GOMMENT ON VA AU BRÉSIL ET A S. PAULO
Mesures de Poids
Tonelada ou tonne. 793 kg. 238
Quintal 58 kg. 758
Arroba métrique . . 15 kg.
Libra ou livre 458 gr. 05
Onza ou once 23 gr. 69
Oitava ou octave.. 3 gr. 58
Mesures de longueur
Brassa ou brasse 2 m. 20
Vara 4 m. 10
Palmo 0 m. 22
Mesures de distance
Légua ou lieue géométrique 6 kilomètres.
Mesures de Superficie agraires
Légua quadrada ou lieue carrée 43 kq. 56
Milha quadrada ou mille carré 4 kq. 84
Alqueire de Minas et de Rio de Janeiro 4 hect. 84
Alqueire ^de S. Paulo 2 hect. 42
Geira 49 ares 86
Tarefa (à Bahia) 43 ares 56
Mesures de Capacité
Mioa 24 hect. 76
Fanega 4.451 lit. 08
Alqueire 36 lit. 27
Quarta 9 lit. 06
Mesures de Capacité pour liquides
Tonel 840 lit.
Pipa 420 lit.
Almude 3 lit. 94
Canada 2 lit. 66
Quilate ou carat pour peser les diamants 0 gr. 1922
Aperçu historique, géographique et climatérique.
î. Origine de l'Etat — II. Les « bandeirantes ». — III. Situation géographique favorable : superficie. — IV. Les trois zones. — V. Système orographique. — VI. Système hydrographique. — VII. Le climat. — VIII. Distribution des saisons et données climatériques. — IX. Les gelées anormales : salubrité de TEtat. — • X. Influence du climat sur rimmigration : la population de Sâo Paulo et son accroissement.
I. Origine de l'Etat. — C'est vers 1502, deux ans après la découverte du Brésil par Alvarez Cabrai, que la côte du Brésil, qui fait aujourd'hui partie de l'Etat de Sâo Paulo, fut abordée par une escadre portugaise^ Ce n'est toutefois que trente ans plus tard que le capitaine-général Martin Afîonso de Sbuza commença la colonisation de cette région en s'installant au port de Sâo Vicente, situé tout près de la ville actuelle de Santos, établissement dont il fît le siège de la capitainerie qui devint plus tard capitainerie de Sâo Paulo.
Martin Affonso de Souza trouva, à son arrivée à Sâo Vicente, un matelot naufragé qui, dit-on, était devenu le gendre du chef indien Tibyriça, qui commandait les nombreuses tribus Guayanazes. Ce chef fît alliance avec les nouveaux arrivants et, par la suite, il les servit fidèlement.
C'est seulement en 1554 que quelques Portugais, an nombre desquels se trouvait le père Anchieta, gravirent la Serra do Mar et se dirigèrent vers l'intérieur. Séduit par l'aspect du pays formé par le haut plateau, dont la fertilité offrait un vaste champ d'action à leur activité, le groupe s'arrêta au village indigène de Piratininga et construisit un modeste abri sur les collines dominant les rivières Tamanduatehy et Anhangabahù, tout près de l'endroit où s'étend la capitale
actuelle. Gomme ce fait eu lieu le 25 janvieT, jour de la conversion de saint Paul, c'est le nom de ce saint qui remplaça celui du village indien.
Le chef Tibyriça, sur l'invitation qui lui fut faite, vint avec son monde s'installer à l'endroit où se trouve aujourd'hui S. Bento. Il ne tarda pas à être imité par le cacique Gayuby, chef de la Confédération des Garijos et des Tupys, habitants du littoral. G'est alors que le père Anchieta et ses compagnons commcneèpent à catéchiser et à instruire les Guayanazes et les autres tribus et jetèrent les fondations de ce qui devait devenir une des trois plus grandes villes de l'Amérique du Sud*
Bientôt la jeune cité s'accrut au point de supplanter tout à fait celle de Sâo Vioente, la qualité de ville lui fut conférée par Mem de Sa, en 1560, sous le nom de Sâo Paulo de Piratininga, et, en 1881, elle déposséda tout à fait Sâo Vicente du titre de capitale de la capitainerie ^.
