I. — Une deuxième Serbie
La politique allemande envers la Russie a été toujours sollicitée par deux orientations, radicalement opposées.
L'une, qui remontait à la Sainte- Alliance, renouvelée de celle des trois empereurs, s'inspirait des intérêts de dynasties et de classes : par la collaboration du gendarme russe et prussien, elle assurait la solidarité de deux trônes et la vitalité de deux régimes policiers ; malgré l'amitié franco-russe, malgré l'extension de l'entente cordiale au domaine des relations russoanglaises, elle laissait entrevoir, comme toujours possible, le retour au bercail d'une monarchie prodigue, égarée dans les rangs des démocraties européennes.