SOUS-SOL MINIER. HOUILLE BLANCHE. SON UTIT ISATION
A Ribeirâo Preto, il existe plusieurs chutes d'eau qui n'ont pas été étudiées et dont les principales sont formées par les rios Pardo et Mogy-Guassù. L' « Entreprise Force et Lumière » de cette ville emploie une force de 2.500 chevaux, tirée d'une dé ces chutes.*
Le municipe de Sâo Carlo do Pinhal possède sur presque toutes ses rivières des sauts et chutes remarquables, parmi lesquelles l'importante chute du Loho, puis celle des Monjalinho, à 4 kilomètres de cette ville, ainsi que les sauts du Jacaré et des Negros.
A Sào Manoel do Paraizo, il y a quelques chutes dont l'une fournit la force à la Compagnie « Empreza Luz e Força de S, Manoel ».
A Soràcaha, la ville est alimentée de force et de lumière par l'énergie électrique tirée d'une des chutes de la rivière Sorocaha et de ses affluents, les principales étant le Tuparananga et le Voiorantim; cette dernière, qui a une hauteur de 15 mètres, est utilisée par une importante fabrique de tissus.
Nous arrêtons là cette énumération; il suffira de savoir qu'une multitude d'autres chutes, sauts, cascades et rapides attendent d'être utilisés. Bien peu parmi ces chutes, même parmi les plus puissantes, offrent une évaluation absolument exacte; les estimations faites par les entreprises ou les particuliers sont souvent approximatives et inférieures parfois aux réalités. Il peut en être de même, dans une certaine mesure, même pour celles évaluées par la Commission Géographique et Géologique de l'Etat, car les explorations étant généralement effectuées pendant la saison sèche, on ne peut savoir au juste si les estimations ont été faites à des périodes différentes, c'est-à-dire à des époques de crue normale, moyenne ou de sécheresse, conditions nécessaires pour obtenir une évolution rigoureuse.
Quoi qu'il en soit, l'Etat de Sâo Paulo possède, rien que dans les puissantes chutes d'eau que nous venons de mentionner, des réserves inépuisables d'énergie électrique dont il tirera certainement parti, étant donné l'usage qu'il a déjà su en faire. Par l'aménagement industriel de quelques-unes de ces chutes, les Paulistes peuvent obtenir, à des prix exceptionnellement bas, la iorce pour leurs industries, la lumière et la chaleur pour tous.
C'est dans remploi généralisé de la houille blanche>que se trouve la solution du problème du combustible dans TEtat de 8So Paulo. Cette solution est indiscutablement moins coûteuse et infiniment moins problématique que l'étude, l'exploitation et Tutilisation des couches carbonifères existant dans TEitat ou les Etats voisins.
ii'agriculture, les grandes cultures de TEtat. — Le café.
i. L*Etat et le problème agricole. — II. L'enseignement technique et pratique.— III. l>étaîl de la superficie cultivée. — IV. Variétés des cultures, répartitions des plus rémunératrices. — V. Evolution de la production par périodes espacées. — VI. La culture « reine », le café. — VII. Progression de la production.* — VIII. Le caféier, sa plantation, Tarbuste en fleur. — IX. Variétés cultivées, durée de la production, rendement, méthodes de travail. — X. La cueillette, le séchage et la préparation. — XI. Petites et grandes propriétés, l'hospitalité dans les iazendas. — XII. Classification des différents types de café. — XIII. Dépenses d'une fazenda caféière, évaluation du prix de revient d'une unité de 15 kilogrammes. — XIV. Pourquoi le café est cher en Europe, les intermédiaires. — XV. Echelle de la production et de l'exportation. — • XTVI. Le vrai café et les succédanés.
I. L'Etat et le proulème agricole. — La guerre a démontré que l'agriculture restait rélément fondamental de la vie d'un peuple. Supposons la France cultivée seulement à moitié camme l'est l'Espagne, supposons l'Allemagne restée au temps de Frédéric-Guillaume où, au témoignage de Voltaire, il ne se mangeait pas une demi-livre de pain blanc dans tout le Brandebourg, la guerre n'eût p-as duré six mois. L'extraordinaire résistance faite par les deux adversaires reposait .sur ce facteur essentiel : un sol naturellement ou artificiellement riche.
En temps de paix, le môme fait subsiste. L'avenir de l'Amérique appartiendra à la nation la plus habile et la plus persévérante dans l'utilisation de ses ressources naturelles. A cet égard, le Brésil, et dans le Brésil l'Etat de Sâo Paulo, autorisent les plus vastes espoirs. C'est l'honneur des hommes d'Etat brésiliens de n'avoir jamais dévié de la politique que
leur dictait la richosso virtuelle du pays. Il n'y a eu, à ce point de vue, aucune solution de continuité entre l'Empire et la République. Dom Pedro approuverait pleinement les vues larges et fécondes de M. Epitaicio Pessoa et de ses ministres, de même que ceux-ci reconnaissent ce que leur patrie doit aux efforts de Tancign régime, qui implanta le café, fît les premiers chemins de fer, dressa une législation agricole fort avisée, enfin prépara sagement l'avenir.