Telles sont les oi:igines de la florissante cité qu'est aujourd'hui Sâo Paulo. Aux anciens colons et aux Indiens qui formèrent le premier noyau de population vinrent se joindre des familles portugaises et espagnoles venues de la métropole et appartenant aussi bien à la noblesse qu'aux diverses conditions sociales, et la ville grandit et prospéra rapidement^ marchant de progrès en progrès vers de brillantes destinées-
II. Les « BANDEiRA]N'PE& ». — Ge sont les descendants des premiers colons, des familles nobles et des croisements avec les Indiens qui, au cours des xvi* et xvri* siècles, se constituèrent en compagnies dites « bandeiras » d^u fait qu'ils se groupaient derrière une bannière, et se lancèrent dans l'intérieur dans le but de capturer des Indiens, de rechercher et d'exploiter les mines d'or et de pierres précieuses.
Ges « bandeirantes », ainsi qu'on les nomma, doués d'une
^ Sâo Vicente, qui était resté jusqu'à il y a peu une bourgade sans importance, conservant ses franchises par tradition historique^ commença à renaître vers 1875, époque k laquelle une modeste ligne de tramways D mules, longue de 9 kilomètres, vint lui donner un peu de vie, en la reliant au port de Santos*. G'est aujourd'hui une voie électrique commode et Sâo Vicente profitant des travaux d'assainissements et des améliorations léalisées à Santos est, en quelque sorte, devenu un faubourg de celle-ci.
APERÇU HISTORIQUE, GÉOGRAPHiQUE ET GLIMATÉRIQUE.' fO
énergie farouche et d'une audace sans pareiUe, tracèrent une épopée prinaitive de conquête surprenante.
Le- Brésil portugais primitif avait une superficie inférieure d'un tiecs à ractuelle extension du pays,, ce furent les « bandeirantes- » quis. à travers les terres ou. descendant les- rivières dans de fraigiies embarcations,, étendirent les: frontières du pays-. Luttaût contre les hommes-, les élémentSj. le climat et surtoiit cojntee lac iorât, ils allaient, fondant dea centres de population, dansr les régions les plus- lointaines de ce qui forme aujourd'hui 4e.s Etats de Mineis Geraes, Goyaz,. Matto Grosso et une partie des régions amazoniennes. G^^est ainsi, que leis. « bandeirantes » consolidèjcent la possession: de territoires qui furent plus tard incjorporéa au. patrimoine national.
Sâo Paulo eut une grande part d'influence dans les- événe^ ments^ qui amenèrent l'indépendance du Brésil. En 1815, quand le Brésil se constitua en. royaume, Sâo Paulo devint naturellement la capitale de la .nouvelle province : c'est le 7 septembre 1822 que le prince régent Pedro de Alcantara poussa, sur la colline de Ipiranga, le cri fanieux : « l'indépendance ou la mort! » au moment où lui parvenait un courrier annonçant que les Certes de Lisbonne avaient décrété d'accusation le ministre brésilien et voulaient ramener le Brésil à l'état de colonie.
Province de l'Empire du Brésil, Sâo Paulo devint un des vingt Etats de la nouvelle Confédération lors de la proclamation de la République, Le 15 novembre 1889.
Aujourd'hui les Paulistes ont abandonne les grandes expéditions et se contentent de mettre en valeur le territoire qui leur appartient en propre. Depuis plus d'un demi-siècle, ils se sont consacrés a transformer en cultures de café les forêts les plus denses; ils créèrent de nouvelles villes, ils ouvrirent de nouvelles zones à l'exploitation, construisirent un excellent réseau de lignes ferrées et attirèrent, dès 1890, un courant d'immigration qui donna un grand essor aux cultures et contribua au développement intensif de la richesse du pays.
III. Situation géographique favorable. — Superficie. — La situation géographique de l'Etat de Sâo Paulo est une des plus favorables de tout le Brésil, en raison de sa proximité de la capitale fédérale, Rio de Janeiro, et de ses communi-
cations faciles avec l'Europe par Tintermédiaire de ce port et de celui de Santos.
Si Ton consulte une carte, oiî voit que l'Etat de Sâo Paulo se trouve situé entre les parallèles 20' et 25* (exactement lÔ** 54 et 25** 15), qu'il est coupé par le Tropique du Capricorne, ligne géographique qui marque la limite entre la zone torride et la zone tempérée australe. On voit qu'il est borné au Nord par l'Etat de Minas Geraes, au Sud par l'Etat de Parana et l'Océan Atlantique, à l'Est par l'Etat de Rio de Janeiro et le même Océan, à l'Ouest par les Etats de Matto .Grosso et Minas Geraes.
