XIV. Professions diverses
Potiers 4$000 à
Travailleurs des chemins de fer 3$000 à
Jardiniers (habiles) 4$000 à
Aides-jardiniers 80$000 à
Selliers 3$000 à
Gardiens de dépôts, magasins, etc 3$000 à
Musiciens d'orcheslres 4$000 à
Pianistes 4$000 à
Coupeurs (tailleurs) 300$000 à
Ouvriers tailleurs ...,..., 180$000 à
Apprentis tailleurs ^ • • • 50$000 à
5$000 par jour
180$000 par mois
5$000 par jour
e$ojo — io$ooo —
600$000 par mois 280$000 — 7(>$000 —
XV. Prix de denrées, d'animaux de labour et conditions DES salaires agricoles. — Afin de faciliter une base pour les calculs des frais d'existence et d'exploitation dans l'intérieur, nous donnons ici les prix de quelques denrées, des animaux de selle, de trait, de labour et bêtes à cornes, ainsi que des conditions de travail de la main^'œuvre agricole dans divers centres de l'Etat. Il va sans dire que ces chiffres, contrôlés par nous, constituent en quelque sorte une moyenne et que les prix peuvent être souvent inférieurs et parfois un peu supérieurs, suivant la demande et les circonstances.
C'est ainsi que les salaires des colons de fazendas de café varient d'un trimestre à l'autre, surtout en ce qui concerne la cueillette, pour laquelle il est payé jusqu'à 800 reis en moins sur le prix maximum entre le 1" et le 4* trimestre d'une an-
née, le salaire minimum restant le même. Voici à cet é'g^rd des chiffres publiés par le Département du Travail de l'Etat de Sâo Paulo, relatifs au premier trimeslre.
Minimum Maximum
Soins annuels donnés à 1.000 pieds de café. . . . 30$000 150$
Pour chaque nettoyage fait à 1.000 pieds de café . I0$o6o 60$
CueilleUe de un alqueire (50 litres) $400 2$
Par les détails qui suivent on verra que le prix de la vie présente, d'une région à une autre, un écart relativement peu important; la différence est plus sensible pour les salaires payés à l'ouvrier rural, celui-ci est mieux payé dans les zones très peuplées que dans les régions éloignées.
XVI. Commune et district de S. Paulo. — Un cheval de selle pour promenade coûte de 400 milreis à 2 contos de reis; un cheval de travail 250 à 350 miireis, de charge de 150 à 200 milreis. Une mule de selle coûte de 200 à 800 milreis, de charge de 150 à 200 milreis, de labour de 250 à 350 milreis. Un bamf de trait 100 à 150 midreis; les bœufs de boucherie sont vendus à raison de 8 milreis par arrobe de 15 kilogrammes (poids brut). Un taureau coûte de 400 milreis à 3 contos de reis; une vache laitière produisant en moyenne 8 à 10 litres de lait par jour 300 milreis à 1 : 200. Un litre de lait coûte 5 à 600 reis.
Le kilogramme de viande de bœuf coûte de 900 à 1$000, de porc 1.000 à 1$200, de mouton 1$500, de lard 1$100 à 1$200.
Une poule coûte 1 $ 500 à 2 milreis, une douzaine d'œufs 1 $ 000 à 1 $ 400. Le kilogramme de beurre coûte 3 $ 500, de fromage 2milreis (importé). Le litre de farine d^ manioc coûte 150 à 200 reis, de haricot 250 à 300 reis.
Le salaire du personnel agricole est journalier, mensuel et annuel; il y a aussi des conditions de travail par contrat, entreprises et métayage. Un travailleur rural se paie de 3 à 3 $ 500, un charpentier-menuisier 9 à 10 milreis par jour. Une cuisinière ou un cuisinier 60 à 70 milreis par mois, une bianchisseuse 50 à 60 milreis.
XVn. Gampinas (commune et district). — Un kilogramme de viande fraîche coûte de 8 à 1$000 reis, de porc 1$000 à
LE PRIX DE LA VIE ET LES SALAIRES A ë. PAULO. 81
1 $ 200, de mouton 1 $ 200* Un kilogramime de lard gras 1 $ 000, de lard salé de Mina^ 900 reis. Un litre de lait vaut 400 reis.
