III. Les statistiques de l'industrie manufacturière, les
PRINCIPALES INDUSTRIES PAR ORDRE D'IMPORTANOE. — Il f ut longtemps difficile d'établir une statistique capable de donner une idée suffisante de la situation de l'industrie manufacturière, en raison de la méfiance et de la mauvaise volonté des producteurs, 'qui se refusaient de faire connaître les conditions de leur établissement par peur du fisc. Les industriels paulistes comprirent vite les raisons et Tutilité de cette enquête et aujourd'hui Sâo Paulo possède, sur les industries de l'Etat, comme sur toutes les autres branches du travail pauliste, les données les plus complètes.
Dans la série de tableaux ou de chiffres statistiques que nous donnons, d'après les documents officiels émanant du Secrétariat d'Etat à l'Agriculture, Ck)mmerce et Travaux publics % on aura une idée d'ensemble de la production indus^ trielle de l'Etat. Malgré cela, l'aperçu que nous donnons restera encore imparfait, c'est un essai qui gagnera à être développé, car nous avons pu constater, à Sâo Paulo et dans tes grands centres de l'intérieur, l'existence d'industries notoirement prospères qui ne figurent que peu ou pas dans les tableaux ou les données que l'on trouvera plus loin. C'est ainsi, par exemple, que l'industrie et le commerce des saindoux, qui n'existaient pas il y a quelques années, ainsi que celle du beurre encore naissante, ont donné lieu à la création de fabriques de boîtes de fer-blanc, quand cette industrie n'est pas exercée par les fabriques de saindoux elles-mêmes, grâce aux moyens dont elles disposent, lorsqu'il s'agit des puissants abattoirs frigorifiques et fabriques de conserves.
* Travaux continuellement tenus à jour et perfectionnés par de labo- T^ieux et intelligents fonctionnaires de ce Ministère, parmi lesquels figurent au premier plan MM, Paulo R. Pestana, directeur du Service industrie et •commerce ; Julio BrandSLo Sobrinho, chef des Etudes économiques ; Ariî^- ■tides do Amaral, chef de la Section de statistiques, etc. ♦
Dans Tordre du capital employé, de même que pour les valeurs de la production, Sâo Paulo arrive au premier rang de tous les Etats brésiliens.
Les diverses industries de TEtat sont au nombre d'une soixantaine; parmi les principales, classées par ordre d'importance du capital employé et la valeur de la production, il faut mentionner les suivantes :
Filatures et tissages.
Brasseries.
Fonderies et métaux ouvrés.
Sucreries.
Chaux et ciments.
Meuneries.
Céramique et poterie.
Chaussures.
Chapelleries (laine et feutre).
Allumettes.
Verres et cristaux.
Scieries, menuiseries.
Cuirs préparés.
Corderie.
Meubles, décoration.
Pâtes alimentaires.
BoiKsoiis alcooliques et gaieuses.
Savons et bougies.
Produits chimiques.
Lingerie, etc., etc.
IV. La guerre et le développement industriel de l'Etat. — La guerre aura contribué à la rapide et merveilleuse expansion industrielle de TEtat. Au cours de 1915, les industries manufacturières qui souffraient beaucoup de la crise financière sévissant en plein en 1914 se réanimèrent avec les difficultés créées par le conflit européen à Timportation d'articles manufacturés étrangers, en raison de la faible production et du manque de transports maritimes. Des fabriques, qui étaient paralysées depuis 1913, recommencèrent à travailler; pendant le même temps, on fondait de nouvelles usines destinées à des branches d'activité non encore exploitées. La production industrielle pauliste s'est développée pour répondre aux exigences des marchés nationaux dépourvus d'articles étrangers.
C'est ainsi que, de 1915 à 1917, il s'est créé 323 établissements industriels, avec un capital de 14.087 contos, selon l'enregistrement effectué à la Junte Commerciale de Sâo Paulo. Parmi ces établissements, on notait 31 ateliers typographiques, au capital de 1.070 contos; 14 ateliers de fonderies de fer et bronze, au capital de 656 contos, furent fondés pendant le même espace de temps; de même que 11 nouvelles scieries et menuiseries s'ouvrirent avec un capital de 828 contos. La
LES INDUSTRIES A S. PAULO
rareté des briques importées de rétranger poussa quelques capitalistes à fonder diverses briqueteries au capital de &48 contes.