Sâo Paudo figure au neuvième rang des Etats brésiliens pour l'importance territoriale. Jusqu'à ces derniers temps, les documents officiels lui attribuaient une superficie de 290.876 kilomètres carrés : les travaux et reconnaissances de l'ingénieur Joâo Gardoso permirent de fixer le chiffre plus exact de 252.880 kilomètres carrés. Dans sa plus grande extension de l'Est à l'Ouest, c'est-à-dire de la rive gauche du rio Parana à l'île de Sâo SebasUâo, l'Etat s'étend sur une iongneur de 160 lieues (lieues de 6 km.), plus ou moins; sa plus grande largeur, qui va de l'embouchure du rio Paranapanema jusqu'à la cité de Caconde, est d-e 148 lieues, pendant que sa façade de littoral se prolonge sur une distance de 90 lieues approximativement.
IV. Les trois zones. — La nature a divisé le t-erritoire de l'Etat en deux régions distinctes suivant des documents officiels, en trois suivant d'autres; nous adoptons cette dernière manière de voir, car il existe une troisième .zone bien caractérisée au point de vue climat^rique et comme aspect.
La première est celle du littoral, composée de terres basses comprises entre l'Océan et les flancs les plus inclinés du versant oriental de la Serra do Mar ou chaîne maritime. Etroite dans sa partie Nord, cette zone s'élargit peu à peu en s'étendant vers le Sud où elle atteint une largeur de d32 kilomètres dans la vallée de l'Iguape vers la limite de l'Etat. On n'y éprouve pas les variations brusques observées dans l'intérieur. Le climat est si régulier qu'il n'y a qu'une différence de six degrés entre le mois le plus chaud et le mois le plus frais. Les terrains de cette zone sont tantôt plats, marécageux et couverts de palétuviers, tantôt sablonneux et accidentés par
les contreforts de la Serra do Mar. En été, il y règne de fortes chaleurs et, dans les lieux revêtus de végétation, Tévaporation est très forte. Cet inconvénient est atténué par les vents du large chargés d'humidité qui occasionnent des pluies abondantes. Le climat y. est donc tempéré chaud. Cette région est d'une grande fertilité et se prête à toutes les cultures tropicales, comme le cacaoyer, le bananier, etc. Il -en est d-e même du riz, du maïs et d'autres céréales.
La deuxième zone, d'une altitude variant entre 80O et 1000 mètres, occupe les deux versants de la chaîne maritime. En raison de la grande condensatiçn des vapeurs d'eau, les pluies y sont fréquentes de même que les brouillards, le ciel y est très fréquemment couvert. Par suite de l'humidité, le flanc de la Serra do Mar est couvert, du côté de l'Océan, d'une végétation luxuriante. Ses forêts peuvent fournir les bois de construction et d'ébénisterie les plus estimés.
La troisième zone, la plus vaste puisqu'elle forme la plus grande partie de l'Etat, en est aussi la plus riche et la plus développée. Elle comprend l'immense plateau intérieur qui s'étend, avec une altitude movenne de 550 mètres au-dessus du niveau de la mer, depuis* le versant occidental de la Serra jusqu'au rio Parana, en suivant un plan doucement incliné. C'est cette région qui possède le meilleur climat, ceilui où les Européens s'acclimatent le mi^ux. La ville de Sâo Paulo jouit d'un climat tempéré, doux, qui peut être comparé à celui des îles Madère ou des Açores et à celui de Palerme en Italie. Toutefois, en raison de sa proximité de la Serra do Mar, il y a souvent sur la ville des brouillards humides et froids. Vers l'intérieur, le ciel devient plus pur et l'humidité diminue considérablement. Gomme climats secs, on peut citer ceux de Brotas, de S. Carlos do Pinhal, de Pranca et de Ribeirâo Preto. Dans cette région, les pluies de l'été alternent avec les longues sécheresses de l'hiver, de sorte que les phases végétatives sont nettement tranchées. La région dite de l'Ouest est admirablement propre à la culture du caféier, aussi y trouvet-on des plantations immenses de ces arbustes jusqu'à plus de 600 mètres d'altitude. Près des limites de Sâo Paulo avec Minas Geraes se trouve une autre région moins chaude que la précédente, où la culture du café se fait également sur une grande échelle, de même que la culture des céréales et des fruita. Du côté Sud, vers l'Etat de Parana, la région est plus
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fraîche, propre à la cuilture des graminées ; il y existe de superbes prairies pour Télevage du bétail, ce sont les campos du Paranapanema.
