‹ Au pays de l'or rouge: L'état de São Paulo (Brésil) Ses ressources - ses progrés - son avenir. Ètude générale économique et descriptiveChapitre 56 sur 72 · MSES, RENOEMENT, LES SOUS-PRODUITS DE LA BANANE SÈCHE · texte numérisé non relu

MSES, RENOEMENT, LES SOUS-PRODUITS DE LA BANANE SÈCHE

banane constitue une excellente source de revenus pour . municipes de Santos et de Sâo Vicente; sur tous les terns riverains du ïtapanhan on cultive, sur une vaste échelle, bananier qui constitue presque exclusivement la culture

cette région. En 1005, il existait OTl.OCW pieds, dont la proction fut de près de 900.000 régimes; on compte actuelle- ■nt plus de trois millions de bananiers, c'est à pou près le mbre des régimes qui sont exportés pour Montevideo et enos Ayres, sans parler de la contrebande et de la con- Timation locale.

jGS plantations de Santos ne progressent pas, nous a-[-il nblé; il est regrettable que leur exploitation soit rudimenre et faite sans soins, on en utilise seulement le fruit, négeant la fibre des feuilles et du tronc ainsi que le tannin 'ils contiennent.

I existe, au Brésil, un grand nombre de varié'.és de banairs : les plus connues sont celles classifices sous les noms

Musa paradisiaca et Musa sapientum; à Sâo Pauîo, les is cultivées sont les variétés dites anà, prata (argent), maça imme) et ouro (or).

ja culture de la banane est une des plus faciles; elle vient ns tous les terrains ni trop secs ni trop humides. Le bana- !r exige beaucoup d'eau et il n'arrive au maximum de sa

production que dans les régions où il tombe 2 m. 50 d'eau par an ou celles pouvant être facilement irriguées. Par conséquent, bien qu'on puisse cultiver le bananier sur une étendue de 50 degrés allant du 25* degré de latitude nord au 2(f degré de latitude sud, il n'y a que certaines superficies, s'étendant entre ces parallèles, où le bananier est avantageusement cultivé. Cet arbuste, ou plutôt cette plante, n'ayant ni pépin ni graine, ne se produit pas par semence, mais au moyen de jeunes rejetons ou drageons. Cette reproduction se fait d'une manière curieuse et rapide, car, avant que la tige principale et le fruit ne soient arrivés à maturité, d'autres paraissent déjà; ce sont les rejetons qui croissent de da racine que l'on a plantée. Ils ressemblent aux pousses provenant des « yeux » d'une pomme de terre et chacun peut devenir à son tour une tige mère portant des fruits. Voici la méthode employée pour •sa culture :

On plante assez profondément les rejetons de 50 à 60 centimètres de hauteur dans un terrain dessouché et défriché, à une distance qui varie suivant les régions entre 3 m. 50, 3 mètres, 2 mètres et quelquefois moins, les uns des autres. Un intervalle trop restreint nuit à la croissance de la plante qui a besoin d'air et de lumière. Une fois le plantage fini, on nettoie le terrain autour de la racine de chaque rejeton. La pousse d'un rejeton nouvellement planté est pour ainsi dire prodigieuse ^ Dans l'espace de six ou sept semaines, de 0 m. 60 il a plus que doublé en grandeur, et un, mois plus tard les feuilles cessent de se développer et, au centre de la couronne, il sort un épi. C'est la future tige du régime qui a une énorme fleur rouge à son extrémité. Le futur régime se développe rapidement et se penche de plus en plus, de sorte qu'en peu de temps il se trouve complètement retourné de manière que les bananes poussent la tête en bas et non dans

^ Il faudrait, pour ainsi dire,, un cinématographe pour faire voir la rapidité vraiment incroyable avec laquelle se fait la croissance du bananier. Les photographies que nous reproduisons font voir la manière et la rapidité avec laquelle le bananier cherche à réparer une blessure qui serait mortelle pour d'autres représentants du règne végétal. La grande rapidité de cette croissance est due aux feuilles enroulées en forme de spirale et qui sc«it enfermées dans la tige du bananier ; elles ne demandent qu'à pousser et ensuite^ se déroulent au lieu de se développer en partant d'un bouton.

la position dans laquelle on les pend. A des intervalles irré- .-jfiiliers, tout le long de la tige et ne Tentourant qu'à moitié, jKi voit des bractées qui poussent n'importe où, s'épanouisteint en petits callieï*s fleuris presque aîissitôt remplacés par 9k 12 bananes à Tétat d'embryon; ce sont les mains futures Su régime, ainsi appelées à cause de leur ressemblance avec ees membres lorsqu'on les a dans certaines positions.