Une poule coûte 1$500 à 2 $000, la douzaine d'œufs 700 à 1 $ 200. Un kilogramme de beurre coûte de 3 $ 500 à 4 $ 500, de fromage 1 $ 500 à 2 $ 000 et plus, suivant origine. Un litre de farine de manioc se vend 230 à 250 reis, un litre de haricots 220 à 250 reis. Le kilogramme d-e sucre cristallisé, qui coûtait 450 reis, vaut maintenant 800 et 900 reis, grâce aux demandes de rétranger, le non-rafflné 600 reis et le gratin 4 à 500 reis; un litre d'eau-de-vie de canne à sucre 500 reis, plus ou moins.
Animaux. — Un cheval de selle coûte de 150 à 500 milreis et plus, un cheval de charge ou de trait 150 à 200 milreis, une mule de selle de 200 à 400 milreis et plus, une mule de chargée 250 à 300 milreis, un animal de labour 200 à 250 milreis, un bœuf de trait 100 à IbO milreis, de boucherie 100 à 150 milreis, un taureau ordinaire 220 à 350 milreis, une Vache laitière produisant trois ou quatre litres de lait en moyenne par jour coûte de 120 à 300 milreis.
XVIII. RiBEiRAO Preto (commune* et district). — Un cheval de selle coûte de 150 à 300 milreis et plus, un cheval de charge 150 milreis, une mule de selle 300 milreis et plus, de charge ou de labour 120 milreis, un bœuf de trait 120 à 150 milreis, de boucherie 100 à 130 milreis, un taureau de race Garacii 300 milreis, une vache produisant en moyenne trois litres de lait par jour 200 à 220 milreis. Un litre de lait 300 reis
Un kilogramme de viande coûte 800 et 900 reis, de porc 1 milreis, de mouton 1$300; un kilogramme de lard (toucinho) 1 milreis. Une poule coûte 1 $ 500, une douzaine d'œuf s 800 reis. Un kilogramme de beurre coûte 3 à 3 $ 500, un kilogramme de fromage (du pays) 1$500. Un litre de farine de manioc coûte 200 à 250 reis, de haricots 100 à 150 reis.
Salaires. — Un travailleur rural gagne 4 milreis «par jour, un colon de l'20 à 150 milreis par an pour le traitement do chaque mille pieds de café. Un contremaître de fazenda gagne de 200 à 500 milreis par mois, un employé aux écritures 200 à 250 milreis. Un* menuisier-charpentier de 7 à 9 milreis, un cuisinier 40 à 50 milreis, une blanchisseuse (laveuse) 40 à 50 milreis.
XIX. Lençoes (commirne et district). — Un cheval de selle coûte 150 à 200 milreis et plus, un cheval de charge ou de labour 120 à 150 milreis, une mule de selle 200 à 250 milreis et plus, de charge ou de labour 120 à 160 milreis, un bœuf de trait iOO milreis, de boucherie 90* à 120 milreis, un taureau de 180 à 200 milreis, une vache laitière produisant en moyenne 4 à 5 litres de ilait par jour 150 à 200 milreis ; le litre de lait coûte 300 reîs.
Un kilogramme de viande coûte 800 reis, de porc 8 à 900 reis^ un kilogramme de lard 900 reis.
Le beurre vaut 3 à 3 $ 500 le* kilogramme, le fromage du pays 1 à 1 $ 500. Une poule se paie de 900 à 1.000 reis, une douzaine d'oeufs 5 à 600 reis.
Salaires. — Un travailleur rural gagne de 2 $500 à 3$500 par. jour, un administrateur ou contremaître de f azeada 150 à 50O milreis par mois, un employé aux écritures 100 à 180 milreis mensuels, un menuisier 6 à 7 milreis par jour, une cuisinière 30 à 40 milreis par mois, une laveuse 500 reis par douzaine de pièces lavées..
XX. PiRAGiGAfiA (commune et district). — Un ch«val de selle coûte de 150 à 250 milreis et plus, un cheval de charge 100 à 150 milreis, une mule de selle 150 à 400 milreis et plus, de charge 120 à 200 milreis, un animaU de labour 150 à 250 milreis, un bœuf de trait 100 à 150 milreis, un taureau 150 à 300 milreis, une vache laitière donnant en moyenne 3 à 6 litres de lait par jour 120 à 300 milreis. Le litre de lait coûte 300 reis.