V. Système OROGfRAPHiQUE. — Le système oragraphique de l'Etat est représenté par la Serra do Mar déjà nommée, laquelle traverse le territoire du Nord-Est au Sud-Est en dominant le littoral, mais dont PailtMude ne dépasse guère 1100 mètres, puis la Serra da Maoîtiqueira, dépendant au mêm« massif, qui se dirige du Nord-Est au Nord-Ouest et sépare TEîtat de Sâo Paulo de celui de Minas Geraes. Il «Kiste encore, dans rintérieur, quelques a.u4;res massifs ou serras indépendants, pajTïii lesquels ceux de Botucatù, de Jabo^ticabal et de Araraquar, l^s monts de Jaragua^ dans les environs de Sâo Paulo, et de Araçoiaba, près d^ Sopocaba, tous deux fortement minéralisés, sont aussi à ftignaler.
VI. Système HYDROGRAPmQUE. — Le système hydrographique de l'Etat apparaît de peu d'importance en ce qui concerne la navigation fluviale, mais il est considérable si Ton consid'ère les facuiltés fertilisantes des nombreux cours d'eau qui arrosent les plaines légèrement ondulées de l'Etat, et aussi leur utilisaiion pour la production de l'énergie électrique, facteur de développement du mouvement industriel. Parmi les rivières qui débouchent dans l'Atlantique après avoir arrosé le sol pauliste, deux seulement sont à signaler : le rio Ribeira de Iguape ou Igitape, qui coule au Sud-Est de l'Etat; il est navigable sur près de 400 kilomètres, puis le Parakyba^qui se jette dans l'Océan après un parcours de près de 700 kilomètres à travers l'Etat de Sâo Paulo et celui de Rio de Janeiro qu'il sépare de l'Etat de Minas.
Les grands cours d'eau qui arrosent le plateau pauliste prennent leur source non loin de la côte, mais, au lieu de se diriger vers fOcéan, ils lui tournent le dos et, suivant la déclivité du terrain, ils se dirigent vers l'Ouest ou le Nord-Ouest pour se jeter dans le Parana ou servir à sa formation. C'est ainsi que le fleuve pauliste par excellence, le Tièté, qui prend sa source dans la Serra do Mar, va se jeter dans le Parana après un parcours de plus de 900 kilomètres, traversant tout FEtat de l'Est à TOuest. Le cours de ce fleuve est sinueux, il n'est navigable que dans certaines parties de son cours en
raison du terrain accidenté qiiHl traverse. îl est coupe tte nombreuses chutes et rapides; parmi les premières il faut citer celles de Itapum, Avanhandava et Itu dont nous aurons roccastcm de parler à nouveau.
Le Paranapanema, qui est aussi un des grands affluents du Parana, suit la même loi. Issu d'une ramification de la chaîne mariitime, la Serra Paranapioeaba, il coule au Sud de l'Etat de Sâo P(auio qu'il sépare de celui du Parana. fi est aussi coupé de Jîombreuses c-hutes parmi lesquelles le Sàlto Grande qui est d'une grande force; 180 kilomètres de la dernière partie de son cours «ont navigables. Les rios Aguapehy et Do Peixe, dont les cours sont connus depuis peu d'années, se jettent aussi dans le parana, après avoir arrosé quelques centaines de kilomètres d'une région vierge et hier encore inconnue.
Le Mogy-Guassu et le Rio P-ardo, qui sillonnent aussi le plateau de l'Etat, sont affluents du Rio Grande; ce fleuve mérite d'être signalé, car il donne naissance à une des plus grandes artères fluviales du monde. ïl naît dans la Serra da Maîitiqueira, sur le territoire de l'Etat de Minas; il sert de frontière aux deux Etats et, après un parcours de €00 kilomètres., il forme le ParatjM peu après avoir recueilli les eaux du Pura-nafiyba. Le Paramiy qui sépare l'Etat de Sao Paulo de Matto Grosso, est donc formé par les eaux du Rio Grande et Paraiiahyba; c'est ainsi que les cours d'eau indiqués plus haut, de même qu^un grand nombre d'autres de moindre importance, finissent par revenir à l'Atlantique dont ils s'étaient détournéSy puisque leurs eaux, mêlées à celles du Parana, viennent se Jeter dans l'Océan par l'estuaire du rio de la Plata, mais après un parcours de plusieurs milliers de kilomètres.
