III. La vigne a s. Paulo, rendement et dépenses a l'hectare
PRODUCTIONS des PRINCIPAUX MUNIGIPES VITICULTEURS. — La
culture de la vigne est une branche de Tindustrie agricole qui commence à prendre quelque importance dans Jes Etats de Sâo Paulo et de Rio Grande do Sul ; étant donné les résultats encourageants obtenus dans ces deux Etats, elle promet de devenir une industrie lucrative, autant pour la production du vin que pour celle du raisin de table.
Ce sont des Français venus au Brésil à Tépoque du phylloxéra qui ont propagé cette culture; ils ont acclimaté à Sâo Paulo quelques variétés européennes et américaines; parmi ces dernières, c'est la variété « Izabel » qui fait Tobjet des plus grandes cultures. La véritable impulsion pour la production du vin, qui trouve dans le pays même un placement avantageux, a été donnée par les colons italiens, qui ont constitué depuis une quinzaine d'années des vignobles souvent très étendus. Les raisins de table surtout sont cultivés sur une grande échedle, et il existe plusieurs importants établissements vinicoles.
Un hectare de terre comporte 2.500 à 3.500 pieds de vigne, conformément à la distance qui les sépare, laquelle varie de un à deux mètres. La production du vin d'un hectare est de 100 hectolitres si le vignoble est constitué de ceps américains.
S'il s'agit de raisins dç table, la production d'un hectare est de 8.000 kilogrammes.
Les dépenses de culture d'un hectare de vigne pour la fabrication du vin est de deux contos de reis environ; celles d'un hectare pour raisin de table s'élèvent à cinq contos. Cette dernière est la -plus lucrative, étant donné que le raisin de table est vendu de 1 $ 800 à 2 $ 200 le kilogramme pour les qualités supérieures.
Les chiffres de 100 hectolitres et de 8.000 kilogrammes sont presque des maximums et ils concernent les cas les plus favorables de culture et de cueillette. Dans les principaux municipes viticulteurs, où l'on plante généralement 3.000 pieds à l'hectare en moyenne, et chaque pied produisant deux litres de vin, la production moyenne de vin est donc de 6.000 litres, cela dans des vignobles entretenus sans grands soins.
Les raisins les plus cultivés sont le Moscatel, Vlzahel et le Nord-Virginie, plus diverses variétés de raisins de table. La maturité a lieu fm décembre et la récolte est faite en janvier
et février par les femmes, les enfants et les hommes disponibles.
. Sâo Roque, à 67 kilomètres de Sâo Paulo, est le municipe le plus riche en vignobles et le plus grand producteur de vin; on y compte une cinquantaine de propriétaires produisant une moyenne annuelle de 615.000 litres de vin, quantité qui est entièrement consommée dans la commune.
La production annuelle du vin dans l'Etat de Sâo Paulo varie de 10 à 15.000 hectolitres. Les principaux municipes viticulteurs sont, par ordre d'importance décroissante :
Sâo Roqu£, 7.000 hect; Serra Negra, 1.500 hect.; Tiété, 1.500 hect.; Indaiatuba, 510 hect.; Itapira, 480 hect.; Amparo, 700 hect.; Itaporanga, 300 hect.; Sâo Bernardo, 290 hect; Hapeiininga et Sâo Pedro, chacun 100 hect. Una, S, Bento dâ Sapucahy, I tarare, Santa Amaro sont aussi des producteurs de vins et raisins de table.
Le prix de vente des vins oscille entre 100 et 160 milreis la quarlola ou barrique de 210 litres et entre 600 et 1 milreis le litre. Le prix du raisin de table varie de 700 à 1 milreis et jusqu'à 2 milreis le kilogramme, suivant la qualité et le lieu.
Le rendement en vin de chaque pied de vigne varie; il est de un à deux litres à Tiété, 2 litres i/2 à Serra Negra, à Sâo Roque et à Amparo ; Una, 3 à 4 litres, Sâo Bernardo et Itapira, i litre.
Malgré les bénéfices copieux laissés par la vente du vin, il ne semble pas que la fabrication se soit accrue ces dernières années, car la production de l'Etat de Sâo Paulo ne s'est élevée qu'à 10.359 hectolitres en 1919. Par contre, l'extension des vignes pour raisin de table s'est fortement accrue, car la production est passée de 125.000 kilogrammes en 1913 à 5.793.465 kilogrammes en 1919. La raison en est que la culture du raisin de table laisse au moins le double de bénéfice que celle du raisin pour le vin, quoique le rendement de ce dernier soit plus constant et demande moins de soins.
La question de la culture de la vigne, que l'on disait ne pas devoir s'acclimater au Brésil ni dans aucune zone tropicale, est tranchée en ce qui concerne Sâo Paulo, le Parana et Bio Grande do Sul. Ge dernier Etat produit déjà une quantité quadruple d'un vin déjà passable. Là fabrication à Sâo Paulo, sauf quelques exceptions, laisse fort à désirer et est faite, en général, sans grande compétence par des Italiens bien inten-
tionnés. Entreprise rationnellement, l'industrie peut donner,comme le démontre l'exemple du Rio Grande do Sul, des résultats extrêmement brillants et rémunérateurs; le placement des récoltes ne saurait faire défaut, car il faudra du temps et des efforts avant d'arriver à produire pour satisfaire une partie de la consommation locale. L'Etat, et le Brésil entier, devra importer longtemps encore, non seulement les vins fins, mais les vins meilleur marché, de France, de Portugal et d'Espagne.
IV. Culture de l'anana^-abagaxi. — L'abacaxi est une variété supérieure d'ananas fort cultivée à Pernambuco et dont la culture a été entreprise avec succès à Sâo Paulo, notamment dans les municipes de Mogy-Mirim, qui possède 2.500.000 pieds produisant annuellement 2.500.000 abacaxis, Boituva, GajnpinaSj Villa Americana et Nova Odessa, Araraquara, S. José das Campos, Itu, Itararé. La production totale annuelle de ces localités dépasse 3 millions de fruits, variant de 1 à 4 kilogrammes, dont la plus gï*ande partie est expédiée à Buenos Ayres et Montevideo et le reste est consommé à Sâo Paulo, à Rio et dans les Etats voisins de Parana et Rio Grande do Sul (production d'Itararé).
Les plantations se font d'avril à j'uillet avec les plants de la récolte précédente qu'on laisse amçncelés dans un endroit sombre, à l'abri du soleil. On arrache les feuilles qui se trouvent près du bulbe et l'on plante chaque pied à 0 m. 50 d'intervalle et en laissant un espace de 1 mètre entre chaque file. Une plantation d'un hectare comporte donc 20.000 pieds. L'abacaxi met généràlenaent de dix-huit à vingt mois pour fructifier. Les plantations ne doivent pas être faites toujours dans les mêmes endroits, on fait une deuxième récolte dite de la soca la troisième année de la plantation.
Les frais nécessités par la culture de 1.000 pieds sont en général de 50 milreis approximativement et de un conto de reis pour un hectare. Le rendement d'un hectare de 20.000 pieds d'abacaxis est de 15.000 fruits en moyenne; ces fruits sont vendus par les planteurs 10, 15 et jusqu'à 20 milreil le cent, suivant la qualité et la demande. Chaque abacaxi coûte de 100 à 200 reis, c'est-à-dire 0 f r. 18 ou 0 fr. 36 de notre monnaie au change normal fort; on voit que ce fruit exquis, qui est vendu en France de 7 à 15 francs et plus la pièce,
pourrait être accessible à tous si le transport en était assuré par les vapeurs frigorifiques.
