cultivées puis laissées en friche, ce qui donne naissance à une seconde végétation; il y existe peu de prairies et taillis. Bien qu'où puisse encore trouver des terres à 50 ou 60 milreis l'hectare, les meilleures sont payées 200 à 300 milreis et plus l'hectare. Il s'agit là de terres à café par excellence qui sont toujours les mieux cotées.

Le système de travail du personnel agricole est établi de la façon suivante : le journalier ou travailleur rural travaille au mois, à raison de 70 à 80 milreis mensuels ; le colon s'oblige à entretenir un certain nombre de mille piçds de café et à faire la cueillette, à. raison de 2 à 2^800 par jour ou 16 à 18 milreis pour mille caféiers sarclés, et de 6 à 600 reis par alqueire ou mesure de 50 litres cueillis.

Campinas possède un établissement de premier ordre, VIiis- Htut agronomique, fondé par le Gouvernement de l'Etat. Cet Institut, qui est dirigé par un chimiste-agronome français,, M. Arlhautr-Berthet, lequel s'est acquis une réputation méritée, rend les plus grands services aux petits fazendeiros ou planteurs par les meilleures métliodes en matière agricole» On y cultive les arbres fruitiers et les arbres d'ornements destinés à une distribution gratuite, on y expérimente en petit diverses cultures, lesquelles, suivant les résultats obtenus, sont amplifiées dans le domaine Santa Elisa, de 120 hectares, situé à 20 minutes de l'Institut. Celui-ci possède des laboratoires de chimie agricole bien outillés, de cabinets de biologie dans ses applications à l'agriculture, un observatoire météorologique de première classe et différentes autres sections concernant l'agriculture.

IX. Autres villes. — Parmi les plus importantes aa mérations de l'Etat figurent : Ribeirâo Preto, Amparo, Rio Claro, Limeira, Jundiahy, Sâo Carlos do Pinhal, Taubaté, Pindamonhangaba, Lorena, Guaratingueta, Hit,

Il faudrait encore signaler les villes prospères de Lençoes, Sào Manoel, Baurù, Agudos, Ribeirâo Bonito, Itapetininga, Rio Pardo, Mayrinck, Boiucatù, Batataes, Cravinho, Bananal, /tapira, Dourado, Mogy dos Cruzes, Iguape, Cananca, etc., etc.

On retrouvera tous ces noms, av^ quelques indications utiles, plus ou moins sommaires suivant l'importance des localités, dans les pages consacrées à tous les municipes de l'Etat et à leurs chefs-lieux.

Commerce. — Finances.

I. La politique économique de TEtat. — II. Initiatives paulistes devant les difficultés. — III. Les exposés des messages présidentiels. Influence de la guerre sur le commerce d'exportation. — IV. I/importation pendant la guerre. — V. -Reprise de l'activité commerciale, mouvement général de rimi)ortation et l'exportation pendant les années 191S il 1919. — VI. Les résultats pour 1920. — VII. Chiffres de Texportation du café, viande frigorifiée et en conserves., haricots, riz, coton, fruits oléagineux et huiles végétales au cours des cinq dernières années. -^ VIII. Diminution dans les importations de certains articles et denrées, les principaux pays importateurs. — IX. Politique financière de l'Etat. — X. Liquidation de l'opération dite « Valorisation du café », bilan de cette opération. — XI. Conséquences possibles de cette liquidation. — XII.' Hecettes de l'Etat, leur progression, le pourquoi des déficits budgétaires. — XIII. Ponctualité de l'Etat à satisfaire ses engagements, la dette flottante. — XIV. La dette extérieure et le patrimoine de . l'Etat.

I. La POLITIQUE ÉCONOMIQUE DE l'Etat. — Le Gouvemement de l'Etat de Sâo Paulo a poursuivi, depuis 1890 surtout, une politique économique qui a pu paraître, à quelques superficiels, trop rapidement poussée, mais qui, en réalité, n'a jamais cessé d'être méthodique, courageuse et déterminée. La démonstration est facile à faire et les résultats sont là. probants : l'extraordinaire essor de cet Etat, pendant ces dix dernières années, est un fait patent qui a sa répercussion bienfaisante dans la vie de l'ensemble du pays.

Cette activité, qui s'est développée sans arrêt, soit au point de vue des échanges commerciaux, soit sous celui de la production agricole et industrielle, soit enfin au point de vue des transformations rapides par lesquelles est passé son outil-

lage économique, autorise la conviction que ce pays entre aujourd'hui dans la période d'exploitation proprement dite et que sa prospérité croissante tient à des causes trop réelles et trop solides pour qu'on puisse envisager un arrêt dans son développement. Que cet Etat ne soit pas encore arrivé, comme les vieilles nations européennes d'avant-guerre, à un degré supérieur de stabilité économique, à une sorte d'équilibre automatique entre sa force de production et sa force d'achat, nul ne le conteste. Qu'il assume parfois des charges financières un peu lourdes, cela est encore vrai dans une certaine mesure. Il n'empêche pourtant que l'expansion remarquable, disons même mieux, extraordinaire dans un si court espace de temps, du progrès de l'Etat de Sâo Paulo, montre jusqu'à quel point on peut tabler sur la vitalité de cette partie de la Confédération brésilienne et sur l'avenir immense qui lui est réservé.