Le kilogramime de viande coûte 800 reis, de porc ou de mouton 1 à 1$200; le kilogramme de lard 1 milreis.
Une poule coûte 1 $ 200 à 1 $ 500, la douzaine d'oeufs 500 à 1 $ 000 suivant l'époque.
Un kilogramme de beurre coûte 4 $ 500, un kilogramme de fromage du pays 1 $ 500 à 2 milreis. Le litre de farine de manioc coûte 200 reis, celui de haricot 150 à 200 reis.
Le kilogram.me de sucre vaut 700' reis et 600 reis, un litre d'eau-de-vie 500 reis.
Salaires. — Un ouvrier agricole gagne 2 $ 500 à 3 milreis par jour, les colons de fazendas 80 à 100 milreis annuels pour le traitement de chaque mille pieds de café, plus 700 reis par
mesure de 50 litres de café cueilli; un contremaître administrateur gagne 200 à 400 milreis et plus, un employé aux écritures 150 milreis et plus. Un menuisier gagne 5 à 6 milreis par jour, une cuisinière 30 à 40 milreis par mois, une blanchisseuse prend 4 milreis par douzaine de pièces lavées, amidonnées et repassées, une laveuse 15 à 20 milreis par mois.
XXI. Itu (commune et district). — Un cheval de selle coûte 200 à 500 milreis et plus, de charge 120 milreis, une mule de selle 300 milreis et plus, de charge 220 milreis, un animaU de labour 200 milreis, un bœuf de trait 100 milreis, de boucherie 80 à 110 milreis, un taureau 200 milreis, une vache laitière produisant en moyenne trois litres de lait par jour 150 milreis. Le litre de lait coûte 400 reis.
Le kilogramme de viande coûte 800 reis, de porc et de mouton 1 milreis, de lard 1 $ 200. Une poule coûte 1 $ 200 et une douzaine d'oeufs 500 reis. Un kilogramme de beurre 5 milreis ; fromage importé 4 $500 le kilogramme. Le litre de farine de manioc coûte 200 reis et celui de haricot 150 reis; un kilogramme de sucre 600 reis, un litre d'eau-de-vie 400 reis.
Salaires, — - Un travailleur rural gagne 2 $500 par jour, le colon 18 à 20 milreis pour le sarclage de l.OOO' pieds de café, 600 reis par mesure de 50 litres de café cueilli et 2 $ 500 à 3 milreis pour chaque jour de travail à part. Une cuisinière gagne 40 milreis par mois, une blanchisseuse gagne 600 reis par douzaine de pièces, un menuisier 6 milreis par jour.
XXIL Paxina (commune et district). — Un cheval de selle coûte 150 k 200 milreis et beaucoup plus, de charge 120 à 150 milreis, une mule >de selle 200 à 250 milreis et plus, de charge 120 à 150 milreis, un animal de labour 120 à 150 milreis, un bœuf de trait 100 à 120 milreis, de boucherie 100 à 120 milreis, un taureau 120 milreis, une vache laitière donnant une moyenne de 5 à 6 litres de lait par jour 150 à 200 milreis. Le litre de lait 300 reis.
Le kilogramme de viande coûte 1 milreis, de même que celle de porc, de mouton et le lard. Une poule coûte de 7 à 900 reis, la douzaine d'oeufs 5 à 600 reis, le kilogramme de beurre 4 milreis, le fromage d'un kilogramme et demi 2 $ 500 à 3 milreis. Un litre de farine de manioc vaut 200 reis et celui
84 CHAPITRE ÏV.
de haricot 400 reis. Le kilogramme de sucre 700 reis et le litre d'eau-de-vie 000.
Salaires. — Un travailleur rural, côlon ou journalier (camarada), gagne 2 $ 500 à 3 milreis, un menuisier 5 à 6 milreis, une cuisinière 30 à 50 milreis, une laveuse 500 reis par douzaine de pièces lavées.
XXIII. S. Sebastiao (commune et district). — Un cheval de selle coûte 150 milreis et beaucoup ip'lus, de charge 100 milreis, une mule de selle coûte 150 milreis et au-dessus, de charge 120 milreis; il n'existe pas d'animal de labour; un bœuf de trait 150 milreis, de boucherie 8 milreis l'arrobe de 15 kilogrammes, un taureau 100 milreis, une vache laitière donnant une moyenne de 6 litres par jour 150 à 200 milreis; le litre de lait vaut 300 reis.