V. De l'oranger. — Une autre culture encore plus lucrative que la précédente est celle de l'oranger qui, quoique cultivé partout dans l'Etat par les particuliers, ne l'est qu€ sur une petite échelle.
Il n'existe de plantations importantes et assez bien soignées que dans les localités de Rio Glaro, S.- José dos Campos, Mogy Mirim, Taubaté, Piracicaba, Jacarehy et Araçariguama.
Les dépenses d'une plantation d'orangers sont de 1 conto 200 en moyenne par hectare ; à partir de la cinquième année, époque des récoltes commerciales, les frais sont insignifiants, consistant seulement dans le travail de la récolte et de nettoyage. Plusieurs variétés spéciales d'orangers sont cultivées; parmi les meilleures figurent les oranges à ombilic de Bahia, la selecta de Rio de Janeiro, l'orange citron et d'autres variétés communes. Les premières sont vendues 4 et 3 milreis le cent, les autres 2 milreis, ceci en novembre et décembre, époque de grande production ; en avril, les oranges sont plus chères.
La production d'une orangeraie varie suivant la qualité et l'âge de l'arbre, lequel, en général, ne donne que peu de fruits avant cinq ans. Les orangers sont plantés à un intervalle de 3 mètres, le rendement est en moyenne de 200 fruits par pied d'oranges dites spéciales, il va de 500 jusqu'à 1.000 fruits pour les variétés communes. A Piracicaba, un alqueire de terrain planté en orangers donne 220.000 fruits, soit 90.900 oranges à l'hectare.
La dépense étant de 1 conto 200 et la vente produisant 6 contos, le bénéfice d'une orangeraie peut atteindre plus de 300 %. La terre à choisir est la terre à café, rouge, violette ou encore sablonneuse et blanche.
VL Fabriques de confitures. — Outre la mangue, l'avocatier et nombre d'autres fruits des zones tropicales, Sâo Paulo produit encore les fruits des pays tempérés, comme les pèches et les poires, ainsi que le kaki du Japon. Tous ces fruits pourraient faire l'objet de plantations bien plus importantes, surtout en ce qui concerne les pêches^ et les poires,
Torange et le ooing. Il est facile de tirer un parti fructueux de tous les fruits produits par FEtat,/ surtout de ceux difficilement exportables, en les convertissant en confitures, gelées et marmelades.
Le Brésil, grand producteur de sucre et de fruits, devait naturellement être appelé à fabriquer des confitures; d'importantes confitureries se sont en effet organisées, principalement à Rio de Janeiro, à Sâo Paulo, Gampos, Pernambuco et Rio Grande do Sul. Les principales usines se trouvent à Rio de Janeiro, leur production est relativement considérable; à Sâo Paulo, il n'y a qu'un établissement vraiment important, la fabrique « José da Silva e Filho » ; cette industrie pourrait y être largement développée, car toutes, ou du moins la grande majorité des confitures ou gelées fabriquées, peuvent faire l'objet d'un commerce d'exportation avec l'Europe qui se développera de plus en plus.
Les principaux fruits employés, suivant les saisons, sont : la fraise, l'orange, l'ananas, la goyave, la mangue, la pêche et surtout le coing (marmel), dont la récolte est très abondante dans l'Etat de Sâo Paulo. La gelée de banane se fabrique également, de même que celle d'orange, très appréciée. On prépare également, mais surtout avec les déchets de fabrication, des « marmelades » qui ne peuvent être consommées que dans le pays.
Les confitures sont, en général, fabriquées avec beaucoup de soins; l'emploi du glucose est inconnu et seul le sucre de canne cristallisé, 1*' jet, rentre dans la fabrication. Les confitures sont passées à l'autoclave, et nous avons pu constater le bon état de conservation de gelées stérilisées fabriquées depuis plusieurs années. Cette branche d'industrie est extrêmement intéressante.
VIL La CULTURE DU CACAO SUR LE LITTORAL. — Lc cacQoyer ne fait pour ainsi dire l'objet d'aucune culture dans l'Etat de Sâo Paulo ; le monopole de la production du cacao est laissé aux Etats de Bahia, de Para et d'Espirito Santo, ce dernier en petite échelle, quand des plantations pourraient parfaitement être entreprises sur la zone littorale de l'Etat. Des essais faits dans l'île de Sâo Sebastiâo ont donné d'excellents résultats. La culture du cacaoyer a l'avantage d'-exiger peu de main-d'œuvre et d'entretien, la récolte en est facile et le pro-
duit est exporté tel quel sans préparation spéciale en dehors du séchage.
La plantation est faite en mars, septembre et octobre, à une altitude qui peut aller de 20 à 400 mètres; la cueillette s'opère en mars et juillet. Le cacaoyer commence à produire à quatre ans et a une vitalité de cinquante ans et plus; il donne de 30 à 40 fruits par arbre et chaque fruit de 25 à 30 semences. Une moyenne de 450 kilogrammes est la production d'un hectare planté de 041 cacaoyers. On obtient 1 kilogramme de cacao sec avec 30 à 40 fruits des variétés originaires du Para ou de Maranhâo.
VIII. Les graines oléagineuses : ricin, arachides. — Parmi les graines oléagineuses, très nombreuses au Brésil, les plus utilisées sont celles de coton, de ricin et d'arachides. L'Etat de Sâo Paulo peut produire toutes ces graines en quantités illimitées; nous savons déjà l'importance des plantations de coton. On sait aussi que la graine de coton fournit des huiles pour la lubrification des machines et la fabrication du savon. Purifiée, elle sert aussi pour l'aJimentation, rôle qui ne devrait pas lui être accordé, sauf en occasion exceptionnelle, étant donné que d'autres plantes peuvent fournir un produit bien supérieur, à nôtre avis.
La culture en grand du ricin, qui croît naturellement dans de vastes zones du littoral pauliste, devrait donner de beaux résultats : c'est une production facile, à peu près négligée. Jusqu'en 1916, le ricin ou mamona n'était que peu cultivé au Brésil, il existait à l'état sauvage en grandes quantités dans la plupart des Etats brésiliens. L'exploitation en était très réduite dans l'Etat de Pernambuco, qui à lui seul produisait et exportait près de 3.000 tonnes de graines chaque année, destinées au Portugal et aux Etats-Unis. En 1916, le Gouvernement brésilien en conseilla la culture et l'exploitation en prévision des grandes nécessités de l'aviation, car, outre les excellentes huiles fines et superfines pour l'usage médical, le produit inférieur sert de lubrifiant spécialement pour les moteurs d'aéroplanes, à cause de sa haute résistance à la congélation. Du fait de rencouragement donné, il y eut une récolte abondante en 1917; elle eût été bien supérieure en 1919 si les gelées anormales et malencontreuses survenues sur le haut plateau de Sâo Paulo n'avaient réduit considérablement une production qui était évaluée à 100.000 tonnés.