Etant donnée sa position géographique, l'Etat de Sao Paulo devrait avoir un climat plus ou moins tropical, puisque, nous l'avons dit, la plus grande partie de son territoire se trouve située sous le tropique du Capricorne, malgré cela c'est certainement un des meilleurs climats qu'on connaisse dans l'Amérique du Sud et un des plus favorables aux Européens. Ce climat n'est cependant pas le même dans les différentes aones.
VII. Le climat. — Le climat du littoral est chaud, comme «tout climat maritime, il ne présente que de petites oscillations
thermiques, ce qui fait qu'il n'y a qu'une faible différence de 6 degrés entre les saisons extrêmes. On sait que cette zone côtière est entachée d'impaludisme sur plusieurs points; ces endroits, uné^ fois convenablement drainés, deviennent cependant parfaitement salubres. C'est ce qui est démontré par le bel exemple de Santos, Isiquedle, à la suite des améliorations et mesures réalisées par le Gouvernement, est devenue une des villes les plus saines de l'Amérique du Sud, après en avoir été une des plus malsaines; ceci grâce à l'intervention bienfaisante du génie sanitaire.
D'autres centres du littoral possèdent un climat identique à celui de Santos; on y trouve des groupes d'étrangers qui s'y sont définitivement fixés, constituant des familles qui immigrent rarement en d'autres points.
Au climat maritime et chaud du littoral succède le climat humide et froid du Alto da Serra qui comprend les terres situées sur le haut des collines. Les escarpements de la Serra, qui, à peu de kilomètres de Santos, s'élèvent à plus de 900 mètres, déterminent une chute de 5 degrés en moyenne dans les courants d'air aériens qui viennent de l'Océan saturés de vapeurs d'eau, produisent ce refroidissement et les grandes précipitations qui donnent les colonnes pluviométriques les plus élevées de l'Etat. Une autre cause que l'altitude moyenne de 850 mètres occasionne ces pluies et une bruine nommée « garoa », très fréquente dans cette partie du pays : ce sont les forêts séculaires qui couvrent ces terrains. La température extrême observée dans cette région fut de 34** au mois de décembre. La température moyenne la plus chaude dqnne 21° 5. Le haut plateau pauliste, qui forme la plus grande partie de l'Etat, est la région qui présente les meilleures conditions de salubrité qui existent. C'est là que se trouvent situées les plus grandes et les plus belles villes, où se trouve disséminée la plus grande partie de la richesse agricole, pastorale et manufacturière de l'Etat.
VIII. Distribution des saisons et données glimatériques. — L'Etat de Sâo Paulo possède un service météorologique extrêmement bien monté, qui dispose de 70 postes d'observation disséminés sur tout le territoire et outillés d'un matériel des plus modernes. C'est à ce service que nous empruntons les données climatériques précises. Quoique, théoriquement,
les saisons soient distribuées comme en Euïiope, mais complètement opposées aux nôtres : Vété, formé des mois de décembre, janvier, février; V automne, mars, avril, mai; hiver j juin, juillet, août; printemps, septembre, octobre, novembre, on peut dire en réalité qu'il n'y a que deux saisons bien tranchées, l'été et l'hiver, de six mois chacune.
L'été dure de décembre à juin et l'hiver de juin à décembre, plus ou moins. La saison la plus favorable pour arriver dans l'Etat de Sâo Paulo et au Brésil est l'hiver ou saison sèche, c'est la plus saine de l'année ; contrairement à ce qui se passe en Europe, l'été est en même temps la saison des pluies, celles-ci sont fréquentes pendant cette période ; l'hiver, au contraire, est générallement clair et sec. Le mois le plus chauid est celui de janvier, sa température maximum est de 38** 5 sur le littoral maritime et la moyenne 24** ; cette moyenne est de 2V pour le plateau de l'intérieur; toutefois, on a noté une température maximum de 38** à Sâo Paulo.
Sauf à Ribeirâo Preto (et zone voisine) et à Tatuhy, où le thermomètre a atteint 40** et 42** respectivement, dans les autres centres île maximum ne dépasse pas 37**. Juillet est le mois le plus froid aussi bien sur le littoral que dans l'intérieur, quoique sur le haut plateau le mois de juin marque des tenapératures moyennes absolument semblables à celles de juillet. La teihpérature observée sur le littoral est de 18** 6 et de 14** 7 sur le plateau intérieur, il n'est pas rare que le thermomètre descende à zéro dans les environs |le Sâo Paulo et dans la partie ^Sud de l'Etat. Pour la capitale, la température maximum absolue est de 38** 5; le minimum absolu de 2** 5 et la moyenne annuelle de 17** 5 à 18°.