Un grand nombre d'autres industries furent établies, dont il serait fastidieux de faire l'énumération, celle qui a été faite plus haut pouvant suffire pour donner une idée.
V. Production des principales industries. — La production des principales industries manufacturières se trouve résumée dans le tableau suivant, relatif aux années 1917 et 1918, dont les chiffres sont définitifs.
Quantités Valeurs
Nature des articles 1917 1918 1917 1918
issus divers — — 275.315:343$ 253.209:016$
Hements confectionnés — — 3:317 : 210$ 13.646% 578$
tiapeaux (unités) 2.622.794 2.382.938 15.633 : 354$ 16.818: 007$
arapluies et ombrelles 140.037 138.088 1.006:559$ 991:143$
baussures (paires) 6.806.984 6.969 832 48.482:418$ 52.802:055$
oissons — — 25.009:749$ 26.401:972$
inaigres (litres) 1.714.509 1.731.531 342:901$ 346:306$
onserves, confitures, biscuits. 2.365.918 2.483.184 3.606:833$ 3.839:412$
pécialilés pharmaceutiques.. 1.232.542 1.671.347 2.481:723$ 3.730:068$
arfumeries 5.735.287 4.616.504 3.937 : 406$ 2.974 : 361$
Uumettes (boîtes) 114.599.233 115.633.470 5.729:961$ 5.781:673$
abacs et dérivés — — 11.397:730$ 9.632:795$
©ugies 371.324 453.113 634:648$ 900:226$
orcelaines et verreries 1.054.518 1.196.581 1^600:532$ 1.862;939
luincaillerie 2.747.453 2.121 .579 3T256: 869$ 3.206 : 132
ulres produits — — 161.722:618$ 160.652:422$
Total 563.381 :851 $ 556.801 : 100$
Les chiffres pour 1919 donnent un total sensiblement égal à celui de 1918.
La diminution de 5.580 contos en 1918 sur 1917 provient d'une moindre fabrication de tissus de coton et de chapeaux; les autres articles, tissus de laine, chaussures, bières, boissons, figurent avec une augmentation sur Tannée précédente.
' VI. Les GRANDES FABRIQUES DE TISSUS ET LEUR PRODUCTION. —
La principale industrie de Sâo Paulo est incontestablement celle des tissus de coton; il a occupé encore, à cet égard, la première place parmi les Etat« brésiliens.
En 1018, les fabriques de tissus de coton de l'Etat de Sâo Paulo étaient au nombre de 46, disposant d'un capital de 95.475 côntos ; elles comptaient 22.812 ouvriers, 14.536 métiers, 429.449 fuseaux. La force motrice employée était de 22.486 chevaux électriques, de 466 chevaux hydrauliques et de 97 chevaux-vapeur.
Les principaux centres de cette industrie sont : la capitale de l'Etat, Sorocabana, Jundiahy, Salto de Itù, Atibaia, Piracioaba, Taubaté, etc.
Sâo Paulo concentre à elle seule, dans ses faubourgs de Braz et de Mooca surtout, 18 de ces fabriques, dont les principales sont :
Socièdade Anonyma Coionîficîo Rodolfo Crespiy au capital de 12.012 contos, occupant 2.000 ouvriers.
Industrias Reunidas Matarazzo, au capital de 5.000 contos, occupant 2.670 ouvriers.
Socièdade Anonyma Labor, au capital de 3.200 contos, occupant 700 ouvriers.
Socièdade Anonyma Fiaçâo Tecelagem e Estamparia Ipirangay au capital de 5.500 contos, occupant 1.000 ouvriers.
Companhia Fabril Paulistana, au capital de 2.000 contos, occupant 430 ouvriers. .
Pereira Ignacio e C", au capital de 2.000 contos, occupant 500 ouvriers, etc.
A Sorocabana, cette même firme, constituée au capital de 10.000 contos, occupe 1.400 ouvriers.
Au Salto de Itù, la Société Financière et Commerciale Franco-Brésilienncy au capital de 300 contos, occupe 200 ouvriers.
A Sâo Bernardo, la firme Pereira Ignacio e C^*, au capital de 3.300 contos, occupe 600 ouvriers, etc., etc..
Les fabriques de tissus de laine étaient au nombre de 12, disposant d'un capital de 3.870 contos. Leur production consiste en drap ou Casimir, flanelles, couvertures, etc..
La production des diverses fabriques pàulistes, coton et laine, a suivi la progression suivante, quantités et valeurs, depuis 1910 :