CULTURE ET ENTREPRISES A GRÉER OU A DÉVl^LOPPER. 283
Les petits fazendaires paulist-es continuent la culture du ricin, mais avec peu d'entrain, semble-t-il ; la culture est facile, le sol humide et chaud de la zone littorale convient particulièrement à cette culture qui peut, en outre, être entreprise partout. Quelques huileries de ricin, bien outillées, existent maintenant dans l'Etat de Sâo Paulo.
Les types de graines les plus répandues sont : le type « Guyer », très grosse graine également et d'un rendement; le « Zanzibar », graine large et grosse donnant 45 %; la « bocaina », graine plus petite, mais donnant jusqu'à 50 %, Toutes ces graines peuvent donc se comparer comme richesse en huile aux meilleures graines des Indes anglaises; «lies sont connues dans le commerce brésilien souâ les dénominations suivantes : « mamona grossa » de Sâo^ Paulo et meia ou moyenne de même origine, puis la « miuda », petite graine de Pernambuco.
Les récoltes de ricin ont lieu en janvier-février et en septembre-octobre. Si l'on ajoute que la tige du ricin donne des fibres acceptées pour les cordages et pour la fabrication de la pâte à papier; que les feuilles sont, d'autre part, un fourrage vert estimé et fournissant une alimentation de premier ordre au ver à soie, on trouvera le ricin une plante intéressante.
IX. L'araghide. — Une culture à développer est celle de Tarachide, qui trouverait dans l'Etat de Sâo Paulo un terrain admirable; cette légumineuse n'obtient pas cependant l'accueil qu'elle mériterait, car elle serait d'un grand profit. L'exportation du pays entier est à peu près nulle, 150.000 kilogrammes, chiffre plus ou moins stationnaire depuis 1910. On ne comprend guère cette indifférence pour une culture facile et rémunératrice qui se développe seulement dans l'Etat de Rio Grande do Sul. L'Etat de Sâo Paulo pourrait être un grand producteur d'arachide et, en. plus, fabricant et exportateur d'huilés. La majeure partie des huiles comestibles consommées au Brésil sont importées; on est en droit de s'étonner de ne pas voir se créer des huileries d'arachide qui pourraient fournir à la population des produits supérieurs, comme goût •et qualités, aux très mauvaises huiles portugaises importées et aux huiles de coton baptisées huiles d'olive. Il y a là une industrie à créer et à développer.
Les qualités d'arachides cultivées à Sâo Paulo sont dites
blanches et rouges; elles viennent très bien dans toutes les terres sablonneuses où elles sont plantées à un intervalle de 0 m. 60 environ. On plante en septembre-octobre. A Piracicaba et à Brotas, un hectare produit généralement 65 mesures de 50 litres, soit 3.250 litres. Dans les terres médiocres, 50 à 55 mesures.
Ghacun-e de ces mesures de 50 litres est vendue 6 milreis en moyenne. Les dépenses, qui comprennent les soins de culture et la récolte, s'élèvent à moins de 100 milreis par hectare. Cette culture est donc d'un excellent rendement et mériterait plus d'intérêt, malgré que, au cours de ces trois dernières années, les fruits oléagineux commencent à apparaître dans l'exportation pauliste : graines de coton, de ricin, de coco babassù, etc., donnèrent les quantités et lés valeurs suivantes à partir de 1917 :
Années Tonnes Valeurs
En huiles végétales fabriquées avec les mêmes fruits, l'Etat exporta : , ^
Années Tonnes Valeurs
Ce n'est là qu'un commencement et il y a encore énormément à faire dans cette branche agricole et industrielle.
X. Textiles. Culture de l'agave ou piteira. — • Cette culture, à peu près inexistante, sauf dans l'Etat de Rio de Janeiro, est encore de celles qui peuvent envisager de larges perspectives. Il n'y a pas longtemps encore que tous les sacs pour le commerce extérieur comme pour les transactions entre Etats, dans la grande exportation du café, du sucre, des céréales, de la viande, etc., étaient importés de l'étranger. On importait les sacs et l'on faisait, dans tout le pays, un grand commerce de
sacs usagés. La dîme payée à Tétrang^r par cette importation amena la création, dans tout le Brésil, d'une vingtaine de fabriques utilisant la matière première importée : le jute et le chanvre. Cette industrie a pris un grand développement dans TEtat de Sâo Paulo où se trouvent les plus importantes fabriques dont la valeur représente les 75 % du capital investi dans tout le pays.
L'importation du jute et du chanvre prit une importance considérable puisqu'elle atteint plus de 25.000 contos par an, sur lesquels la part du jute est de près de 19.000 contos. Ces chiffres poussèrent quelques organisations à rechercher les moyens de cultiver le jute ou de provoquer l'exploitation des fibres que le Brésil possède dans sa flore si riche. Des études faites à Sâo Paulo, il résulta que les espèces végétales, telles que : la guaxina ou arqmina, la vassourinha, le gravata, la maxambira, le coroa, le piuma et la pita se prêtaient parfaitement à la fabrication des cordes et des sacs.
La pita, surtout, pourrait parfaitement être substituée au jute. Ce dernier peut aussi être cultivé dans l'Etat, de même que Varamina; l'expérience en fut faite avec succès, mais les fibres revenant à un prix quelque peu supérieur à des fibres importées, l'on ne persista pas dans cet essai. La pita ou piteira, agave qui vient très bien jusque dans les terres les plus pauvres, est certainement le succédané rêvé du jute.
La piteira, qui est aussi connue au Brésil et dans l'Etat sous le nom de « caraguata assù » et porte le nom scientifique de « Fourcoroya Gigantea », vit de préférence sur tout le littoral de Sâo Paulo, mais il croît également dans l'intérieur de l'Etat. C'est une des nombreuses espèces d'agave dont le genre comprend plusieurs groupes ; le « Fourcoroya cubensis », très abondant dans tout le pays, est une autre piteira donnant aussi d'excellentes fibres. Les applications des fibres de piteira varient à l'infini : câbles, cordes, ficelles, sacs, paillassons, étoffes^ etc. La pita sert encore pour la fabrication de certaines quailités de papiers; elle pourrait encore, outre le rendement de ses feuilles, remplacer le fil de fer barbelé comme clôture de propriété.
En dehors des fibres, la piteira peut encore se prêter à la production de l'alcool industriel, ce qui est réalisé dans les pays où cette plante est exploitée en grand. L'alcool ainsi obtenu servirait à alimenter tout le machinisme agricole mo-
derne, la motoculture étant appelée à se développer si ro» veut amener une diminution du coût de la. production, afin de pouvoir supporter la concurrence des autres pays producteurs.
La piteira croît dans tous les terrains un peu élevés, elle vit parfaitement dans les mauvaises terres (non marécageuses) sèches, sablonneuses, etc. Elle ne demande presque aucuns soins et résiste aux intempéries. La multiplication s'opère au moyen de rejetons plantés dans des fosses alignées à un intervalle de 2 m. 50 à 4 mètres, suivant l'espèce. Les feuilles ont de 6 à 9 pieds de long et la récolte peut en être, faite de la troisième à la quatrième année; le rendement est de 30 à 40 feuilles par coupe, pesant chacune près d'une livre et donnant 2 à 3 % d-e fibres mesurant 90 centimètres de long.