Deux ou trois mois sont nécessaires au régime pour passer .de la floraison à la maturité. Les bananiers produisent dès la 'jaremière année; souvent cependant, les fruits sont reconnus trop petits* pour le commerce. La production est parfaite dès la s&eonde année. Une plantation de bananes ou bananeraie^ jSe reproduit d'elle-même continuellement, sans qu'il soit besoin de replanter. Elle dure de 12 à 15 ans, mais, dans cer- ".iâines terres fertiles, il y en a qui continuent à se reproduire, ■•^^s 40 ans. Après la récolte, la tige est abattu-e, coupée en morceaux; séchée et brûlée, elle constitue un riche engrais pour les nouvelles plantes. •

Un régime de bananes pèse dç 20 à 30, 40 et parfois 50 kilogrammes, suivant les variétés, comptant de 80 à 150 et même 200 bananes. C'est au moyen des mains ou rangées qu'on effectue le classement du fruit pour l'expédition. La moyenne d'un régime est de 12 mains; un régime de 9 mains et au-dessus constitue un régime de première classe; un de 7 à 9 forme un régime de deuxième classe. Les régimes doivent être coupés à moitié ou aux trois quarts mûrs. Les bananes continuent à être alimentées par la tige du régime qui contient une grande quantité de sève, jusqu'à ce qu'elles arrivent à complète maturité. •

Les dépenses exigées pour une plantation de bananiers sont assez variables suivant la densité de la végétation à débrousser. Pour cette opération de nettoyage, on paie 40, 50 et r[ 60 milreis pour 1.000 touceiras de bananiers. Une plantation I de 10.000 touceiras (espace formé de 4 pieds) peut revenir à 600 milreis et aussi à 1 conto feOO. Le régime de banane re- [ vient à 450 ou 500 reis rendu à Santos. Le prix d'une douzaine de régimes est de 7 à 10 milreis, suivant les conditions du marché, ce qui donne pour chaque régime moins de 000 et ' de 900 reis. On voit par ce prix de vente infime, équivalent à 1 franc etl fr. 40 au change normal, les bénéfices qui pourraient être réalisés si ces bananes étaient exportées en Europe.

La culture des bananiers a permis la création d'industries telles que celles de la banane sèche et de la farine de banane. Cette dernière, qui est un excellent aliment régénérateur pour les enfants, les convalescents et les malades, est obtenue en coupant les fruits par tranches fines; celles-ci sont séchées mécaniquement, si bien qu'avec des appareils perfectionnés on i>eut obtenir de la farine six heures après la coupe du régime. La banane sèche est destinée à faire concurrence aux fruits secs, comme la figue; on en fait aussi d'excellents confits.

De la banane sèche on tire huit sous-produits principaux :

Le vin, de banane, obtenu après une légère fermentation.

Ueau-de-vie ou alcool de banane, obtenue après fermentation de quatre jours et distillation, sur une proportion de 70 bananes dans 50 litres d'eau.

Le vinaigre de banane, recuilli par égouttement des fruits au-dessus d'un vase de terre, puis filtré.

La liqueur de banane, obtenue par distillation ordinaire à l'alambic.

Le sucre de banane, que la banane peut fournir dans la i proportion de 40 % du pied utilisé. ,

Le café de banane, obtenu par torréfaction et qu'on affirme être le meilleur succédané du café connu jusqu'à présent.

Vencre de banane qui, paraît-il, a été extraite, non sans succès, de la sève du bananier.

Le papier de fibre de banane, déjà connu et fabriqué en grand aux Etats-Unis.

Ce dernier emploi de la banane est appelé à prendre une i extension d'autant plus grande qu'il existe justement une banane éminemment textile, très répandue aux Philippines sous le nom d'abaca et dénommée par les Anglais chanvre de Manille, D'aspect soyeux et bien résistante, la fibre d'abaces fait l'objet d'exportations qui s'élèvent à 100.000 tonnes par an, d'une valeur de 2.000.000 de livres sterling au moins.

Ces détails nous dispenseront d'insister davantage sur le rôle capital que la banane peut être appelée à jouer dans notre régime économique, le jour où les moyens de transports maritimes seront faciles et moins coûteux, et sur les bénéfices qui peuvent être tirés de plantations rationnellement entretenues. En 1920, la banane figurait au tableau de l'exportation pauliste pour une valeur de 2.304 contos.

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