Le kilogramme de viande se paie 900 reis, d« porc ou de mouton 1 milreis, le kilogramme de lard 8 à 900 reis. Une poule vaut 1 milreis et une douzaine d'oeufs 500 reis. On ne fabrique ni beurre ni fromage pour le commerce. Un litre de farine de manioc ou de haricots coûte 250 reis. Le kilogramme de sucre coûte de 700 à 1 milreis suivant qualité, un litre d'eau-^de-vie 600 reis.
Salaires, — Un travailleur rural gagne 2 $500 par jour, un menuisier 5 milreis par jour, une cuisinière 15 à 25 milreis par mois, une laveuse 10 à 15 milreis. Il n'y a pas d'administrateur ni d'écrivain de fazenda.
, Les principales villes de TEtat :
Santos, la ville et le port; Gampinas, la Reine de l'Ouest, etc.
X. L'imi)ortance croissante du port de Santos. — II. Santos : la ville, quartier des affaires, Montserrat. — III. Activité commerciale, travail du port, Guaruja. — IV. Les conditioBS sanitaires, travaux d'assainissements. — V. Les améliorations du port, son activité, quelques chiffres, — VI. Futurs agrandissements. — VII. Campinas, la ville. — VIII. Le municipe, l'Institut agronomique. — IX. Autres villes.
I. L'importance croissante du port de Santos. — Santos est en même temps que la deuxième ville le grand entrepôt commercial, le port d'entrée et de sortie de l'Etat, d'une importance toujours croissante ^ C'est par lui que se fait l'écoulement des produits des plus riches zones agricoles et pastorales du Brésil, vers lui convergent, par l'intermédiaire de la « Sâo Paulo Railway Cy », toutes les lignes du grand réseau ferré de Sâo Paulo, dont sont tributaires de grandes fractions des Etats de Minas Geraes, Goyaz et Matto Grosso, et même de celui de Parana.
La ville est située au Sud-Ouest de ce que l'on nomme l'île de Sâo Vicente qui, avec celle de Santo Amaro, forme les trois
^ Santos est destiné à devenir, dans un avenir prochain, le plus important des ports de TAmérique du Sud. C'est actuellement par son exportation, le second port de toute la Confédération brésilienne et il est fort possible Qu'il dépasse d'ici peu son rival, Rio de Janeiro ; il suffit de dire A. l'appui de cette assertion que le rendement de la douane de Santos est déjà, supérieur â celui du port de Rio de Janeiro, ceci indique l'avenir réservé à ce port.
canaux connus sous les noms de « Bertioga », « Casqueiro » et « Santos ». Ge dernier seulement a une capacité suffisante pour permettre rentrée aux grands transatlantiques, sa largeur étant de 315 mètres minimum et sa profondeur de 30 mètres sur une longueur de 10 kilomètres. Ge canal, aux rives couvertes d'une végétation toujours verte, s'élargit au fond pour former une baie assez vaste. En face de la ville, de Fautre côté du vaste canaJ, le Lagomar, baie assez vaste qui constitue le port, on aperçoit TUe montagneuse de Santo Amaro, à l'autre bout de laquelle se trouve l'admirable plage de Guaruja. Au Sud et à l'Ouest s'étendent de très belles plages, pendant qu'au Nord, derrière la ville, on rencontre des terrains marécageux.
II. Santos : la ville, quartier des affaires, Montserrat. — La villa occupe un très grand espace daûs une vaste plaine s'étendant h la base des monts qui Tentoureni Cest une ville •essentiellement commerciale, mais, sauf certaines artères excentriques bordées de jolies villas à demi cachées par les. plantes et les fleurs, on ne saurait dire que c'est une belle ville, malgré ses rues droites et bien alignées. L'ensemble de Santos est celui d'une ville provinciale d'Europe, elle présente de grands immeubles, ««n n'y voit guère d'édifices remarquabdes ni d'étabJissements aux façade3 pompeusfâ.