Etant donné qu'il faudrait 85.000 hectares de terrain plantés en piteira pour remplacer les 14 millions de fibres de jute importés, le champ d'action de cette culture serait absolument illimité.
XL L'industrie de la pêche, poissons de mer et poissons d'eau douce. — Il n'y a peut-être pas d'eaux plus poissonneuses que celles du littoral brésilien et des fleuves et rivières de l'intérieur du pays ; il n'y a pas non plus de pays où l'industrie de la pêche, qui pourrait être, une des grandes ressources du Brésil, soit plus négligée ou exploitée d'une façon aussi rudimentaire; aussi, la presse de ce pays fait-elle campagne depuis quelques années afin que l'on s'occupe et que l'on tire parti des richesses aquatiques sans limites que possède le pays.
La seule organisation qui exploite un peu rationnellement cette industrie est la « Ck)m.pagnie de Pèche de Santos », constituée il y a quelques années dans l'Etat de Sâo Paulo sur l'initiative de l'apôtre de la pêche en eaux brésiliennes, le commandant Villar. Cette société, qui dispose d'un bon matériel flottant d'une valeur dépassant 900 contos, et possède des marchés couverts à Santos, S. Vicente et Rio de Janeiro, réalise de bons bénéfices dont la moyenne annuelle s'élève à 250 contos net.
Il serait trop long de donner les noms des poissons les plus communs sur les côtes, dans les fleuves, les lacs et les lagunes de l'Etat, leur nombre est trop grand; -nous nous bornerons
Élevage de l'aulruclie
a (Kliea americarm).
à en signaler quelques-uns. Parmi ceux d'eau douce nous citerons :
Le Curimafa, poisson semblable au S£|,umon, très .abondant; le Peixe'Cavallo, le Piaba, le Mmidi-Jnha, le Pdcu, le Piracanjuha, le Stiruby, le Trahira, le Pirapetinga, etc.- Dans les eaux du Parana et de ses affluents on trouve le Jahù, le Sucurys, des Dorades qui pèsent jusqu'à 20 kilogrammes, des Piaparas et Surubys pesant plus de 6 kilogrammes, des Trahiras de plus de 0 m. 60 de long, etc.
Parmi less poissons^ d'eau salée, les plus communs et ceux dont la pêche est plus facile sont les suivants :
Bagre, Caçâo Legitimo, Caranha, Coropeva, Caçonele. Charelete, Cheme, Coeoroca, Corvina, Anchois, Gallo, Garoupa, Gueie, Sole, Niero, Olhete, Olho de Boi, Oveva, Pargoa, Paru, Merlan, Piragica, Prejereva, Raie, Roballo, Roncador, Sardine, Savelha, Sioba, Tanche et le Poisson Rouge.
Il faut remarquer que le poisson de mer constitue l'alimentation et le principal produit d'exportation des habitants du littoral pauliste et que, en plus de ces poissons principaux, on y trouve encore le Mirasello, le Camburu, le Peixe-Espada, le Para'y, le Cavalla, etc. *
ha. Baleine, que l'on trouve encore aujourd'hui dans la région du littoral, a jadis fait l'objet de grandes pêches, comme le prouvent les ossements existant, notamment, dans la Bertioga, un des trois canaux de Santos.
Des résultats industriels de la pêche, il n'y en a pour ainsi dire pas. L'industrie du poisson n'a pas encore été créée. Il y a, dans la ville de Sâo Paulo, une firme, « Bortalamasi et G° », qui se borne à acheter des sardines h Santos, à les faire transporter à Sâo Paulo, à les conserver par les moyens ordinaires et à les vendre ensuite au commerce.
Sans tenir compte des petites sociétés faites entre les pécheurs, on peut dire que, sauf la « Gompanhia de Pesca Santista » et la firme Bortalamasi de Sâo Paulo, il n'existe pas, dans l'Etat, de sociétés ou d'entreprises organisées de pêche, de salaison ou de conserve de poissons.
La pêche, étant donné des besoins de la consommation, aussi bien à Sâo Paulo qu'à Rio de Janeiro, serait une industrie capable de rémunérer largement les capitaux employés- La mise en boîtes et les conserves de poissons offrent un champ d'action des plus vastes.
XII. Apiculture et sériciculture. — Les progrès observés dans l'apiculture et la sériciculture sont intimement liés au développement agricole de l'Etat. L'abeille a été importée en 1904, par des colons italiens, et fournit un miel d'excellente qualité. On peut évaluer à environ 80 tonnes le miel produit dans l'Etat de Sâo Paulo et vendu à des prix qui varient entre 1 et 2 milreis le kilogramme. Cette industrie est encore dans l'enfance et mérite d'être développée.
Quoiqu'on ait dit que la culture du cocon et la filature de la soie sont des industries de pays pauvres et de main-d'œuvre abondante, puisqu'il est établi que la production de ce textile, dont le centre a été la France et l'Italie, a graduellement passé aux pays du Levant d'abord et en Extrême-Orient 'ensuite, cette industrie peut fournir un complément de ressources aux activités stimulées des habitants de l'intérieur, Paulistes ou colons étrangers. Les essais tentés en divers endroits ont démontré que la sériciculture trouverait un succès analogue à celui de l'apiculture et un débouché assuré pour les cocons dans les fabriques locales de soieries.
Voici, à ce sujet, un petit devis d'exploitation de vers à soie:
Dépenses : 30 grammes d'œufs 10$
feuilles de mûrier 20 $
main-d'œuvre 70 $
Ces débours permettent d'obtenir 60 kilogrammes de cocons valant au minimum 350 milreis, ce qui donnerait un bénéfice net de 250 milreis. L'entreprise vaudrait la peine d'être tentée sur une grande échelle; elle ne fait l'objet que de quelques initiatives particulières encore peu développées.
Depuis que l'industrie textile de la soie a trouvé dans le lin une sorte de succédané pouvant présenter un certain intérêt, étant donné l'affaiblissement de la production du cocon, cette culture, qui vient très bien à Sâo Paulo, pourrait y être entreprise et développée sans risque.
XIII. L'élevage de l'autruche américaine (Rhea americana). L' « EMA » DU Brésil. — Que l'on ne prenne pas cette idée de l'élevage de l'autruche américaine pour une suggestion fantaisiste et saugrenue; nous avons la conviction que cet éle-
vage, des plus faciles à réaliser dans certaines zones, peut constituer une industrie très lucrative joint à celui des bêtes à corne-s.
L' « ema », tel est le nom du rhea au Brésil ^, se rencontre dans toutes les contrées herbeuses de la grande Ck)nfédération, depuis le Nord de l'Etat de Goyaz jusqu'au Rio Grande do Sul. Dans ce dernier Etat, nous en avons vu des bandes entières paissant au milieu des troupeaux de bêtes à cornes dans les champs clôturés. On sait que l'autruche américaine diffère par la taille de sa sœur africaine; celle-ci n'a que deux doigts à chaque patte, le « rhea » en a trois. Le cou et la tête de ce dernier sont couverts de plumes courtes, ce qui n'existe pas chez l'autruche d'Afrique. Chez le rhea, le plumage du mâle et celui de la femelle diffèrent peu. Dans les terres à pâturages du Triangle Minier et les cam'pos de Goyaz, nous avons rencontré fréquemiment des familles de 30 à 40 autruches conduites par un mâle vigilant. Le mâle possède généralement un harem de femelles, chacune desquelles apporte sa quote-part au nid commun; celui-ci arrive à contenir 40 à 50 œufs. C'est le mâle qui incube les œufs et veille ensuite sur les jeunes autruches.