A Sâo Paulo plus que partout ailleurs, l'agriculture sous toutes ses formes est la grande, la seule source de richesse de l'Etat; c'est le champ d'activité du plus grand nombre de ses habitants. Elle absorbe la plus grande partie des bras, aussi bien ceux de la population locale que ceux fournis par un continuel mouvement d'immigration qui, après s'être beaucoup ralenti pendant la guerre, recommence à couler à nouveau.
L'excellente qualité des terres, leur distribution si heureuse, l'abondance de l'eau, l'aménité du climat donnent au sol une fertilité qui récompense largement le travail de Tagriculture.
II. L'enseignement technique et pratique. — Le Gouvernement de Sâo Paulo n'a rien négligé pour tirer parti des ressources naturelles de l'Etat, le problème agricole a toujours fait l'objet de toute son attention çt de sa sollicitude.
Il n'a eu garde, d'abord, d'oublier l'enseignement agricole, technique et pratique. Depuis le degré le plus élémentaire jusqu'au degré supérieur, depuis l'école primaire jusqu'aux écoles spéciales, écoles d'apprentissage, écoles pour contremiaîtres et chefs d'équipe, tous les degrés de l'instruction agronomique sont donnés par des écoles pratiques et des institutions fort bien outillées et dont quelques-unes sont dues à la généreuse initiative des particuliers.
Les préoccupations sociales ne -sont pas restées absentes de ces créations administratives. Formellement opposés au socialisme autoritaire qui prétend enrichir d'un coup tout le prolétariat, les hommes d'Etat paulistes ne voient la suppression de la misère que dans l'accession graduelle et proportionnelle au mérite individuel de chaque travailleur à l'aisance et même à la fortune. Les exemples de natifs et d'immigrants arrivés par eux-mêmes à une brillante .situation ne se
MaÎBon'd'hobilation d'u
comptent plus au Brésil. Qui ne connaît dans le monde entier l'histoire du roi du café, M. Francisco Schmidt, arrivé dans le pays à l'âge de neuf ans et qui aujourd'hui se trouve à la tête de 35 fazendas, «couvrant 38.000 hectares et produisant plus de 200.000 sacs de café par an !
•Citons, parmi les établissements modèles créés par l'Etat de Sâo Paulo, l'Ecole d'agriculture Ltdz de Queiroz, h Piracicaba, où l'on s'occupe de cultures spéciales et intensives, d'agriculture, d'aviculture, d'élevage et de ses dérivés, de culture maraîchère étendue à tous les légumes d'Europe, de laiterie et d'élevage porcin. Inutile de dire que Ton y donne un ens^gnement pratique complet au sujet du café. La oanne à sucre, le maïs et, dans ces dernières années, le riz et surtout le coton ont fait l'objet d'essais très suivis et féconds en résultats. Peu fréquentée au début, l'Ecole de Piracioaba a aujourd'hui près de 150 élèves, presque tous destinés à devenir ingénieurs agrohomes. Par là sera comblée' une grave lacune de l'effectif intellectuel du Brésil. Peuplé de juristes, de médecins et d'ingénieurs encore en nombre insuffisant, le Brésil manque surtout d'ingénieurs agronomes et de vétérinaires. Il ne • saurait trop en avoir.
Pour le personnel subalterne des fazendas, le Gouvernement a créé sur la côte, à Sâo Sebastiâo, un Aprentizado Agricola; à Iguape, également sur le littoral, existe l'école d'apprentissage Bernardino de Campos; à Gampinas, l'Etat de Sâo Paulo possède un important Institut Agronomique^ dirigé djepuis treize ans par un Français, M. Arthaut Berthet, antérieurement professeur à Piracicaba, et qui a pour directeur-adjoint un autre de nos compatriotes.
Un Potager Agraire Tropical {Horto Agrario Tropical) a été aussi établi à Gubatâo, sur le littoral ; mentionnons, en outre, le Campa de Demonstracâo de culture du riz, organisé dans la localité do^Moreira César. Chaque année, à l'époque des récoltes, le Ministre de l'Agriculture facilite la visite des champs d'expérience aux agriculteurs intéressés qui désirent assister aux travaux; des réductions de tarifs leur sont accordées par le chemin de fer.