La partie la plus vivante est construite immédiatement derrière les magasins et entrepôts qui bordent la rive gauche da port Le commerce se trouve concentré dans quelques rues centrales, lesquelles sont peu éloignées de la gare et des quais. Les p-lus belles constructions sont édifiées autour de la place da Republica, sur laquelle est érigé le monument de Braz Cubas, le fondateur de la ville, et aux environs de la place Rio Branco, plus petite. C'est là que débouche la rae « 15 de Novembre » qui, à Santos comme à Sâo Paulo, est la principale artère de la ville, là où se trouvent les plus brillants magasins.
La place du Rosario est un point agréable, doublement fréquenté pour ses vertes frondaisons et parce qu'il est le point de départ des tramways électriques appartenant à la « Santos City Improvement Company ». Les lignes de cette compagnie desservent l'intérieur de la ville et les faubourgs qui s'étendent aujourd'hui vers les plages de Ponta da Praia, José Me-
ninOf Boqueirâo et, plus au ^ond-Ouest, Praiu Grande. Ces endroits, autrefois décaissés et déserts, sont couverts de jôli^ constructions moderiaes où habite, comme dans les faubourgs s'étendant maintenant jusqu'à TOcéan, Télite des riches commerçants paulistes qui ne croient plus nécessaire de remonter à Sao Paulo pour éviter la malaria.
Deux longues avenues parallèles, magnifiquement éclairées et desservies par les « bondes » électriques, conduisent à ces quartiers et à l'Océan, l'une d'elle se prolongeant jusqu'à Sâo Vicente, qui peut aujourd'hui être considéré comme un faubourg de Saatos.
Une description de Santos serait incomplète si on jie signalait Montserrat, une colline couverte d'une végétation exubérante, qui se trouve au centre de la ville. Ce point pittoresque est le lieu d'eiLCursion de tous les voyageurs qui toucbeiit à Santos, car du haut de ce mont on ambrasse un magnifique panorama de la vilte et de ses environs. On y trouve aussi une chapelle, objet d'un pèlerinage et de la dévotion de nombreux fidèles; elle offre un spectacle curieux par. le nombre des objets hétéroclites dont les anurs sont couverts en guise d'ex-voto, notamment des membres en cire d'un aspect plutôt bizarre.
III. Activité commerciale, travail du port, Guaruja. . — Santos est une cité d'affâiï^s, l'activité des habitants se fait principaiement sentir dans la vente et l'achat du café, on parle et on pense café, tout en en buvant un grand nombf'e de tasses; l'odeur fade et spéciale de ce produit envahit les rues avoisinant le port. La réception et la réexpédition des chargements venus de l'intérieur occupent des milliers de personnes.
On note partout une activité considérable; des multiples magasins voisins du port et de la gare sortent des rrrilliers de charrettes presque uniquement chargées de sacs de ca^é; près des docks ^nous avons compté plusieurs centaines de voitures faisant queue suf plusieurs rangs, attendant d'être déchargées, au milieu des cris assourdissants de leurs conducteurs.
Le travail du port, chargement et déchargement des navires, est opéré par des ouvriers portugais, italiens et espargnols; il y a en général assez peu de nègres, car l'activité qu'il faut déployer les met en fuite. En effet, les Brésiliens les plus
88 CftAPITRB V.
indolents, les hommes de couleur eux-mêmes sont, à Santos, entraînés par le mouvement ambiant. On se surprend à admirer ces ouvriers des quais portant sur les épaules et le cou plusieurs sacs de café, l'entraînement leur donne une force considérable; nous avons vu fréquemment de ces chargeurs avec quatre sacs de 60 kilogrammes sur les épaules, et il paraît qu'il y en a.quelqiyBS-uns qui réalisent la prouesse d'en porter jusqu'à six.
L'activité se porte encore en partie sur rexpédition des céréales et des viandes frigorifiées venues de l'intérieur ou produites par le frigorifique de Santos, et également sur le commerce et l'expédition des bananes, dont il existe de grandes plantations aux environs de la ville.