La domestication de 1' « ema » est des plus faciles ; il suffit de parquer un certain nombre de ces énormes oiseaux dans les immenses pâturages clôturés destinés aux bêtes à cornes. Dans les zones d'élevage de l'Etat de Sâo Paulo, l'herbe et les céréales sont en abondance; il faut à 1' « ema » de 5 à 6 kilogrammes d'herbes ou de racines par jour et une eau abondante; si l'on ajoute à cette alimentation un litre de maïs, voire de haricots (en cas de surproduction), la croissance de l'animal serait plus rapide, il fournirait un poids plus fort en viande. Quoique grand coureur et aimant chercher luimême sa nourriture, étant omnivore, c'est-à-dire mangeant de tout, et donner la chasse aux insectes, larves, serpents, limaces, etc., dont il est friand, qu'il aime choisir lui-même son abri, l'oiseau -peut être facilement accoutumé à une demiliberté et revenir lui-même chaque soir dans un enclos déterminé. Nous savons que la reproduction est abondante et facile, passons au parti à tirer de cet élevage.
Nandu en Argentine, ou simplement Avestruce (autruche).
Vn oiseau adulte pèse de 35 à 50* kilogrammes, la chair est excellente; dûment congelé dans les abattoirs frigorifiques de Barretos, zone d'élevage, l'oiseau entier pourrait être exporté en Europe, où la chair, qui ressemble à celle du dinde, ne manquerait pas d'être vio^e-ment appréciée. Ce n'est pas tout : les plumes de l'autniche américaine, quoique aon comparables à celles de sa congénère d'Afrique, sont un excellent article d'exportation. Sous le nom impropre de <* vautour » ou plumes « Plata », elles font Tobjet d'un commerce important entre la République Argenitine et l'Eiirope. Ces plumes sont cotées 100 francs le kilogramme sur le marché français. Un ema adulte peut donner jusqu'à 3 kilogrammes de plumes, la femelle presque autant.
Il convient aussi de tenir compte que l'œuf peut aussi être retenu pour le commerce de l'albumine. On sait qu'il- est comesiible et équivaut à une trentaine d'œufs d-e poule, sa dimension étant généralement de 42 à 14 centimètres d^e long sur 8 à 10 de diamètre, avec son poids allant jusqu'à uae livre et demie. Ce bénéfice ne doit pas être éca^rté. Si l'on considère tous ces avantages, on conviendra quie l'éievage du rhea peut être une affaire lucrative, d'autant plus qu'il peut être entrepris concurremment avec celui du bétail.
XIV. Industries a créer ou a db veloi^er. — Indépendamment des grandes affaires, toujours possibles après études préalables, un grand nombre de ï)etites et moyenn-es industries restent encore à créer et à développer avec profit dans l'Etat de Sâo Paulo. Il serait inutile de les mentionner en détail, car les conditions de création de chacune d'elles dépendent des circonstances locales; tout demande à être étudié sur place.
A notre époque, où la pénurie de carburants se fait sentir partout,' ne serait-ce pas une bonne affaire que de tirer du maïs un excellent alcool industriel? Les grandes cultures- de coton entreprises par des agriculteurs grands 'et petits appellent des usines à décortiquer et à bonifier le produit et un matériel compresseur pour en faciliter le transport. Il y a encore place pour de nombreux moulins à décortiquer le riz; toutes les opérations concernant la préparation du coton et le riz laissent encore à désirer, n'étant pas faites avec tous les soins nécessaires.
Du fait de l'entrave apportée par la guerre au développement de rimmigraiion et de la colonisation, remploi de la motoculture est tout indiqué, étant donné que les conditions <les terrains et des cultures de nombreuses zones se prêtent à Tutilisation d'un matériel moderne qui permettrait de suppléer à la pénurie de main-d'œuvre. Grâce à l'emploi d'un matériel motoculteur, la production agricole serait intensifiée, <en même temps que l'ameublissement plus complet et soigné du sol amènerait un rendement supérieur à celui des méthodes actuelles. Notre industrie d'appareils de motoculture est très développée, pourquoi nos fabricants n'auraientr-ils pas là-bas un ou plusieurs dépôts? La vue de ces appareils et tracteurs inspirerait vite l'envie de les acquérir.
L'organisation de transports par camions automobiles entre certaines locaJités de zones mal desservies pourrait consiituer un bon rapport.
Les briqueteries qui existent déjà, mais en nombre insuffisant, seraient une industrie à exploiter avec succès sur plusieurs points, mais elles devront être créées à proximité du centre consommateur. Ceux-ci sont nombreux; à Sâo Paulo, le bâtiment était dans une période des plus florissantes, qui fut paralysée par la guerre, de même dans un grand nombre de localités parmi les plus importantes et dans des quantités de centres de population naissants. Les exigences de ce matériel, tuiles et briques, sont actuellement énormes. Les fabriques de papier, pour lesquelles on trouverait dans le pays une matière première appréciable, sont également à signaler.
En résumé, il y a beaucoup à faire dans l'ordre des affaires nouvelles, car, on général, sauf dans l'Etat de Sâo Paulo, pays •d'initiative, et encore dans des limites données, le capital brésilien circule assez difficilement. Il est assez difficile, sauf la réserve faite, de trouver des capitaux pour faire les frais d'une industrie ou pour développer une affaire. En général, les banques n'accordent de crédits qu'à leurs déposants et dans la limite de leurs dépôts respectifs. Avec beaucoup de peine on obtient quelque chose dans certains cas, mais à des conditions onéreuses. Des Caisses agricoles ont amélioré la situation pour l'agriculture, mais le problème reste complet pour l'industrie. Il y a encore une marge énorme entre ce qui -est fait et ce qui pourrait être fait.
Même à Sâo Paulo il arrive aux habitants, non seulement
d'ignorer ou de négliger les ressources de leur sol et de leur sous-sol, mais de ne pas y croire, de les nier, jusqu'au moment où rinitiative étrangère tire parti de Tune de ces richesses. C'est en raison de ce peu de propension des capitaux à sortir des caisses qu'un grand nombre d'industries et d'affaires lucratives, aussi bien agricoles que commerciales, se trouvent entre les mains d'étrangers. On s'étonne de voir abandonnées ou dédaignées des opportunités merveilleuses de réaliser de gros avantages dans l'exploitation des richesses du sol; c'est pourquoi il y aura longtemps encore des places nombreuses pour les initiatives.
Les bois et Findustrie forestière.
I. Etat embryonnaire de cette industrie, déboisement inconsidéré, le domaine forestier de TBtat. — II. Principales essences des forêts paulistes, poids spécifique, résistance, utilisation. — III. Les nécessités de l'Europe et les forêts brésiliennes. — IV. Exploitation des forêts du littoral par des sociétés françaises : Société Française pour l'Exploitation et le Commerce des Bois Exotiques (domaine de Caraguatatuba) ; Compagnie Agricole et Forestière de Cananéa. — V. Une industrie lucrative, le reboisement dans l'intérieur, éventualité d'une crise du bois de chauffage. — VI. lies plantations d'eucalyptus, les expériences de la « Paulista ». — VII. Valeur et rendement industriel de l'eucalyptus, ses produits. — VIII. L'industrie du charbon de bois.