On donne généralement les moyennes suivantes comme température annuelle des diverses parlies de l'Etat, différant en latitude et classées ainsi :
Igarapdva. . Extrême Nord. 22 • 3 Ribeirâo Preto. Nord 20 » a
Piracicaba. . Centre 19*8 Campinas Centre 19 •
Tatuhy Sud 19 « 3 Àpiahy Extrême Sud 17 •
Mais, comme les moyennes peuvent ne pas être pour certains une indication suffisamment précise, nous y ajoutons le tableau suivant, ayant pour base les observations opposées sur la température pendant une période de 10 années par les observatoires de l'Etat dans les villes de :
S. Paùlo
Tatuhy
. Tfsrreir
Santos
Printemps 20 «* 6
Été 25 «
Automne. .... 23 ° 1
Hiver 18 « 8 14 *> 7 15 » 3 17 <> 6
Moyenne annuelle. 21 ° 9 18 • 7 19 <» 1 21 *» 7
Maximum 40 <» 38 » 5 42 « 5 35 <>
Minimum 5o 2®5 1*8 3®
Comme on le voit, il fait beaucoup plus chaud à Santos, située dans les, terres basses du littorad, qu'à Sâo Paulo, située sur le plateau voisin. Des données qui précèdent il est, d'autre part, facile de déduire que le climat est extraordinairement sain et qu'il est peu de cultures qui ne puissent y être entreprises avetî succès.
n est certains endroits de l'Etat, désignés sous le nom de Terres-Hautes de SSo Paulo, situées à proximité ou autour des sommets des monts de Tintérieur, qui possèdent un climat d'une douceur exceptionnelle. Parmi ceux-ci figurent les Oampos de JordSio, à Villa Jnguaribe, choisis comme sanatorium. Cet endroit est situé dans la Serra da Mantiqueira, à 159 mètres au-dessus du niveau de la mer, il jouit d"'une salubrité comparable à celle accordée au sanatorium de Davos Pîatz, en Suisse, moins le froid, puisque la température moyenne annuelle de Villa Jaguaribe est de 15° 5 pendant que la moyenne ^générale de Davos Platz est de 2"* 7. Le froid de Jaguaribe est marqué par des gelées plus ou moins fortes qui disparaissent dans le cours de la journée, le soleil réchauffant agréablement la température.
La température maximum absolu des hauteurs de Jaguaribe, considérée comme exemple, est de 28* 8 et — ^7* 2, contre 23** et — 18° 4 enregistrée à Davos.
Un des bons facteurs du climat est le régime des vents très régulier dans l'Etat, il est presque exclusivement constitué de deux vents principaux: le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Ce dernier est plus fréquent; ce sont des vents élevés qui prennent des directions locales suivant l«s diverses topographies. Il n'y a pas non plus à craindre les conséquences d'une sécheresse prolongée, car, en dehors du réseau hydrographique, les pluies suffisent toujours à réparer la perte d'humidité déterminée par la végétation et l'évaporation.
APERÇU HISTORIQUE, GÉOGRAPHIQUE ET CLIMATÉRIQUK . 2t
IX. Les gelées anormaues. Saujbrité de l'Eîtat. — L'unique phénomène météorologique siasceptible d'oceajsionner deseffets désastreux pour la culture du café et de la canne à suûre est la g-eiée. Celle-ci, qui démontre que le .clima/t de TEifcat de Sâo Paailo ^est bi-en un climat tempéré-<^haud, est généraLement bénigne eit ne produit que des dégâte insignifiants. Les phénomènes d'une certaine intensité sont extrêmement rares, comme, ,par exemple, les golées extraordinairement anormales qui séTirent dans les derniers jours de juin 1918, lesquelles occasionnèrent la destruction de millions de caféiers et des dégâts importants dans un grand nombre de plantations, la canne à sucre ayant également beaucoup souffert. On ne <5ite pas d'exemple de gelées ayant occasionné de semblables préjudices. La destruction imprévoyante dcâ forêts qui servaient de rempart contre les vents est sajis doute pour beaucoup dans l'intensité de ces phénomènes qui, nous le répétons, sont en général de peu d'importance.