Les champs de démonstration existant actuellement sont au nombre d'une trentaine, distribués dsins toutes les zones de l'Etat; chaque année, il en est créé de nouveaux. Ils concernent surtout la culture du coton, des céréales, des fourrages;
les plus nombreux sont ceux qui s'occupent du coton et du riz. Ces champs de démonstration et d'autres centres fournissent au Grouvernement de grandes quantités de semences, qui sont distribuées aux agriculteurs. Ces distributions atteignent près de deux cent mille kilogrammes par an.
Il faut encore signaler la Galeria de Demonstracâo de Machinas Agricolas, où le public intéressé peut voir fonctionner les modèles les plus récents.
Au point de vue publications, le Secrétariat ou Ministère de l'Agriculture de Sâo Paulo offre gratuitement aux agriculteurs le Boletim de Agricultura, le Boletim do Instituto Agronomicû et le Boletim do Criador Paulista (Bulletin de l'Eleveur).
lEI. DÉTAIL DE LA SUPERFICIE CULTIVÉE. — ToUS CCS effortS
ont été largement récompensés, comme il le sera démontré plus loin, mais il reste énormément à faire si l'on considère que, sur les 252.880 kilomètres carrés de superficie de l'Etat, un quart 'Seulement se trouve exploité. Le reste est inculte, attendant le travail de l'homme.
Par le recensement agricole opéré au cours de l'année économique 1904-1905, il existait, sur la surface en exploitation, 56.931 propriétés agricoles, occupant une superficie totale de 5.013.809 alqueires ^ réparties de la façon suivante, en négligeant les fractions :
Pourcentage
En bois et forets 2.885.718 alqueires 56,9 Va
En champs et pâturages 1 .447.752 — 28,8 V^
En cultures 636.338 — 12,6 ^/o
En marais et mauvaires terres. . 107.802 — 2,0 V»
Quant aux dimensions, 21.535 de ces propriétés avaient jusqu'à 25 hectares, 11.735 mesuraient jusqu'à 60 hectares, le surplus étant constitué par des exploitations de vastes extensions.
Un recensement plus récent, fait en 1818-19, révéla l'exis-
^ Nous rappelons que Talquelre est égale à 2 hectares 42 ares, soit 24.200 mètres carrés.
AGRICULTURE. GRANDES CULTURES DE l'ÉTAT. CAFÉ. 167'
tence de 86,841 propriétés, ayant une superficie totale de 5.749.695 alqueires, distribuées ainsi qu'il suit :
Pourcentage
En bois eï forêts. 2.190.440 alqueires -37,2 V®
En champs et pâturages. 2.308.741 — 40,1 Vo
En cultures ' 1.129.914 • — 19,6 Vo
En mauvaises terres 120.600 — 2,0 ^/o
Si Ton compare des résultats des deux recensements, on note tme sensible diminution dans la superficie des bois et forêts; on observe, par contre, une augmentation dans la surface en champs, pâturages et taillis et le doublement de l'extension cultivée.
En 1904-05, la valeur des 56.931 propriétés était de 1.051.836 eontos. En 1918-19, les 86.841 propriétés valaient 1.539.316 eontos, le nombre des travailleurs occupés sur ces exploitations était de 681.704, sur lesquels 377.082 étaient brésiliens et 304.620 étrangers.
IV. Variétés des cultures, répartitions des plus rémunératrices. — Nous avons dit que la disposition topographique, la variété des climats, la force presque générale et constajite de la végétation rendaient le sol approprié, plus ou moins, souvent les zones, à la culture de toutes les plantes du monde. Parmi les plus cultivées, il est superflu de dire que c'est le café qui est et continuera à être, pour longtemps en- ' core, la grande richesse et la principale ressource de l'Etat.
Les plantations les plus rémunératrices sont ensuite celles du coton, du sucre, du riz, du maïs, des haricots, du manioc, du tabac, des fruits (bananes, ananas, oranges, etc.) et, en général, toutes les eultures maraîchères.
D'après les données des deux recensements signalés, la superficie cultivée se répartissait de la façon suivante entre les principaux produits de l'agriculture pauliste :
En 1904-05 En 1918-19
En café 361 .572 alqueires 481.033 alqueireg
En canne à sucre ..... 20 . 132 — 33 . 194 —
En coton 3.462 — 61.151 —
En riz 27.441 — 69.810 —
En 1904-Ô5 En 1918-19
En maïs. 143.384 alqueires 336.852 alqueires
En haricots 64.792 — 53.803 -
En vergers 1 .232 — 1 .938 —
En pommes de terre.. 1.738 — 29.740 —
En tabac ".. 1.904 — 13.259 —
En autres cultures 9.820 — 49.134 —
Les chiffres suivants, égailement fournis par la Direction de « Industria e Gommercio » dû Secrétariat de l'Agriculture, montrent l'évolution dans la production des principaux produits agricoles à des périodes régulièrement espacées.