I. Etat embryonnaire de cette industrie, déboisement inconsidéré, LE domaine forestier DE l'Etat. — L'exploitation industrielle des forêts, dans lesquelles les bois communs et les bois précieux constituent pour FEtat de Sâo Paulo, comme pour le Brésil, dans son ensemble, une richesse à peu près inépuisable, mériterait, de retenir Tattention des spécialistes en la matière.
Cette industrie, qui devrait être une des plus importantes du pays tout entier, est restée à peu près à Tétat embryonnaire. Les raisons de cet état de choses résident, en général, dans la cherté et la difficulté des transports et surtout le manque de méthode et d'outillage approprié de la part des exploitants. Dans ces conditions, les bois de construction indigènes luttèrent assez difficilement jusqu'à la guerre, sur le marché national, avec les bois étrangers, malgré les droits protecteurs dont ces derniers 'Sont frappés en douane.
Aussi la principale exploitation des forêts, en dehors d'une
exportation très réduite de quelques bois de luxe tels que lepalissandre, vers quelques ports européens, dont le Havre,. a-t-eJle consisté, jusqu'ici, à en retirer des traverses et du bois à brûler pour les chemins de fer en construction et en trafic. Or cette exploitation n'a été, ces dernières années surtout, en raison de la rareté du charbon étranger, qu'une déplorable dévastation de toutes les magnifiques forêts qui se trouvaient en bordure des voies ferrées. -^
Les entrepreneurs, mal outillés, ayant à lutter contre des difficultés de transports, ne se préoccupaient que des bénéfices immédiats et sacrifiaient aveuglément l'avenir au présent, en abattant indistinctement les arbres les plus rapprochés et en livrant aux rails et aux fournaises des locomotives les bois précieux, pêle-mêle avec les bois de construction et les bois communs.
C'est cette destruction barbare, jointe au déboisement sans règle ni limite opéré par les paysans de l'intérieur qui, convaincus que les terrains boisés sont les plus fertiles, mettent le feu à de grands espaces pour pratiquer quelques cultures faciles, ce qui fait que de grandes surfaces de terrains sont couvertes de capoeiras ^. Pour le surplus, les magnifiques forêts de l'intérieur de l'Etat, parmi les plus accessibles, font place aux plantations de café et autres denrées donnant des profits plus immédiats. Cette destruction pouvait avoir dans l'avenir des conséquences désastreuses, car, les forêts disparaissant des zones le^ plus peuplées, il fallait aller chercher le bois toujours plus loin, ce qui en augmentait le prix ; aussi le Gouvernement dut-il prendre des mesures pour atténuer, sinon empêcher, cette dévastation.
A l'heure actuelle, le domaine forestier de PEtat de Sâo Paulo, resté intact, est celui de la région littorale et celle des nouvelles zones de l'Ouest et du Nord-Ouest, aboutissant au Parana, qui ont été récemment ouvertes à la civilisation. Ces deux régions peuvent offrir un grand champ d'action à l'industrie forestière; toutefois, la dernière devra, en raison de
^ Les capoeiras sont des espaces de torraîoe déboisés et mis quelque temp» en culture. Abandonnés et laissés en friche par les paysans ignorants qui vont porter plus loin leurs déprédations, ils se recouvrent peu à peu d'une nouvelle végétation, mais beaucoup moins riche.
LES BOIS ET l'industrie FORESTIÈRE. 205
la dislance qui la sépare du littoral et de la capitale, constituer une réserve pour un av-enir très prochain, étant donné la rapidité avec laquelle cette zone tend à se peupler.
Les forêts du littoral pauliste, qui apparaîtraient d'une puissance merveilleuse à un Européen, ne présentent pas le même aspect ni la même densité que la forêt équatoriale des régions amazoniennes ou même des forêts de TEspirito Santo dans la vallée du Rio Doce. Les arbres n'y atteignent pas la même croissance et sont généralement plus espacés les uns des autres; les essences elles-mêmes sont souvent différentes, malgré que Ton y rencontre beaucoup d'espèces semblables à celles existant dans le bassin de l'Amazone. On y trouve une profusion plus grande d'essences de moindres dimensions et surtout une infinie variété de fleurs et de fougères remplacent, dans les forêts du littoral pauliste, les plantes et les arbres aux feuilles larges et épaisses particulières aux régions équatoriales.
Sur les 1.059 variétés d'orchidées possédées par le Brésil, sur les 4.130 existant en Amérique, les espèces les plus précieuses se trouvent dans la Serra do Mar, où l'air pur, l'humidité et la chaleur leur procurent les meilleurs éléments de beauté.
La flore forestière de l'Etat de Sâo Paulo n'en est pas moins extrêmement riche, elle se compose de plusieurs centaines d'essences de toutes valeurs et catégories, sur lesquelles 223 espèces ont été identifiées. Parmi celles-là, les plus belles et appréciées sont le peroba, le gigantesque jequitiha, le ;acaranda ou palissandre, les cèdres blancs, les ipés, les canellas, etc., lesquels offrent des bois d'ébénisterie et de construction navale de «premier ordre.
Le peroba est de ces belles essences celle qui trouve la plus large application au Brésil; les ébénistes de ce pays en font une énorme consommation; il tient là-bas; dans la fabrication des meubles, la place du chêne d'Europe, mais le bois en est bien plus joli et plus brillant. Le peroba est d'une teinte jaune-ocre blond, agréablement plaqué et veiné de teintes plus claires et plus brillantes. On rencontre couramment des perobas de 1 mètre à 1 m. 50 de diamètre, de 25 à 30 mètres de hauteur de fût jusqu'aux premières* branches. Il offre assez l'aspect de nos peupliers comme écorce, mais celle-ci 'est jaunâtre; son volume net est de 30 à 40 mètres cubes, mais il en est de fort nombreux qui donnent 50 mètres et plus.
' Le jequitiba est Tarbre géant des forêts de Sâo Paulo, il peut atteindre 40 mètres de hauteur, avec un diamètre moyen de 1 mètre; nous en avons vu de plus de 4 mètres de diamètre. Le bois, qui est seulement utilisé pour la confection des caisses, des pirogues, des planchers, est blanc de teinte. ou rose clair. Il est blanc quand on le coupe, il devient rougeâtre à l'air et, en se desséchant, il prend une teinte rose uniforme.
Voici d'ailleurs quelques indications susceptibles d'intéresser les spécialistes, concernant un certain nombre d'essences parmi les plus intéressantes des 223 espèces identifiées dans les forêts paulistes, dans celles du littoral notamment.
II. Principales essences des forêts paulistes, poids spécifique, RÉSISTANCE, UTILISATION :
Angelim (Andira anthelimintica), Fam. Légumineuses (Papilionacées). — Poids spécifique: 960. — Résistance à l'écrasement ^ : 648. — Emplois : bois de construction et de tonnellerie de 2* qualité. L' Angelim coco et l'Angelim pédra donnent des traverses de 1" qualité mais qui ne retiennent pas les clous.