Le climat de l'Etat de Sâo Paulo a toujours joui d'une excellente réputation, et les étrangers qui en ont fait l'essai ne peuvent qu'en vanter la douceur. La salubrité de la capitale peut être mise à la hauteur des plus saines du monde ; depuis 1892, époque où l'on a réorganisé le sendce sanitaire, da ville a été complètement débarrassée de toutes les épidémies et, comme il n'y a pas de maladies climatériques ou de maladies tropicales, on peut dire que la salubrité absolue de la ville de Sâo Paulo est une conxïuête de la science humaine. Son coefficient de mortalité est tombé à 17 pour .1.000, et il ne dépasse pas 20 en moyenne; par conséquent inférieur à beaucoup d'autres villes situées sbus les mêmes latitudes. L'Etat de Sâo Paula, comane tout le Brésil, n'a pas de maladies particulières, l'histoire «odoniale a noté rinttroduation successive de la fièvre jaune, du choléra, 4e la pesto, du trachoma par les Européens, ftéaux dont on a eu beaucoup de peine à se débarrasser. Il est bon de dire que l'insolation y est très rare et que l'anémie tropicale y est inconnue.
X. Influence du climat sur l'immigration. La populatiotï DE Sa'O Paolo et son accroissement. — La meilleure preuve de rexcellence du climat de Sâo Paulo c'est son influence sur l'immigration européenne; sous ce point de vue, cet Etat peut être justement fier d'être un des pays de l'Amérique 'latine
qui progressèrent le plus, la population, ayant plus que quadruplé pendant le demi-siècle qui vient de s'écouler. Cette population s'accroît tous des jours dans de considérables proportions, qu'on en juge : en 1822, il y avait dans l'Etat 220.000 habitants ; en 1872, ce chiffre s'élevait à 837.354 et à 1.385.000 en 1890; la population avait donc quintuplé dans cet espace de temps du seul fait de rexcédent des naissances sur les décès, car à cette époque il n'y avait pas encore de courant d'immigration. De 1890 à 1900, l'accroissement fut de 875.000 personnes, ce résultat était dû, cette fois, à l'immigration européenne qui, dans Tannée 1895, introduisit dans l'Etat 149.000 nouveaux habitants. Les chiffres suivants, faciles à cons,ulter, permettront une comparaison intéressante entre la population de 1872 et celle vivant actuellement dans l'Etat.
Gomme il n'y a pas eu au Brésil de véritable recensement depuis 1900, lequel, comme les deux qui le précédèrent, ne donna que des chiffres imparfaits, l'évolution de ces vingt dernières années est due au caleul. Sâo Paulo possède, en effet, des statistiques démographiques qui permettent de calculer sa population d'une façon approchant de la réalité, comme la démonstration en a été faite par plusieurs exemples probants. (Un recensement général a été fait en 1920.)
C'est ainsi que, en additionnant année par année le solde du mouvement de l'immigration et celiJi de la natalité, on obtient un accroissement qui, d'après le système de Bloch, est de 2 % par an, chiffre extrêmement modeste. Le total de ce calcul donne à l'Etat de Sâo Paulo une i)opulation de 4.007.000 habitants en 1920, quand cet Etat pourrait nourrir et procurer l'aisance à huit fois ce chiffre. • On peut s'attendre à voir cet accroissement devenir plus sensible du fait qu'un nouveau courant d'immigration spontanée, la meilleure de toutes, se dessine à nouveau vers le Brésil. D'autre part, il faut de plus en plus compter sur l'augmentation causée par le chiffre élevé des naissances. On est, en effet, frappé du grand nombre de familles nombreuses qu'on rencontre non seulement dans l'Etat de Sâo Paulo,
mais dans tout le Brésil, où il n'est pas rare d-e rencontrer des familles de 8 et 10 enfants et même davantage. Par ailleurs, les travaux d'assainissement et les précautions sanitaires prises contre Les épidémies ont réduit la mortalité.
Pendant que le chiffre des décès, d'environ 17 à 20 par 1.000, varie peu, le chiffre des naissances double. En 1914, par exemple, il y a eu un solde de 67.000 âmes contre 51.000 en 1910, et depuis, sauf une année, ce solde n'a pas été inférieur à 60.000.