Outre quelques grosses firmes paulistes, la plus grande partie du commerce de Santos est entre les mains des Anglais, Portugais et Allemands, il y a aussi quelques Italiens et Syriens. Les hommes d'aJBTaires ont, pour se reposer de leur intensif travail commercial, les plages pittoresques et charmeuses de GuarujaS d'Bmbaré et, plus proche, celle de l'Océan, reliée à la ville et à Sâo Vicentcpar le tramway électrique.
ff
IV. Les conditions sanitaires, travaux d'assainissements. — Santos est pourvue d'une excellent système de canalisation d'eau potable et d'égouts et éclairée au gaz et à l'électricité. Sans avoir vu ses vieux quartiers tomber sous la pioche des
^ Guaruja est une des plus beUes stations balnéaires de TAmérique du Sud. La plage réputée et d'une beauté incomparable se trouve de l'autre côté de l'île faisant face à la ville à quelques kilomètres de ceUe-ci. 0;i y parvient à l'aide d'un service de ferry boat récemment inauguré, qui traverse le canal, le trajet continue par un petit cbemin de fer qui traverse une partie de forêt offrant les plus jolis sites. La a Brazil Raiiway » a construit ou plutôt reconstruit sur cette plage un hôtel de premier ordre qui est, avec le « Palace » de Rio, l'hôtel modèle du Brésil (où il reste beaucoup â, faire au point de vue hôtelier) . Guaruja, hôtel et plage sont à juste titre l'orgueil de SSo Paulo. L'hôtel, admirablement situé, est entouré d'une végétation tropicale qui couvre les monts et les forêts environnantes. La plage de sable ferme, accessible aux automobiles, se prolonge sur plusieurs kilomètres; elle est non seulement fréquentée par les Brésiliens et les riches Paulistes, mais aussi par des Argentins et des Urui;uayens.
ïiES PRINCIPALES VILLES DE L'ÉTAT. 80
démolisseurs, Santos a subi d'importants travaux de transformation et d'embellissement; la ville ne s'est pas embellie notablement, mais elle est devenue plus stine. Ce n'est plus aujourd'hui la cité insalubre que nous avons connue lors de notre premier séjour, il y a une trentaine d'années, alors qu'elle était considérée en Europe comme le cimetière des Européens, où chaque année, depuis 1850, sévissait une épidémie de fièvre jaune, accompagnée par la variole et la ma-; laria. Cette mauvaise réputation augmenta encore du fait de la grande épidémie de 1889 qui dépeupla la ville et décima les équipages des navires ancrés dans le port. On finit par. considérer Santos comme une ville trop chaude et malsaine, inhabitable pour les étrangers, et pourtant Dieu sait s'ils y sont nombreux. Entre les années 1890 et 1896, durant lesquelles il entra 542.548 émigrants, les conditions sanitaires empirèrent encore.
Ceux qui ne connaissent Santos que depuis 1905 ou 1908 croiraient -difficilement à autant d'insalubrité. Ils ont pu toutefois assister aux travaux d'assainissement que le Gouvernement avait pris la résolution d'entreprendre après les épidémies de 1896, en opérant le drainage des eaux stagnantes. Plusieurs canaux d'assainissement en ciment armé ont été creusés pour drainer toutes les eaux des sous-sols; ces travaux, avec le nettoyage du port, suffisaient à améliorer les conditions Sanitaires, mais il fallait faire plus; on construisit des hôpitaux d'isolement pour les malades contagieux, on créa un service d'hygiène et un sévère règlement de police sanitaire, on fît abattre les vieux immeubles, on désinfecter les maisons et les rues, on créa un réseau d'égouts et l'eau potable fut amenée en abondance. Enfin la canalisation des rivières qui traversaient la ville eut pour résultat le complet assainissement de- Santos, de faire d^une ville que l'on fuyait une ville, salubre où, depuis de nombreuses années, il n'y a plus traees d'un fléau autrefois redouté.
Pour obtenir ce résultat, le Gouvernement pauliste, la Municipalité de Santos et la Compagnie des Docks ne reculèrent devant aucune dépense, les travaux se poursuivirent pendant plus de quinze ans et des améliorations sont constamment apportées.
C'est ainsi que la mortalité, qui était en 1894 de 36 pour 1.000 habitants, est tombée à 22,2 en 1905 et à 20,2 en 1917; la.
fièvre jaune a complètement disparu depuis 1004 et la décroissance des maladies contagieuses est venue compléter cet heureux résultat, l^e climat de la ville est toujours càaizd en raison des montagnes qui Tentourent, cependant la population est en accroissement permanent, elle peut être évaluée à 75.000 habitants environ.