Arapoca [Raputia magnifica Engl.). Rutacées. — Poids spécifique : 1.021. — Résistance à l'écrasement : 667. — Emplois : menuiserie et travaux d'hydraulique. Traverses de 2* qualité durant 9 ans.
Arariba rosa {Controlobium robustum), Fam. Légumineuses. — Poids spécifique : 926. — Résistance à l'écrasement : 708. — Emplois : constructions navales, charpentes, menuiserie. Traverses de 1" qualité durant 11 ans.
Aroeira {Schinus authartribira). Anacardiacées. — Poids spécifique : 1.219. — Résistance à l'écrasement : 1.005. — Emplois : l'écorce est employée en tannerie, le bois en menuiserie. Traverses de 1" qualité. Ge bois est à bqn droit considéré comme un des meilleurs de l'Etat de Sâo Paulo pour constructions d'extérieur et endroits humides.
Cabreuva {Myrocarpus fastigiatue), Fam. Légumineuses.—
* La résistance à récrasement est calculée pour un centimètre carré.
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Poids spécifique : 992, — Résistance à récrasement : 449. — Emplois : bois précieux, constructions navales et civiles. Traverses de 1" qualité.
Cambuhy vermelho. — Poids spécifique : 772. — Emplois : Traverses de 1" qualité durant 10 ans.
Canellinha {Nectandra myrianiha). Lauracées. — Poids spécifique : 792. • — Résistance à récrasement : 407. — Emplois : charpentes. Traverses de 1'* qualité durant 10 ans. Bois employé dans les endroits humides.'
Cannela parda [Nectandra amora M.). Lauracées. — Poids spécifique : 764. — Résistance à récrasement : 1.079. — Emplois : bois brun foncé, taches rougeâtres, menuiserie. Constructions navales. Travaux d'extérieur endroits humides. Traverses de l'* qualité durant 11 ans.
Canella prego {Nectandra mollis). Lauracées. — Poids spécifique : 930. — Résistance à récrasement : 676. — Emplois : travaux d'extérieur endroits humides. Traverses de l" qualité durant 9 ans.
Canella prêta {Nectandra mollis). Lauracées. — Poids spécifique : 848. — Résistance à l'écrasement : 676. — Emplois : bois brun foncé ou noir brillant, de 1" qualité pour travaux exécutés dans les endroits humides. Constructions civiles et navales. Traverses de 1'* qualité durant 12 ans.
Canella sassafraz {Mespiledaphue Spec). Lauracées. — Poids spécifique : 1.082. — Résistance à l'écrasement : 772. — Emplois : bois jaune verdâtre, taches plus foncées. Constructions. Travaux extérieurs endroits humides. Traverses de 1'* qualité d'une durée de 11 ans.
Canella vermelha ou Assafrâo. — Poids spécifique.: 701. — Résistance à l'éerasement : 665. — Emplois : meubles. Travaux d'extérieur 1'* qualité.
Cangerana {Cabralea cangerana Sadl.). — Poids spécifique : 824. — Résistance à l'écrasement : 546. — Emplois : bois rouge vif aromatique, dur. Ebénisterie. Constructions navales, de 1" qualité pour pilotis. Traverses de l""' qualité.
Chihatâo {Astronium gravite), — Poids spécifique : 1.027. — Résistance à l'écrasement : 582. — Emplois : travaux d'extérieur endroits humides. Traverses de 1'* qualité durant 12 ans.
Cedro btanco {Cedrella fissilis Vell.). Méliacées. — Poids spécifique : 520. — Résistance à récrasement : 435. — Bois jaune clair, aromatique. — Emplois: facile à travailler en menuiserie et ébénisterie.
Cedro vermelho (Cedrela glaziovii), Méliacées. — Poids spécifique : 596. — Résistance à l'écrasement : 467. — Bois jaune rougeâtre ou rose, résineux et aromatique. — Emplois: constructions navales, civiles, menuiserie, charronnage, canots, etc.; pièces de bois de grandes dimensions.
Copahyba {Copaifera guianensis Def.). Pam. Légumineuses.
— Poids spécifique : 1.078. — Résistance à Técrasement : 888.
— Bois rouge clair, fournit la résine de copahu. — Emplois : menuiserie, constructions navales.
Faveiro {Pterodon pubescens), Fam. Légumineuses. — Poids spécifique : 1.089. — Résistance à la flexion : 1.219. — Bois brun foncé ou jaune brunâtre, résistant. — Emplois : traverses de l'" qualité, bateaux, planches et constructions,, endroits humides.
Garapa amarella {Apiiela precox), — Poids spécifique : 1.189. — Résistance à l'écrasement : 860. — Emplois : constructions navales, ébénisterie, 1'* qualité pour travaux exposés au temps. Traverses de 1" qualité durant 11 ans.
Goncalo alves {Astronium fraxinifolium), — Poids spécifique : 1.049. — Bois rougeâtre, veines claires, foncées et rouges. Meuble de luxe. — Emplois : travaux d'extérieur, madriers, planches de 1"^*. qualité. Traverses de 1" qualité durant 10 ans.
Graùna {Melanoxyiium braùna), Fam. Légumineuses. — Poids spécifique : 1.124. — Résistance à l'écrasement : 818. — Emplois : travaux en terrains humides, carrosserie. Traverses de l*"* qualité durant 11 ans.
Guarabu preto {Peltogyne guarabîi), — Poids spécifique : 1.052. — Résistance à l'écrasement : 685. — Emplois : constructions navales, payons et moyeux de roues, bon pour terrain humide. Traverses de 2* qualité durant 9 ans.
Grossahy azeite {Moldenhaiiera spec). — Poids spécifique : 953. — Résistance à l'écrasement : 358. — Emplois : constructions navales, bon pour des terrains humides. Traverses de !'• qualité durant 12 ans.
îpe tabaco {Tecoïna ipecellatà), Bignoniacées. — Poids spé-
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cifique : 1.018. — Résistance à récrasement : 885. — Bois variant du jaune au vert jaunâtre, très résistant, menuiserie, constructions navales et civiles. — Emplois : traverses de 1" qualité durant 11 ans.
Ipe una {Tecoma araliacea), Bignoniacées. — - Poids spécifique : 1.048. — Résistance à l'écrasement : 728. — Emplois : hydraulique. Traverses de 2* qualité durant 9 ans.
Jacaranda roxo {Machoerium fîrmum). Palissandre violet. Fam. Légumineuses. — Poids spécifique : 1.123. — Résistance à récrasement : 1.073. — Bois violet très foncé, très apprécié pour ébénisterie de luxe et piano. — Emplois : Traverses de 1" qualité durant 11 ans.
Jacaranda rosa (Machoerium). Palissandre rose. Fam. Légumineuses. — Poids spécifique : 1.196. — Résistance à l'écrasement : 777. — Emplois : constructions navales; de 1" qualité pour travaux humides. Bois très précieux, spécial pour l'ébénisterie de luxe. Traverses de 1" qualité durant 12 ans.
Jacaranda cabiuna {Dalbergia nigra). Palissandre noir. — Poids spécifique : 872. — Résistance à l'écrasement : 1.791. — Emplois : travaux hydrauliques, constructions navales, ébénisterie de luxe. Traverses de-1'* qualité durant 11 ans.