Mais si le grand nombre des naissances est un élément appréciable de l'accroissement de la population, on peut affirmer que c'est en grande partie à l'immigration que sont dus les progrès. surprenants qui ont placé Sâo Paulo au premier rang des Etats brésiliens. Le nombre des étrangers qui résident dans l'Etat est fort considérabïé en raison du courant immigratoire qui s'y dirige depuis trente ans avec quelques interruptions, avec une moyenne annuelle de 35 à 40.000 immigrants. Ces chiffres diminuèrent considérablement pendant la durée de la guerre, au cours de laquelle on enregistra parfois moins de 20.000 entrées par an. En 1919, le mouvement a repris avec une nouveiMe intensité. D'après les chiffres que nous avons pu nous procurer, on peut évaluer à 1.300.000 environ ie nombre des étrangers résidant dans l'Etat de Sâo Pâulo. Sur ce nombre, près de la moitié est formée par les Italiens, viennent ensuite les Espagnols et les Portugais, qui donnent ensemble près de 300.000 âmes; les Allemands et Autrichiens, les Syriens, les Russes sont ensuite parmi les plus nombreux. Les nationalités diverses forment un ensemble de 45 à 50.000 habitants- approximativement. '
Gomme nous le verrons plus «loin, la population de la capitale a suivi^une progression vraiment prodigieuse, passant de 26.^57 habitaiits en 1872, à 60.000 en 1890, pour atteindre et dépasser 600.000 habitants en 1920.
Organisation politique, administrative et judiciaire. Les hommes de gouvernement, l'instruction publique.
I. La Contîtitution de SAo Paulo : le pouvoir ex^iitif et le pouvoir législatif.
— II. I^ fonctionnement de la justice dans l'Etat. Son administration. — III, I-es municipes. Leur administration. — IV. Quelques- figures politiques. M. Altino Arantes» son œuvro. — V. Un homme de volonté et d'action. M. le D' Washington Luiz-Pereira de Souza. — VI. Le vice-président, M. Virgilio Hodrigues Alves. — VII. Les rôles actifs du C5ongrès,
— VIII. Le Directeur général de TAgriculture. — IX. L'Instruction publique : l'Université et les grandes écoles ; les lycées, les collèges, les écoles primaires. — X. L'Institut sérumthérapique de Bu tan tan. Les serpents et le traitement de leurs naorsuces. ~-* XI. La presse.
I. La Constitution de Sao Paulo : le pouvoir exécutif et LE POUVOIR LÉGISLATIF. — L'Etat de Sâo Paulo, comme les autres ptats du Brésil, jouit d'une autonomie complète et exerce tous les droits et les attributions qui ne sont pas expressément réservés aux pouvoirs fédéraux. L'Etat se régit par sa constitution spéciale, selon les règles établies par la Constitution Fédérale.
Sâo Paulo, l'un des auteurs les plus responsables de la proclamation de la République, a accompli fidèlement son devoir sur le terrain politique comme sur le terrain économique et financier; il a adopté la constitution la plus libérale de toutes celles qui existent au Brésil et s'est inspiré des sentiments de démocratie les plus purs. Cette constitution, très large, promulguée en 1891, a été modifiée en 19C5 et peut d'ailleurs être révisée tous les dix ans par le Congrès législatif. Les pouvoirs publics ont été organisés d'abord avec les préceptes les plus libéraux, en choisissant la forme de l'élection populaire directe pour les charges de président et de
ORGANISATION POLITIQUE, ADMINISTRATIVE ET JUDICIAIRE. 3î
vice-président de FElat, sans possibilité de réélection. Le pouvoir législatif a été créé avec les attributions propres à ce pouvoir exécutif dans la confection des lois, puisque la Coeslitution de Sâo Paulo n'a pas même donné au président le droit de sanction; il a institué le pouvoir judiciaire viager -et inamovible comme base de l'indépendance de ce pouvoir, condition essentielle de l'exercice de ses fonctions.
Le président est élu pour quatre ans, en cas d'empêchement il est remplacé par le vice-président élu en même temps que lui; il est secondé par quatre ministres ou secrétaires d'Etat, ce sont les secrétaires de FIntérieur, de la Justice et Sécurité publique, des Finances, de l'Agriculture, Commerce et Travaux publics. .
Le pouvoir législatif est exercé par le Congrès EstadoaL, formé par le Sénat et la Chambre des députés. Le Sénat se compose de vingt-quatre sénateurs élus pour neuf ans, renouvelés par tiers tous les trois ans> et la Chambre des députés de cinquante représentants élus pour trois ans.