Sous tous les rapports, mais surtout sous celui de sa situation économique et financière, Sâo Paulo est l'Etat « leader » de la Fédération et sa voix est prépondérante dans les discussions des nécessités du travail national. Les changements de Gouvernement n'altèrent pas là-bas la cohérence adminisr trative dans l'accomplissement d'un programme qui se développe graduellement, d'accord avec les intérêts généraux, ceux des classés productives, visant à la plus grande prospérité des différentes branches de travail. Il n'est pas étonnant, dans ces conditions, que Sâo Paulo marche sans alarmes et sans les embarras causés par la difficulté des solutions qui deviennent urgentes, parce que recherchées au dernier moment, sous l'empire de faits qui auraient dû être prévus.

A peine commence-t-on à entrevoir la perspective d'un fait préjudiciable à l'économie pauliste, que les dirigeants s'empressent d'en calculer les conséquences, d'en étudier les remèdes ou tout au moins, s,i le remède n'existe pas, les moyens d'en pallier les effets ou d'en compenser les maux probables. Cette constante attitude de défense et de prévoyance a assuré à Sâo Paulo la position prépondérante de sa production caféière sur le marché mondial, ce qui fait que ses agriculteurs travaillent avec confiance et avec la connaissance minutieuse de tous les éléments de pondération indispensables au tranquille emploi des capitaux.

II. Initiatives paulibtes devant les difficultés. — Il n'est pas superflu de répéter que Sâo Paulo est le plus grand producteur de café du monde et que la culture intelligente de la précieuse rubiacée est sa principale source de richesse. Longtemps, les paulistes s'absorbèrent dans la culture de ce seul produit, mais la crise de 1907, crise d'abondance, qui faillit ruiner les planteurs, lesquels ne furent sauvés que par la « valorisation », fut une leçon qui fut mise à profit. Fort heureusement, car une autre calamité imprévu-e vint s'abattre sur cette culture : au mois de juin de Tannée 1918, des gelées intempestives et sans précédent amenèrent la destruction des caféiers par dizaines de millions, laissant les plantations dans un état déplorable. ^

Loin de se laisser décourager par les énormes préjudices occasionnés par ces gelées, les agriculteurs paulistes s'efforcèrent de compenser la diminution des récoltes de café et la baisse existant alors sur ce produit, en appliquant leur activité à d'autres branches de culture telles que : coton, canne à sucre, maïs, riz, haricots, manioc, ricin, etc.; Taccroissement de ces nouvelles cultures fut tel que ces produits figurent déjà dans les statistiques de l'exportation pauliste avec des chiffres élevés.

Les industries, de leur côté, donnèrent une grande impulsion à leur fabrication respective, fondant de nouvelles usines, obtenant une grande variété d'articles en tissus de laine, de coton et de soie, en chapeaux, Chaussures, bières, fer émaillé, cristaux et verrerie, qui concurrencent les similaires de provenance étrangère, augmentant ainsi la richesse exportable de Sâo Paulo.

III. Les exposés des messages présidentiels. Influence de LA guerre sur le COMMERCE D'EXPORTATION. — Les messages présidentiels sont, dans la majorité des Etats, mais à Sâo Paulo tout particulièrement, des documents qui intéressent et montrent de près la vie économique d'une région. On y trouve réunies en abondance les informations précises et catégoriques démontrant l'action efficace du Gouvernement dans toutes les branches de l'administration publique. Ce document reflète toujours la situation exacte, avec ses diverses évolutions en bon et en mauvais; la perspective étant d'un progrès franc, il n'y a donc pas de motifs qui déterminent

un manque de sincérité; au contraire, il y a trop de raison pour que Ton dise, avec la plus grande franchise, l'état réel •des finances de TEtat, ses données positives, avec le plus ^fand nombre de détails qui éclairent la situation.

C'est donc dans le dernier message du Président de Sao Paulo que nous rechercherons les données sur la situation financière de l'Etat. QuaAt aux chiffres officiels sur le commerce international, ils nous seront fournis par les statistiques mensuelles du commerce du port de Santos, organisées par les services fédéraux à la demande du Secrétariat de l'Agriculture, Commerce et Travaux publics, et par les études du distingué économiste Paulo R. Pestana, directeur du service Industrie et Commerce au même ministère.

Le commerce extérieur de l'Etat de Sâo Paulo a fortement ressenti, pendant ces cinq dernières années, les funestes conséquences de la guerre européenne qui a porté le plus grand préjudice à ses exportations, faute de moyens de transport; malgré cela, il est tout particulièrement curieux de constater, dans le relevé statistique des exportations récentes, la présence de certains articles ou produits, en face de valeurs considérables, alors qu'ils ne figuraient même pas dans les documents des douanes il y a quatre ou cinq ans, ou, s'ils y figuraient, alors que c'était à titre purement documentaire, le mouvement de leurs transactions étant alors insignifiant.

Parmi ceux-ci on peut citer : les tissus de coton, les tissus de laine, les articles de mercerie, d'imprimerie, les chapeaux, chaussures, semelles, les haricots, le riz, la bière, le saindoux, les viandes frigorifiées et en conserves, etc., etc.

il est d'ores et déjà à peu près certain que ces derniers produits ou articles, qui furent appelés à figurer sur les listes de l'exportation, en raison des circonstances exceptionnelles de l'état de guerre, continueront à s'implanter progressivement sur les marchés extérieurs et qu'un courant d'affaires continu suivra le retour à la vie normale des nations qui s'annonce peu à peu.

L'Etat de Sâo Paulo, dont l'initiative de stimuler et de favoriser la polyculture est des plus louables, sera désormais à l'abri des crises quelquefois sérieuses qui a:ffectèrent, à certaines époques, sa prospérité économique, mais dont il a toujours triomphé.

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