Jacaranda tan {Machoerium leucopterum). Palissandre rouge. — Poids spécifique : 1.142. — Résistance à l'écrasement : 1.048. — Emplois : mêmes applications. Traverses de 1" qualité durant 11 ajis.
Jatoha ou Jatahy {Hymenoea etilocarpa), — Poids spécifique : 944. — Résistance à l'écrasement : 1.325. — Emplois : bois rougeâtre. Ebénisterie, carrosserie, charpente, etc., de 1'* qualité pour terrains humides. Traverses de 1'* qualité durant 10 ans.
Jequitiha vermelho {Couratari estrellensis), — Poids spécifique : 115. — Résistance à l'écrasement : 938. — Emplois : menuiserie, planches, caisses.
Larangeira de matto {Essembeckia fébrifuge). — Poids spécifique : 1.076. — Emplois : classé par le Chemin de fer Central du Brésil comme traverses de 1'* qualité. Ebénisterie.
Massaranduba {Mimusops elata). — Poids spécifique : 1.079. — Résistance à l'écrasement : 769. — Emplois : bois rouge vif. Traverses de 1" qualité durant 11 ans.
Oity {Moquilea tormentosa), — Poids spécifique : 702. — Résistance à récrasement : 536. — Emplois : travaux de pilotis, constructions navales, résiste sous l'eau et pourrit à Tair. Traverses de 1'* qualité durant 11 ans.
Oleo pardo {Myrocarpus frondosus), — Poids spécifique : 667. — Résistance à Técrasement : 716. — Emplois : ébénisterie de luxe, constructions navales. Traverses de 1'* qualité durant 11 ans.
Oleo vermelho {Myrospermum erythroxylon), — Poids spécifique : 954. — Résistance à l'écrasement : 762. — Emplois : ébénisterie de luxe, travaux en terrains humides. Traverses de l'* qualité durant 12 ans.
Pau ferro {Cesalpina ferrea). Bois de fer. — Poids spécifique : 1.270. — Résistance à l'écrasement : 951. — Emplois : bon pour travaux en terrains humides, 1'* qualité pour traverses.
Pequia bravo {Caryocar hrasiliensio), — Poids spécifique : 893. — Résistance à l'écrasement : 620. — Emjplois : bois jaune. Ebénisterie, menuiserie, constructions navales. Travaux en terrains humides. Traverses 1'* qualité.
Peroba vermelha {Aspidosperma), Apocynacées. — Poids spécifique : 986. — Résistance à l'écrasement : 812. — Emplois : menuiserie, charpentes, etc. Traverses de 1'* qualité.
Peroba rosa {Aspidosperma dasycarpon), — Poids spécifique : 929. — Résistance à l'écrasement : 804. — Emplois : . très beau bois veines roses. Traverses de 1'* qualité durant 11 ans. Charpenterie en général, constructions civiles, etc.
Peroba miuda. — Poids spécifique : 750. — Résistance à l'écrasement : 739. — Emplois : bois dur, jaune clair et taches roui^eàtres. Traverses en terrains humides. N'est applicable qu'aux pièces lourdes. Traverses de 1'* qualité.
Piiina. — Poids spécifique : 957. — Emplois : bon pour travaux en terrains humides. Traverses de 1'* qualité durant 11 ans.
Saguaracy [Colobrima rufa), Rhamnées. — Poids spécifique : 843. — Résistance à l'écrasement : 812. — Emplois : bois dur, jaunâtre ou rougeâtre, avec des taches rouges. Constructions navales. Travaux en terrains humides. Traverses de j" qualité durant 12 ans.
Un jequltiba, le géant des forêts paulisles^.
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Sapitcaia vermelha ou Assii {Lecythis ollaria Piso). — Poids spécifique : 1.007. — Résistance à Técrasement : 72i>. — Emplois : bois dur, clair ou brunâtre, avec des taches roug-eàtres. Constructions et architectures navales. Travaux en terrains humides. Traverses de l" qualité.
Sncypira mirim ou Preto {Bowdichia virgilioides). Fam. Légumineuses. — Poids' spécifique : 1.064. — Résistance à récrasement : 950. — Emplois : traverses de 1'* qualité durant 11 ans.
Tapinhoan {Silvia navalium). Lauracées. — Poids spécifique : 096. — Résistance à l'écrasement : 608. — Emplois : de 1" qualité pour travaux en terrains humides. Traverses de 1'* qualité durant 12 ans. .
Tarnman {Vitex rnontevidensis). Verbénacées. — Poids spécifique : 843. — Résistance à Técrasement : 599. — Emplois : travaux en terrains humides. Traverses de 1" qualité durant 11 ans.
Urucurana de leite {Hieronyma alchornoides). — Poids spécifique : 078. — Résistance à Técrasement : 851. — Emplois : bois jaunâtre ou rougeâtre, menuiserie, charronnage. Traverses de 1" qualité durant 12 ans.
Bien d'autres essences pourraient encore être mentionnées, en raison de leur utilisation possible, mais cela nous entraînerait trop loin, et nous nous bornerons aux principales.
m. Les NÉCESSITÉS de l'Europe et les forêts brésiliennes. — Lesénormes nécessités de l'Europe ont incité les gouvernements et de grosses sociétés à jeter les yeux sur les forêts brésiliennes,. et lors de notre dernier voyage, nous avons rencontré des délégués de groupes forestiers et de compagnies de chemins de fer français et italiens, qui étaient allés là-bas avec l'intention d'y faire des contrats d'achats de plusieurs millions de traverses. L'expérience a permis d'établir quelles étaient les essences forestières qui convenaient le mieux pour cet usage. Nous avons relevé les noms d'une cinquantaine d'espèces d'arbres qui figurent dans les cahiers des charges des chemins de fer brésiliens comme étant aptes à la fabrication de traverses. Le plus grand nombre figure dans rénumération qui précède. La plupart sont des bois plus
lourds que Teau; certains contiennent des principes résineux de nature telle qu'ils leur assurent une conservation très longue.
L'Europe, notamment la France, Tltalie, la Belgique ont actuellement un besoin pressant de bois de toute espèce; en France seulement, il existe un déficit de huit millions de mètres cubes qu'il faut combler. Le Brésil peut répondre aux énormes demandes qui pourraient lui être faites, particulièrement en traverses, dont l'Etat de Sâo Paulo peut fournir de grandes quantités extraites de ses forêts du littoral. Mais nous estimons, étant donné que Texploitation et le commerce des bois ne sont pas méthodiquement organisés, la maind'œuvre et les transports étant rares pour ce travail, absolument indispensable Tintervention des capitaux européens pour assurer Fexécution de fournitures de traverses et de bois d'une certaine importance.
Il faudrait s'organiser, envisager les moyens de transports fluviaux ou terrestres, prévoir l'emploi de scieries mécaniques transportables afin de produire au moins 15 à 20.000 traverses par mois. Il serait du devoir et de l'intérêt des compagnies de chemins de fer intéressées de contribuer, au moins partiellement, à la formation du capital nécessaire. Déjà, quelques groupements français se sont constitués pour l'exploitation des richesses forestières dans certaines régions du Brésil, dans les Etats de Bahia, Espirito Santo et. Para, notamment; mais l'Etat de Sâo Paulo est devenu, ces derniers temps, le centre d'attraction des capitalistes français désireux de tirer parti des forêts du littoral pauliste.